Kabuki

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Quand le Japon s’est ouvert à l’influence européenne il a commencé à s’ouvrir à des formes d’art plus modernes. Le Kabuki est une forme de théâtre japonais qui a vu le jour à l’époque d’Édo au début du XVIIe siècle. Centré sur un jeu d'acteur à la fois spectaculaire et codifié, il se distingue par un maquillage élaboré des acteurs, ainsi que par l’abondance de dispositifs scéniques destinés à présenter l’histoire du Japon et la culture commune qui est en train de naître à ce moment là dans l’archipel. Le Kabuki est aussi un spectacle qui s’adresse à l'aristocratie composée des guerriers samouraïs et des daimyos.

Origine[modifier | modifier le wikicode]

On pense que c’est une danseuse, appelée Okuni, qui est est la fondatrice du théâtre Kabuki.

Elle a formé une troupe de danseuses qui en 1603 a fait une mise en scène très populaire sur une scène mise en place dans le lit séché de la rivière Kamo à Kyoto. Le caractère sensuel des danses s’est avéré trop perturbateur pour le gouvernement, qui a interdit en 1629 aux femmes de jouer dans les théâtres.

En réalité ce théâtre est né un peu avant (1536-1598) sous le règne de Shogun Toyotomi Hideyoshi. En ce temps on pouvait voir dans les plus grandes villes des artistes de rue déguisés en étrangers pour jouer de petites scénettes.

Importance[modifier | modifier le wikicode]

Le théâtre Kabuki a aidé à donner une conscience nationale au peuple japonais à l’image du théâtre Elizabethain dans l’Angleterre du [[s|XVIème}}. Les thèmes joués dans le théâtre racontaient les grands moments de l’histoire du Japon afin que le peuple accède à une conscience commune de l’histoire nationale..

Joué à l’origine par des hommes et des femmes, il a été par la suite interprété par des troupes exclusivement masculines, tradition qui a perduré jusqu’à nos jours.

Finalement, au début du 18ème siècle, le Kabuki est devenu une forme d'art établie qui a été capable de proposer une présentation dramatique. Les commerçants et autres membres des classes moyennes au Japon qui ont commencé à monter dans l'échelle sociale dans le Japon d’Édo Kabuki forme l’essentiel du public de cette forme de théâtre. Les événements historiques de l’histoire du Japon ont été transférés sur la scène; Chushingura (1748), par exemple, était une dramatisation fameux incident de 1701 à 1703 dans lequel une bande de 47 Ronin (samouraïs sans maître), après avoir attendu patiemment pendant presque deux ans, ont tué l'homme qui avait obligé leur seigneur à se suicider.

Scène[modifier | modifier le wikicode]

Le kabuki peut être joué dans différents style de théâtre, spécialement conçut pour l'occasion. Une des particularité des scènes dédiées au Kabuki est le hanamichi(花道), littéralement « le chemin des fleurs », qui servait autrefois à recevoir des fleurs du public destinées aux acteurs. Le hanamichi est un élément composé d'une ou parfois de deux passerelles contournant l'auditoire et se projetant jusque dans l'arrière-salle, permettant l'entrée ou la sortie des personnages. Il est également équipé de sorte d'ascenseurs mécaniques logés sous des trappes appelés Suppon(スッポン) ou Seri (迫) lorsqu'il sont situé au milieu de la scène, qui permettent aux acteurs d’apparaître soudainement au milieu de l'auditoire, leurs conférant ainsi des "pouvoirs surnaturels".

Type de scène[modifier | modifier le wikicode]

Mawari-butai (回り舞台)

Organisation d'une scène de kabuki

Inventé en 1757 par un écrivain de Kyogen nommé Namiki Shozo (1730-1773) en s'inspirant du mécanisme d'une toupie, le mawari-butai (回り舞台) est une large plate-forme circulaire tournante qui permet par une simple rotation, un changement instantané de décor sans interrompre le déroulement de la pièce. Cette rotation peut s’effectuer à l'obscurité (クラテン, kuraten), ou plus communément à la lumière (明転, akaten) au cours d'une scène de transition qui se déroule sous les yeux des spectateurs. Le mawari-butai fut plus tard utilisé dans les théâtres modernes occidentaux où il contribua au développement des technique du jeu théâtral.

