Allégorie

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Allégorie de la justice

L'allégorie est une figure de style très utilisée par les romantiques.

Approche intuitive de l'allégorie[modifier]

Une allégorie est la représentation concrète d'une idée abstraite. Qu'est-ce que c'est ?
Prenons tout d'abord une idée abstraite : c'est une idée que l'on ne peut pas représenter naturellement. Comme la paix, le bonheur, la justice, la connaissance, l'amour, la colère, la fougue, la joie, la tristesse, la nostalgie.
À présent, essayez de « dessiner » l'une de ces idées. Il y a fort à parier que si vous tentez de représenter l'une d'elles, comme par exemple, l'amour, vous aurez dessiné un cœur. C'est une allégorie de l'amour.

Les allégories sont reconnaissables : les auteurs mettent souvent une majuscule à son nom. Ainsi le poème de Charles Baudelaire, justement nommé « Allégorie » :

CXIV. — Allégorie

C’est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l’amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s’émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l’Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l’heure viendra d’entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu’un nouveau-né, — sans haine et sans remords.

Observons ces deux vers :
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche [...]
On voit qu'ici la mort et la débauche ont toutes deux un corps à peu près humanoïde.

La représentation de la mort et de la débauche faite par Baudelaire est donc « concrète » ; on peut la visualiser et même la dessiner. Le fait que ces deux monstres « fauchent » et « grattent » leur donnent de plus une apparence humaine. On appelle cela une personnification ; c'est une autre figure de style employée pour évoquer. L'allégorie s'appuie souvent sur la personnification.

Timbre de France d'usage courant (1876-1900), type « Paix et Commerce » (Athéna et Hermès)

Allégories communes[modifier]

Se servir de la mythologie[modifier]

Un procédé commun pour les auteurs désirant faire une allégorie est de reprendre un dieu d'une mythologie polythéiste, comme par exemple la mythologie grecque (très utilisée par les romantiques). Ainsi, on trouve dans certains poèmes « Athéna » à la place de « la justice », Athéna étant la déesse grecque de l'ordre et de la justice.

Répertoire des grandes allégories[modifier]

L'amour...

On observera que la plupart des allégories proviennent souvent de la Bible ou d'objets en rapport avec l'idée.

  • l'amour : un cœur, une femme, une rose (ou une autre fleur)
  • la paix : une colombe, la couleur bleue, des rameaux d'olivier
  • la gloire : une couronne de lauriers
  • la victoire : un ange portant des couronnes de lauriers, qu'il remet au(x) vainqueur(s)
  • le savoir, la connaissance : une pomme, un livre, une plume
  • la justice : une balance à deux plateaux, Athéna, Maât
  • la colère : un éclair, la couleur rouge
  • l'espoir : un rayon de soleil, la couleur verte
  • l'abondance : une corne d'abondance, la Semeuse (sur les pièces de centimes d'euros)
  • la mort : une faucheuse, une faux, un sablier, un squelette

Sources[modifier]

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