la cabane  • le Livre d'or
20150413Rumex acetosa3.jpg Actualités, astuces, statistiques et une interview, lisez la Gazette été 2018 de Vikidia ! DessinInterview.png

Célestin Freinet

« Célestin Freinet » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

Les informations de cet article sont issues de l'ouvrage conçu par Michel Barré, Célestin Freinet et l'École moderne chez PEMF, 1996, et écrit avec une dizaine de collaborateurs.

Célestin Freinet
Selesten.jpg
Nom Célestin Freinet
Dates 1896-1966
Nationalité Française
Profession Enseignant
voir modèle • modifier

Célestin Freinet est un pédagogue français, né le 15 octobre 1896 à Gars dans les Alpes-Maritimes et mort le 8 octobre 1966 à Vence dans le même département. Blessé lors de la première guerre mondiale, il doit donc s'adapter et faire classe "autrement".

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Les débuts[modifier | modifier le wikicode]

Célestin Freinet passe son enfance loin de la ville, dans un petit village montagnard au nord de Grasse. Sa vie quotidienne est rythmée par les saisons et les travaux des paysans dont l'observation le passionne. À 13 ans, il quitte l'école locale pour Grasse puis Nice quand il est reçu au concours d'entrée l'école normale d'instituteurs, à 16 ans. À 18 ans, il remplace un enseignant mobilisé puis part à la guerre à son tour.

En octobre 1917, il est hospitalisé et reconnu handicapé à 70 % après deux ans de convalescence.

En janvier 1920, il est nommé dans l'école du Bar-sur-Loup, village provençal de 1200 habitants, proche de Grasse. Il choisit d'enseigner à partir de sorties et d'observations sur les travaux des champs et sur la vie de la nature. Les compte-rendus sont rédigés collectivement au retour en classe puis recopiés dans les cahiers individuels.

En 1924, il introduit l'utilisation d'une petite presse en bois pour préparer, caractère par caractère, chaque jour, un texte choisi et l'imprimer, « comme dans un livre ». Ces textes forment le livre de vie de la classe.

Célestin Freinet remet en question, avec beaucoup d'énergie, l'éducation traditionnelle basée sur les manuels scolaires. Il lui reproche surtout d'avoir endoctriné sa génération à un patriotisme anti-allemand catastrophique.

Il écrit des articles dans une revue pacifiste, Clarté, et dans une revue syndicale L'école émancipée.
Il visite des écoles innovantes en Allemagne et en Russie, et participe à un congrès international d'Éducation nouvelle en Suisse.

La rencontre avec Élise Freinet[modifier | modifier le wikicode]

Il rencontre Élise Lagier-Bruno en 1925, institutrice formée à l'École normale de Gap, qui se met en congé pour étudier à Paris dans l'académie de peinture ABC avec laquelle elle étudiait par correspondance depuis 19201. Ils se marient le 6 mars 1926 et adhèrent au Parti communiste. Leur rencontre, par son engagement politique et artistique2, sera déterminante pour l'évolution de la pensée de Freinet. Elle crée d'ailleurs dans les années 1950, un musée d’art enfantin à Coursegoules.

En 1927, il publie son premier ouvrage, L'imprimerie à l'école. De nombreuses classes se lancent à sa suite dans l'aventure des textes libres imprimés, les échanges stimulent les jeunes écrivains : la correspondance scolaire se met en place.

Des petits documentaires muets sont tournés avec une caméra Pathé-Baby, circulent dans les écoles et même dans les cinémas de village. Une cinémathèque coopérative est créée en 1927.

Après la création de la CEL en 1928, cette coopérative édite un bulletin pédagogique L'imprimerie à l'école. En 1932, ce bulletin prend pour titre L'Éducateur prolétarien où on débat de tous les problèmes de l'éducation en France et dans les autres pays.

De 1932 à 1934, en pleine montée du fascisme, prenant prétexte d'un texte d'enfant qui racontait son rêve où le maire était tué, après les pressions du maire, de la presse d'extrême-droite, Célestin Freinet quitte l'enseignement public.

