Auspices

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À Rome, dans l'Antiquité, les auspices étaient les signes par lesquels les dieux entraient en communication avec les humains. Aujourd'hui on nommerait ces phénomènes présages. Le droit de prendre les auspices, c'est-à-dire de contacter les dieux pour connaître leurs volontés, était réservé à certains magistrats de haut rang. L'interprétation des auspices étaient faites par les augures.

Le mot auspice vient de avis (oiseau) et -spicere (observer). Cette pratique est très ancienne à Rome, puisque c'est en observant le vol des aigles que Romulus décida du lieu où Rome serait fondée.

Les auspices ne concernent que l’avenir. Ils approuvent ou désapprouvent un acte public (prise de décision politique, militaire..) à venir.

Les différentes catégories d'auspices[modifier | modifier le wikicode]

Les auspices sont de diverses natures :

Les auspices célestes[modifier | modifier le wikicode]

Dans cette catégorie se trouvent les phénomènes météorologiques par lesquels la divinité manifeste sa volonté. Ce sont surtout les manifestations de Jupiter, qui est le maître de l'éclair et du tonnerre. Si l'éclair est de droite à gauche, c'est un signe défavorable ; s'il va de gauche à droite, c'est une réponse favorable. L'éclair par un temps calme est l'auspice le meilleur.

Les auspices tirés de l'observation des animaux[modifier | modifier le wikicode]

Ces auspices paraissent être les plus anciens, puisqu'ils ont donné leur nom à cette pratique. Tous les oiseaux ne pouvaient pas faire l'objet d'auspices.

Les oiseaux autorisés ne sont pas observés de la même manière. Pour le vautour, l'aigle ou la buse, on n'observe que le vol. Pour le corbeau, la chouette, on écoute le cri. Certains oiseaux, comme le pic de Mars sont observés pour leur cri et pour leur vol.

Les auspices tirés de l'appétit des poulets sacrés[modifier | modifier le wikicode]

Ces auspices avaient le grand avantage de pouvoir être observés en toutes saisons et en toutes circonstances. Ils étaient surtout utilisés pendant les campagnes militaires. La manière que les poulets avaient de se nourrir était déterminante. Si le poulet se précipitait sur la nourriture, le présage était favorable. Si le poulet refusait la nourriture, c'était un signe défavorable.

Les auspices imprévus[modifier | modifier le wikicode]

Ils sont toujours défavorables. Parmi eux, la chute d'un bâton ou un voile qui se déchire dans un temple, le cri d'une souris, le craquement d'un meuble, une crise d'épilepsie chez un assistant, ou une lampe sacrée qui s'éteint sans raison.

Circonstances de la prise des auspices[modifier | modifier le wikicode]

Les auspices étaient pris dans toutes les manifestations publiques importantes. Avant d'élire un magistrat et le jour de son entrée en fonction, avant de convoquer les assemblées du peuple (les comices), on prenait les auspices. Avant le départ de l'armée, avant la bataille, le général, s'il était un magistrat bénéficiant de l'imperium, prenait les auspices.

Avoir observé un présage n'est pas suffisant. Celui-ci doit être conforme à ce que l'on attend. Il doit être interprété par l'augure. On devine toutes les manipulations de l'opinion qui pouvaient avoir lieu. Selon son état d'esprit, ses intérêts ou ceux de la classe sociale dont il faisait partie, le magistrat pouvait permettre ou interdire ou remettre la tenue d'une assemblée pour une élection ou le vote d'une loi à des temps qu'il jugerait plus favorables à sa cause.

Le droit de prendre les auspices[modifier | modifier le wikicode]

Sous la monarchie, le droit de prendre les auspices était réservé au roi. Les rois tenaient ce droit de Romulus. Si par hasard, l'autorité royale est interrompue, le droit d'auspices est assuré par les patriciens, considérés comme les descendants des compagnons de Romulus.

Après la chute de la royauté, les auspices sont transférés aux consuls à qui sont attribués les pouvoirs du roi. Puis quand les consuls abandonnent une partie de leurs pouvoirs à d'autres magistrats, comme les préteurs ou les censeurs, ceux-ci bénéficient aussi du droit de prendre les auspices. L'accession de la plèbe aux magistratures suprêmes fut en partie ralentie par les réticences à accorder le droit de consulter les dieux à des non-patriciens.

La prise d'auspices par des magistrats différents pouvait donner des résultats contradictoires. Un magistrat de rang inférieur pouvait avoir reçu une réponse défavorable sur une décision, alors qu'un magistrat de rang supérieur pouvait sur le même sujet avoir une réponse favorable. Il y avait risque d'obstruction.

Affaiblissement du droit d'auspices[modifier | modifier le wikicode]

Au premier siècle av. J.-C., à partir de la dictature de Sylla, les auspices déclinent en même temps que les magistratures qui y étaient attachées. Si on les prenaient encore, on n'y croyait plus.

Sous l'Empire, les empereurs ne tenaient plus compte des auspices pour demander l'avis des dieux sur leur accession au pouvoir suprême. Les auspices sont réservés aux magistrats dont la fonction est maintenue pour faire croire à la survivance du régime républicain.

Il existait aussi des auspices privés. Mais on en sait peu de chose. On peut penser qu'ils étaient pris par le père de famille (le pater familias) qui représente la famille auprès des dieux.

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

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