Bataille d'Hastings

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La bataille d'Hastings a eu lieu le 14 octobre 1066, dans le sud de l'Angleterre (Sussex). Elle oppose le roi anglo-saxon Harold II au duc de Normandie Guillaume le Conquérant. Ce dernier est vainqueur et est couronné roi d'Angleterre le 25 décembre 1066 dans l'Abbaye de Westminster à Londres. Les vainqueurs normands et leurs alliés français, flamands et bretons prennent la place de la noblesse anglo-saxonne et lient pour plusieurs siècles l'Angleterre à l'histoire de l'Europe continentale et en particulier de la France.

La succession du roi Édouard le Confesseur[modifier | modifier le wikicode]

Harold de Wessex jure sur des reliques sa fidélité à Guillaume de Normandie. La tapisserie de Bayeux est un œuvre de propagande en faveur de Guillaume

Au milieu du XIe siècle, l'Angleterre est un pays d'environ un million d'habitants. Elle s'est depuis 1042 débarrassée de la domination des Danois.

Le roi d'Angleterre Édouard le Confesseur, né en 1004, règne depuis 1042. Au début de janvier 1066 il meurt sans héritier. Mais en 1051, Édouard pour assurer sa succession a désigné comme héritier son cousin, par les femmes, Guillaume duc de Normandie, né en 1024 ou 1028, duc depuis 1047. Par précaution celui-ci a fait jurer serment de fidélité à Harold Godwinson comte de Wessex, un des plus puissants seigneurs anglo-saxons, qui depuis 1045 est le beau-frère d'Édouard.

Mais en 1066, revenant sur son serment, Harold prétend qu' Édouard avant de mourir a changé d'avis et l'a désigné comme son successeur. Les nobles anglo-saxons, peu favorables à un roi étranger, rallient Harold. Ce dernier est couronné roi d'Angleterre le 16 janvier 1066. Considérant qu'il y a félonie, Guillaume décide alors de conquérir le royaume d'Angleterre.

Or un autre concurrent se met également sur les rangs. Il s'agit d'Harald III roi de Norvège. Ce dernier invoque un accord passé entre son prédécesseur norvégien et le prédécesseur d'Édouard sur le trône d'Angleterre. Cet accord prévoyait que l'Angleterre et la Norvège reviendraient à celui- qui survivrait si l'autre n'avait pas d'héritier direct. Tostig Godwinson, le frère d'Harold, soutient le Norvégien. Ce dernier décide aussi d'entrer en guerre pour s'emparer de l'Angleterre.

La préparation de l'invasion normande de l'Angleterre[modifier | modifier le wikicode]

Cavaliers et archers normands. Détail de la Tapisserie de Bayeux

Le duché de Normandie est peuplé d'environ 700 mille habitants. Pour réussir son projet Guillaume doit compter sur ses vassaux normands, mais aussi sur les fils cadets de familles nobles qui peuvent trouver outremer des terres qui leur sont refusées dans leur pays d'origine (l'aîné héritant des possessions paternelles). Mais les Normands ne suffisent pas. Aussi d'autres cadets nobles, des aventuriers sans fortune accourent en Normandie pour prêter main forte. Il en vient de Bretagne, surtout de Flandre (l'épouse de Guillaume est une Flamande), du Maine tout proche, de l'Île-de-France, mais aussi de l'Aquitaine plus lointaine. Il n'y a pas que des guerriers. Ceux-ci doivent être équipés pour l'expédition, aussi il faut des forgerons, il faut acheter des chevaux pour la cavalerie et la nourriture qui leur est nécessaire et avoir le personnel compétent pour s'en occuper.

Au total l'armée normande comprend moins de 8000 hommes : des fantassins pour la moitié, des archers et des arbalétrier en nombre égal aux chevaliers.

La flotte normande. Détail de la Tapisserie de Bayeux

Il faut construire une flotte capable de les transporter à travers la Manche. Les charpentiers de marine, les tisseurs de toiles pour les voiles, les cordiers. Les ports de la Manche, comme Dives, Port-en-Bessin, Le Tréport, Rouen, Honfleur sont transformés en chantiers navals. Il faut disposer d'environ 780 navires. Les plus puissants vassaux du duc en procurent un grand contingent, comme Robert, comte de Mortain, demi-frère de Guillaume qui fournit 180 vaisseaux, ou Odilon de Conteville, évêque de Bayeux et demi-frère du duc, qui en apporte 100. Tous les types de navires sont construits, les drakkars, mais aussi des caboteurs à fond plat qui conviennent au débarquement sur les plages anglaises. On réquisitionne également les bateaux de pêche, les navires marchands pour transporter le matériel et l'approvisionnement. La Normandie riche en forêts de chênes et de hêtres fournit le bois nécessaire, on a calculé que près de 7 000 arbres ont dû être abattus et convoyés vers la côte.

