Canal de Panamá

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Un porte-conteneurs et un cargo passent l'une des nombreuses écluses du canal.

Le canal de Panamá est un canal traversant l’isthme de Panamá en Amérique centrale. Il relie l’océan Pacifique (le golfe de Panamá) et l’océan Atlantique (la mer des Caraïbes). Le canal de Panamá mesure 77,1 km.La construction du canal de Panamá fut achevée en août 1914.

Plus de quatre-vingt dix ans plus tard, le canal joue encore un rôle majeur dans le commerce maritime. Il permet chaque jour à une quarantaine de navires d'éviter de faire le tour de l'Amérique du Sud. Il permet le passage de différentes sortes de bateaux, comme les yachts ou les navires de commerce. La traversée du canal s'effectue environ en neuf heures.

Le canal est constitué de trois lacs artificiels (les lacs Miraflores et Gatún, plus le lac Alajuela, qui sert de réservoir d'eau), de trois ensembles d'écluses et de canaux aménagés.

Les dimensions des écluses déterminent la dimension maximale des bateaux qui peuvent traverser le canal.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Panamax.

Construction du canal de Panamá[modifier]

Au XVIe siècle, Charles Quint, empereur du Saint-Empire et roi d'Espagne, suggéra de creuser un canal dans l'isthme de Panamá pour faciliter le voyage des navires de l'Espagne vers le Pérou. Cette idée fut abandonnée, mais d'autres routes de commerces traversant l'Amérique centrale furent envisager. Un chemin de fer fut construit en 1855, traversant l'isthme de la côte Atlantique à la côte Pacifique. Il permit de faciliter le commerce jusqu'à la construction du canal, pendant laquelle il fut utilisé pour évacuer les terres déblayées.

Les différents projets[modifier]

Ferdinand de Lesseps dirigea les premiers travaux.

Un colloque international réuni à Paris en mai 1879, avec 22 pays représentés par 136 délégués, doit faire le choix entre différents projets.

Ferdinand de Lesseps, qui avait déjà réalisé le canal de Suez, propose de creuser un canal à niveau (comme à Suez). Mais il fallait creuser dune énorme tranchée à travers les montagnes dans un région de forêt tropicale infestée par les moustiques porteurs de la [[paludisme|malaria]) et de la fièvre jaune. La région choisie est l'isthme de Panamá qui à l'époque appartenait à al Colombie.

Gustave Eiffel et Adolphe Godin de Lépinay proposent un canal à écluses gigantesques et création d'un lac artificiel à Gatún (sur le versant atlantique). Ce lac serait alimenté par les eaux du rio Chagres. Il permettrait de réduire de 70 % les travaux de creusement et ferait faire de substantielles économies (près de 500 millions de francs-or par rapport au projet Lesseps).

Les difficultés du creusement[modifier]

C'est le projet Lesseps qui est finalement choisi. Il envisagea un canal sans écluses et évalua initialement un coût de 600 millions de francs. Les travaux commencèrent en 1880. Près de 25 000 ouvriers moururent de malaria ou de fièvre jaune. Les causes de ces maladies étaient alors incomprises et les mesures sanitaires ne purent donc pas être prises.

Les travaux furent plus coûteux que prévu. La première société fondée par Lesseps fait faillite. Une seconde société est créée. Pour vaincre la méfiance des porteurs de capitaux, Lesseps se fait donner des garanties par le gouvernement français. Il y parvient en achetant des journalistes et des hommes politiques influents. En 1889, la Compagnie universelle interocéanique fait faillite. Lesseps est ruiné pais il entraine dans sa chute de nombreux petits épargnants qui lui avaient fait confiance. Ce scandale financier, le scandale de Panamá, fut rendu public en 1893. La construction, inachevée, avait finalement coûté plus d'un milliard de dollars.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Scandale de Panamá.

Les Américains reprennent le projet[modifier]

John Frank Stevens reprit les travaux.

Les États-Unis reprirent l'idée de construire un canal traversant l'Amérique centrale. Ils hésitèrent entre reprendre les travaux inachevés en Panamá, ou construire un nouveau canal à travers le Nicaragua. Le 19 juin 1902, le Congrès vote pour une reprise des travaux en Panamá. Théodore Roosevelt rachète le matériel anglais.

Cependant la région du canal était sous la souveraineté de la Colombie. Le français Philippe Brunau-Varilla, un ancien collaborateur de De Lesseps, tente de convaincre le président colombien de céder la région. Mais le sénat de Colombie s'y oppose. Aussi le 3 novembre 1903, un coup d'État est organisé. Son succès permet l'indépendance de la région du canal qui devient un nouvel état : Panamá. Le 18 novembre, Brunau-Varilla qui a été nommé ministre plénipotentiaire du Panamá signe avec John Haig, le secrétaire d'État des États-Unis (ministre des Affaires étrangères), la cession à perpétuité de la région du canal au profit des États-Unis.

Les travaux furent relancés sous la direction de Frank John Stevens. Il mit en place les infrastructures nécessaires à la construction du canal et remplaça le matériel par des engins plus récents. Un important investissement fut réalisé pour éliminer le paludisme et la fièvre jaune et la maladie de la malaria. Cependant, en 1907, Stevens est emprisonné et George Washington Goethals est nommé pour continuer et achever les travaux de construction.

L'ouverture officielle du canal de Panamá fut le 15 août 1914. Le coût des travaux fut de 388 millions de dollars. Il y eut 27 500 ouvriers morts (français ou américains).

Cependant, après l'ouverture, des difficultés techniques apparurent. Pour assurer l'approvisionnement d'eau, un nouveau lac artificiel fut construit en 1935 : il fut appelé le Madden Lake et renommé, depuis, le lac Alajuela.

À qui appartient le canal ?[modifier]

Aux États-Unis, jusqu'en 1977…
… normalement, au Panamá depuis.

Durant la construction du canal de Panamá, les États-Unis aidèrent Panamá à acquérir l'indépendance de la Colombie. Comme remerciement, les États-Unis ont obtenu le contrôle du canal de Panamá. Mais après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les États-Unis et Panamá se dégradèrent. Il y eut des manifestations de protestation des étudiants. Dans les années 1970, des négociations conduisirent aux accords Torrijos-Carter, signés le 7 septembre 1977 entre les présidents Jimmy Carter et Omar Torrijos.

Ces traités assurent que le canal est une zone neutre appartenant au Panamá. Les barrages du canal produisent plus d'électricité que le fonctionnement du canal n'en consomme. Le retrait des États-Unis permet au Panamá de vendre l'électricité produite.

Problèmes actuels[modifier]

Des voiliers dans le canal.
  • En moyenne, 14 000 bateaux traversent le canal chaque année. Mais il y a de plus en plus de gros navires qui passent. Il a donc été prévu d'élargir le canal et d'améliorer l'approvisionnement en eau pour un coût de 1 milliard de dollars. Des améliorations ont déjà été apportées aux mécanismes de fonctionnement.
  • Les bateaux qui peuvent traverser le canal ne peuvent pas excéder une certaine taille.
  • Un éventuel nouveau canal traversant l'Amérique centrale pourrait être creusé. Ce nouveau canal permettrait d'accueillir des bateaux plus gros. Il serait aussi mieux aménagé et plus moderne. Ce projet pourra conduire à une concurrence.
  • Par ailleurs, des sociétés privées ont aussi proposé de construire de nouveaux chemins de fer reliant les ports sur les deux côtes.
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9° 16′ 41″ N 79° 54′ 47″ W / 9.277994, -79.913006