Masu-seki (枡席)[modifier | modifier le wikicode]

Les loges du Masu-seki, en premier plan. Une autre particularité des théâtres de kabuki est le masu-seki, sortes de loges séparés par des barrières en bois et tapissés de tatamis pouvant accueillir jusqu'à quatre personnes, en général des familles. A la différence des sièges classiques des théâtres occidentaux, les masu-seki permettent une plus grande liberté de mouvement au spectateur.

Un acteur de kabuki. Musée Guimet à Paris.
Chūnori (宙乗り)[modifier | modifier le wikicode]

Le chunori est un élément du théâtre kabuki apparut au milieu du XIXe siècle. Il consiste à créer l'illusion du vol en suspendant le corps de l'acteur dans les airs par un système de câbles complexes, lui permettant ainsi de se déplacer au dessus de la scène et de l'auditoire. Il est souvent utilisé pour des rôles fantastiques tels que des fantômes ou les esprits  magiques pour frapper l’esprit du public.

Les acteurs[modifier | modifier le wikicode]

Les acteurs sont visage nus et avec un maquillage précis en fonction rôle interprété,  contrairement au théâtre Nô où les acteurs portent  juste un masque.

Les maquillages sont très stylisés, et permettent au spectateur de reconnaître au premier coup d'œil les traits principaux du caractère du personnage. Ce maquillage, keshō, est composé d'une base blanche de poudre de riz sur laquelle sont ajoutées des lignes (kumadori) qui amplifient les expressions du visage pour produire un effet de sauvagerie ou de puissance surnaturelle des acteurs. La couleur du kumadori reflète la nature du personnage. Rouge, il s'agit d'un héros, passionné, courageux, fort, et qui représente la justice. Le bleu est employé pour dénoter des caractères négatifs, ou le scélérat. Le vert ou le brun c’est pour les êtres surnaturels, et le violet les personnages nobles. Le fond de teint est souvent blanc.

Ce n'est pas seulement le maquillage mais la musique particulière, ses costumes, sa machinerie, et ses accessoires qui rend le Kabuki unique. Les acteurs s’expriment d’une voix monocorde, et ils sont accompagnés par des instruments traditionnels. Un spectacle peut utiliser plus de 90 acteurs sur scène. Pendant les moments culminants de la pièce ou à la fin d'une scène, l'acteur se fige en place, des regards, puis croise ses yeux. Ceci est appelé mie (mi-e).

Onnagata est le terme utilisé pour décrire un acteur masculin qui joue un rôle féminin. Devenir un onnagata implique une longue période de formation. Mais en soulignant et en stylisant les mouvements féminins et des gestes, ils sont capables de créer une réelle illusion de féminité. L’Onnagata parle avec une voix de fausset et il se tient toujours légérement courbé sur scène afin de paraître plus petit de taille. Les doigts sont toujours serrés et les mouvements du corps sont élégants et soigneusement contrôlés. Souvent, les onnagata étaient tellement crédibles dans leur rôle que les membres masculins de l'audience pouvaient être trompés et tomber sous le charme. De même il n’était d pas rare de voir un onnagata dans la soixantaine, convaincre le public qu'il était une belle jeune fille.

Une forme de personnage appelé Aragoto se réfère à des super-héros et super-vilains dans des pièces de kabuki. Ces acteurs aragoto portent des costumes avec des couleurs vives et le visage maquillé d’une façon particulière.

Thèmes[modifier | modifier le wikicode]

Les thèmes les plus communs sont la loyauté, l'amour, l'honneur et la vengeance.

L'histoire principale tourne généralement autour d’un jeune homme cultivé qui tombe amoureux d’une courtisane. Le premier et le plus célèbre dramaturge est Chikamatsu Monzaemon (1653 à 1724), qui a écrit principalement pour le théâtre de marionnettes Bunraku. Il a écrit environ 100 pièces bunraku et kabuki est parfois appelé le “Shakespeare du Japon.” Beaucoup de ses pièces ont lieu à Osaka et abordent des thèmes et personnages des quartiers commerciaux et de loisir qui sont des visages familiers pour les habitants d’Osaka.

L’audience[modifier | modifier le wikicode]

Traditionnellement, une interaction constante entre les acteurs et les spectateurs a eu lieu dans le théâtre Kabuki. Il était particulièrement prisé des citadins. Les acteurs s’adressent fréquemment au spectateur qui leur répond. La salle est organisé de façon à reconstituer la hièrarchie sociale. Le centre de la salle face à la scène est réservé aux aristocrates et leurs familles. Au deuxième étage sur les côtés s’installent riches négociants, les classes populaires se trouvant aux étages supérieurs.



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