Soie

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Kimono en soie

La soie est une fibre textile d'origine animale. Elle provient d'un cocon de chenille appelée « ver à soie », bien que ce ne soit pas un ver.

De très nombreuses chenilles sécrètent avec leurs glandes un fil avec lequel elles fabriquent le cocon qui les protégera pendant leur métamorphose en chrysalide (nom donné à la nymphe des papillons), puis en papillon. Parmi elles, seules les chenilles du bombyx du mûrier et de quelques autres espèces, comme le bombyx éri, produisent un fil suffisamment souple et solide pour être utilisé comme textile. C'est pourquoi on les appelle vers à soie.

Dès l’Antiquité, il existait des élevages de vers à soie en Chine, d’où des caravanes apportaient en Europe du fil ou des tissus en soie. Les Chinois gardaient précieusement leur secret, mais un jour il fut découvert par les Européens. On créa alors des élevages en Italie, puis, au XVIIe siècle, dans le midi de la France (où l'on appelait ces élevages des magnaneries).

L'élevage[modifier]

Pour élever des vers à soie, il faut d’abord cultiver des mûriers, arbres dont les larges feuilles sont la seule nourriture de ces chenilles. Les œufs du papillon femelle de bombyx éclosent au bout de 10 mois. Les petites chenilles dévorent de telles quantités des feuilles qu’en un mois, elles atteignent 20 fois leur taille de naissance et 8 000 fois leur poids.


Au 33e jour, leur instinct de chenilles les pousse à préparer leur métamorphose en papillon. Les éleveurs leur facilitent les choses en disposant des branches sèches. Elles y montent pour accrocher le cocon qu’elles vont fabriquer. Chaque chenille, avec les glandes de ses filières, sécrète un fil continu qu’elle accroche à plusieurs brindilles. Puis, suspendue dans ce filet, elle fabrique autour de son corps un cocon ovale, formé de nombreuses couches de fil de soie. Ce fil continu peut mesurer 1,5 km.

La récolte des cocons[modifier]

Cocons jetés dans l'eau bouillante

Lorsque les cocons sont formés, les éleveurs en conservent une partie pour la reproduction. Afin d’obtenir à peu près autant de papillons mâles que de femelles, ils examinent la forme plus allongée des cocons mâles.

Tous les autres cocons sont jetés dans l’eau bouillante pour tuer la chrysalide qu’ils contiennent. On pourra ainsi dévider leur soie intacte. Sinon, le papillon en sortant trouerait le cocon pour sortir.

Les cocons troués ne sont pas perdus pour autant, ils servent à produire les fils « spun » constitués de fibres et non de filaments.

Le dévidage des fils[modifier]

Phase du dévidage

Quand les cocons sont bien ramollis dans l’eau chaude, on procède au dévidage. Le fil est trop fin pour être utilisé seul. C’est pourquoi, à l’aide d’une brindille ou d’un petit balai, on réunit les fils de plusieurs cocons différents (4 à 7, selon la finesse de chaque fil). On les accroche ensemble à un petit moulinet qui, en tournant, les enroule en torsade. Dès qu’un cocon est terminé, on ajoute le fil d’un nouveau et ainsi de suite.

La soie brute obtenue (qu’on appelle soie grège) contient 25 % d’impuretés que l’on élimine par lessivage. Le fil de soie devient ainsi souple et brillant.

Le terme précis de ce lessivage est « décreusage » (traitement à base de savon et d'alcalis). On élimine ainsi la séricine ou grès qui colle les deux brins de soie produite par le ver à soie. Sans ce traitement, il est malaisé de blanchir et de teindre la soie. La perte en poids (importante) est compensée par un traitement appelé « charge de la soie » et qui se faisait par précipitation de sels métalliques dans la soie. Actuellement, on utilise des apprêts pour charger la soie. La séricine est récupérée par l'industrie des cosmétiques.

Les qualités de la soie[modifier]

La soie est une fibre textile de grande qualité : souple, résistante, mauvaise conductrice de la chaleur, si bien que, malgré sa légèreté, elle tient chaud. Ce qui explique son utilisation en lingerie. Seul son prix élevé a incité à rechercher d’autres textiles fins qui lui ressemblent (les fils artificiels et les synthétiques). On appelle soie sauvage la soie produite par d’autres chenilles que le ver à soie, mais la qualité est loin d’être la même.

Certaines araignées produisent également un filament comparable à la soie.

Tissus à base de soie[modifier]

  • la bengaline, qui est un mélange de soie pour les fils de chaîne et de laine ou de coton pour les fils de trame
  • le brocart, est un tissu de soie rehaussé de dessins brochés en fils d'or et d'argent. C'est un tissu très luxueux.
  • le crêpe est un tissu léger de soie ou de laine fine. Il subit un apprêt qui est suivi d'une compression.
  • la faille est un tissu de soie.
  • le reps est un tissu de soie et laine, de laine et coton ou de coton seul pour l'ameublement. Les fils de chaîne et de tram se croisent perpendiculairement (armure de toile), les côtes sont perpendiculaire aux lisières.
  • le satin est un tissu de soie, moelleux, lustré sur l'endroit, la trame n'est pas apparente. Il peut être uni, broché, lamé.
  • le taffetas est un tissu de soie dont les fils de chaîne et de trame sont identiques. Les deux faces sont semblables pour le taffetas ordinaire. Les fils de trame et les fils de chaîne sont de couleurs différentes par le taffetas changeant.

Vikiliens pour compléter sur les matières textiles[modifier]


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