Du Front Populaire à la Libération[modifier | modifier le wikicode]

Il fonde en 1935 sa propre école à Vence où il pourra expérimenter la pédagogie populaire qu'il souhaite. Il tente de lancer un "Front de l'enfance" qui serait le volet éducatif du programme du gouvernement du Front populaire de la gauche.

A partir de 1937, l'école accueille des petits réfugiés espagnols. Dès 1938, l'école Freinet est ouverte chaque été à des stages pour les enseignants.

De 1939 à 1944, pendant la seconde guerre mondiale, les activités du mouvement Freinet sont interrompues. En mars 1940, C. Freinet est arrêté par la police française et interné pendant 18 mois. Son école est fermée. Il sera assigné à résidence à Vallouise dans les Hautes Alpes. Des compagnons de Freinet, adhérents de la CEL, seront déportés et périront.

En 1945, au sortir de la guerre, il peut rouvrir son école. En 1947, le mouvement Freinet se développe et s'organise en Institut Coopératif de l'École Moderne (ICEM).

De 1927 à 1947, pendant 20 ans, lors du Front populaire ou après la Libération, Freinet tentera sans succès de faire entendre sa conception d'une pédagogie populaire auprès des ministères de l'Education Nationale pour une mise en œuvre au sein de l'école publique.

En 1949, L'École Buissonière, film réalisé par Jean-Paul Le Chanois, racontant l'histoire de Célestin et Élise à l'école de Vence, remporte un grand succès public. Or le nom de Freinet ne sera hélas jamais mentionné.

A partir des années 50[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1950, Freinet est violemment critiqué par le Parti Communiste français.
En 1955, il lance le mot d'ordre " 25 élèves par classe", toujours d'actualité.

L'École moderne[modifier | modifier le wikicode]

En 1946, il publie L'École Moderne Française et rouvre avec sa femme son école privée de Vence. Les Freinet habitent désormais à Cannes, dans les locaux de la CEL. Freinet se consacre entièrement à son école.

En 1947, l'Institut Coopératif de l’École Moderne (ICEM) est créé. En 1957, c'est au tour de la Fédération Internationale des Mouvements de l'École Moderne (FIMEM) de voir le jour.

Ses principes[modifier | modifier le wikicode]

Imprimerie Freinet

Blessé au poumon (d'où son besoin de respirer l'air extérieur et l'impossibilité de crier après ses élèves, comme il le remarquait souvent lui-même avec humour), il cherche une manière de faire la classe en sortant de l'école et en donnant la parole aux enfants. Parallèlement il est fortement motivé par le désir de rompre avec le désastre de la guerre de 14-18 («Plus jamais ça») et l'ordre militaire de l'école.

Il commence par supprimer l'estrade puis il introduit la technique de l'imprimerie dans la classe et met en œuvre peu à peu de véritables « techniques de vie » :

  • étude du milieu,
  • imprimerie,
  • journal scolaire,
  • travail individualisé,
  • texte libre,
  • enquêtes et conférences,
  • correspondance scolaire,
  • réunion de coopérative (OCCE),

La pédagogie Freinet est une pédagogie matérialiste : les outils et les techniques permettent de créer un milieu de vie qui suscite ou facilite la créativité, l'expression, la communication.

Freinet conçoit la méthode naturelle en observant sa fille qui apprend à marcher puis à lire. Cette méthode s'appuie sur le tâtonnement expérimental, la libre expression, le matériel pédagogique. D'abord appliquée à l'apprentissage de la lecture, elle est de nos jours utilisée dans tous les domaines en pédagogie Freinet (mathématiques, dessin, etc.) y compris en interdisciplinarité.

C'est aussi une pédagogie socialement engagée. C'est en effet en liaison avec le développement d'un mouvement d'enseignants se réclamant de l'école moderne, que se diffuse alors la pédagogie Freinet en France et dans le monde. Élise et Célestin Freinet, leurs compagnes et compagnons sont politiquement engagés dans la société pour promouvoir des valeurs d'égalité et de solidarité.

Références[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Mouvement de l'École moderne

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Portail de l'éducation —  Tous les articles sur l'éducation, l'enseignement et les mouvements de jeunesse.