Basileus

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Dans l'Antiquité, le terme basileus désignait certains rois dans l'espace méditerranéen et proche oriental. Il est utilisé par les Grecs dominés par Rome pour nommer l'empereur romain. Au début du VIIe siècle, les empereurs byzantins (dirigeant l'empire romain d'Orient) changèrent leur titre romain d' Augustus pour celui de basileus. Le mot entre dans la titulature officielle comme synonyme d'empereur à partir du règne de Justinien II.

Basileus par la volonté de Dieu[modifier | modifier le wikicode]

L'empereur Basile II désigné par Jésus et couronné par des anges

Dans la conception byzantine du pouvoir, le basileus tient son pouvoir de la volonté de Dieu. Dans son empire le monarque est le représentant de Dieu et son lieutenant sur Terre. Tant que l'empereur assure le maintien de cet empire chrétien il apparaît comme protégé par Dieu et mérite les pouvoirs dont il dispose. Dans le cas contraire il est écarté. C'est ainsi que de nombreux généraux ont pu parvenir à la dignité impériale en usurpant le pouvoir et en éliminant l'empereur régnant qui n'avait pas fait ses preuves. C'est le cas de Justin Ier, de Michel II, de Michel IV ou de Michel V, qui bien qu'étant d'humble origine parviennent à la tête de l'empire. Ces coup de force sont considérés comme des manifestations de l'intervention divine c'est à dire un effet de la grâce de Dieu. Celui qui subit des défaites face aux nombreux ennemis qui tentent d'envahir l'empire byzantin (les Bulgares, les musulmans ...) et n'a pas su lire les desseins de Dieu, est chassé du pouvoir et quelquefois aveuglé (comme l'empereur Romain IV Diogène).

Le basileus choisi personnellement par Dieu est considéré comme d'équivalent des apôtres et sa personne est sacrée.

De cette conception de l'origine divine du pouvoir découle l'idée que s'opposer aux décisions de l'empereur c'est s'opposer à la volonté de Dieu, c'est un sacrilège et donc est extrêmement grave pour un chrétien. De là, au VIIIe siècle, la violence des deux camps opposés dans la querelle des images, où les partisans d'un empereur favorable à la représentation par images (ou icônes) des saints (iconodules) attaquent sans pitié leurs adversaires partisans d'un empereur voulant éliminer les images (iconoclastes).

Arrivée au pouvoir[modifier | modifier le wikicode]

Deux empereurs en même temps, Nicéphore II et Basile II. Monnaie d'or (nomisma) byzantine

Le fait d'être personnellement choisi par Dieu est contradictoire avec la transmission automatique et héréditaire du pouvoir. Pourtant dès le début de l'empire byzantin l'empereur régnant assure la transmission à ses enfants. C'est ce que fera à la fin du IVe siècle l'empereur Théodose Ier pour ses deux fils Arcadius (pour l'Orient) et Honorius (pour l'Occident), ou à un neveu comme c'est le cas entre Justin Ier et Justinien Ier au début du VIe siècle.

Ce n'est qu' au IXe siècle que le principe héréditaire s'impose. La dynastie macédonienne (867-1050) assure la succession familiale par le système de l'association au trône des fils durant la règne de leur père. Le premier à utiliser ce système sera Basile Ier et ses enfants Constantin, Léon et Alexandre. De même Romain II le Jeune s'associe ses deux fils, Basile II et Constantin VIII.

Si des usurpateurs, profitant de la jeunesse des empereurs tentent de s'infiltrer dans la succession ils doivent partager le pouvoir sans parvenir à élimer les empereurs légitimes. Ce sera le cas pour Nicéphore II Phokas et Jean Ier Tzimiskès qui doivent coexister avec Basile II et Constantin VIII.

Pour augmenter symboliquement les chances de transmission du pouvoir dans le cadre familial, les impératrices accouchent dans une salle particulière du palais. Celle-ci a les murs plaqués de porphyre roche de couleur rouge (la couleur réservée à l'empereur). Les enfants sont alors appelés porphyrogénètes. Ce sera la cas de l'empereur Constantin VII qui est un enfant légalement illégitime et inespéré de l'empereur Léon VI. Malgré sa bâtardise, il ne peut être écarté par son beau-père, l'usurpateur Romain Ier Lécapène. Ce dernier pour conserver le pouvoir dans sa famille associe ses deux fils, mais ils seront finalement chassés du pouvoir.

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