Guerre avant la bataille[modifier | modifier le wikicode]

À la mi-septembre 1066, le Norvégien Harald attaque l'Angleterre et débarque au nord, près de York, la seconde ville en importance du royaume : il s'en empare le 24 septembre. Pour lui faire face le roi Harold, qui a libéré les hommes libres de son armée pour leur permettre de faire les travaux agricoles de l'été, doit quitter Londres et ses 7000 hommes doivent en quelques jours parcourir 300 km. Ses 300 navires quittent également le sud, où ils menaçaient une probable traversée des Normands, pour se rendre plus au nord près de l'embouchure de la Humber afin de couper la route aux Norvégiens. Les Anglo-saxons rencontrent les Norvégiens à plusieurs reprises et en particulier à Stanford Bridge le 25 septembre. Les Norvégiens sont battus, Tostig et le roi Harald sont tués au cours de la bataille. Olav, le nouveau roi de Norvège, se replie et promet de ne plus envahir l'Angleterre.

La bataille[modifier | modifier le wikicode]

Guillaume a concentré sa flotte à Dives-sur-mer dès le début de septembre. Le 12 septembre l'expédition part pour l'Angleterre. Mais une tempête la contraint à trouver refuge dans le port de Saint-Valéry-sur-Somme. Elle y restera plus de deux semaines. Cependant la flotte d'Harold n'est plus une menace (voir plus haut).

Reprenant la mer, le 28 septembre les Normands débarquent à Pevensey dans le Sussex, sans être inquiétés (Harold se trouve alors très au nord, près d'York). Après avoir établi une position fortifiée non loin de leur point de débarquement les Normands pillent la région afin d'y attirer Harold. Sur le chemin du retour vers Londres, Harold apprend la nouvelle de l'arrivée des Normands. Il a laissé une bonne partie de son armée à York. A marche forcée il rejoint Londres, puis après quelques jours de repos il se porte à la rencontre de Guillaume.

La poisition des armées le matin

Les Anglo-Saxons arrivent le 13 octobre, Harold choisit de combattre sur la colline de Senlac à quelques kilomètres de Hastings, il occupe le haut de la colline alors que les Normands sont en bas des pentes.

Harold se tient au centre de son armée, il est entouré par les housecarls, qui sont ses soldats d'élite lourdement armés. Sur ses ailes il a placé le Fyrd, des soldats non-professionnels, en fait des petits propriétaires encadrés par des seigneurs locaux qui sont des paysans et des hommes libres réquisitionnés pour deux mois, leur armement est plus léger. Les Anglo-Saxons n'ont pas de cavalerie. Guillaume a disposé sont armée en trois groupes (ou batailles). Il se tient au centre entouré des chevaliers, précédés par les fantassins et les archers normands. Sur sa gauche se trouvent les Bretons et sur sa droite les Français et les Flamands avec le même dispositif. Il y aurait environ 20 000 hommes engagés dans la bataille.

Les hostilités commencent vers 9 heures du matin. Les archers normands ne parviennent pas à affaiblir les rangs anglo-saxons bien protégés par leur position en hauteur et leur solides boucliers. Une attaque de l'infanterie normande se termine par un échec, il en est de même pour la cavalerie. Les Bretons disposant d'un terrain plus facile se sont beaucoup trop avancés et sont exposés à une contre-attaque des Anglo-Saxons. Ils se replient sur leur position de départ et sont alors poursuivis par les Anglo-Saxons. Ceux-ci séparés du gros de leur troupe sont une proie facile pour la cavalerie normande qui les massacre. À ce moment la rumeur de la mort de Guillaume se répand. En fait son cheval a été tué sous lui (il en sera de même pour deux autres au cours de la journée) et pour prouver qu'il est toujours en vie et arrêter la panique il doit se déplacer parmi ses hommes avec le casque relevé.

L'infanterie anglo-saxonne affrontant une charge de la cavalerie normande. Tapisserie de Bayeux

Vers midi, les Franco-Flamands reculent afin de répéter la manœuvre de la matinée. L'aile gauche anglo-saxonne les poursuit et est elle aussi massacrée.

Vers 14 heures, Guillaume lance tous ses hommes à l'assaut du centre anglo-saxon où se trouve le roi Harold. Les Anglo-Saxons ont du mal à riposter. Le roi Harold est tué en recevant une flèche dans l'œil. Les soldats se débandent et vers 19 heures alors que la nuit tombe, Guillaume est victorieux.

Guillaume devient roi d'Angleterre[modifier | modifier le wikicode]

Si Guillaume a vaincu le roi Harold il se heurte à l'hostilité persistante des nobles Anglo-Saxons Les nobles envisagent de nommer comme roi Edgar Atheling un descendant de Edmond II Côtes-de fer ancien roi d'Angleterre en 1016.

Aussi Guillaume renonce à entrer directement dans Londres. Pour contraindre les Anglo-Saxons à se rendre il ravage les régions alentours. Progressivement les seigneurs font leur soumission à Guillaume. Ce n'est que le 25 décembre que Guillaume est couronné roi.

La bataille d'Hastings est décisive mais ne marque pas pour autant la fin des hostilités avec les Anglo-Saxons. Il faudra plusieurs années (jusqu'en 1070) pour que les Normands parviennent à briser toute résistance anglo-saxonne ou à décourager toutes interventions extérieures comme celles des Danois ou des Écossais.

La noblesse anglo-saxonne est dépossédée de ses terres qui sont donnés aux guerriers ayant accompagnés Guillaume dans sa conquête. Ainsi le Domesday Book de 1086 qui recense toutes les propriétés du royaume ne mentionne que deux seigneurs importants d'origine anglo-saxonne et en 1096, tous les évêques du royaume étaient d'origine normande.

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