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Thiomargarita magnifica

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C'est dans une mangrove de ce type en Guadeloupe qu'on a découvert cette bactérie.

Thiomargarita magnifica est une bactérie découverte assez récemment (2009) dans une mangrove en Guadeloupe. C'est une bactérie géante, la plus grande connue à ce jour : très allongée, jusqu’à 2 cm de long, ce qui la rend visible à l’œil nu, pour une centaine de microns (0,1 mm) de large. Cette bactérie vit dans les mangroves, qui sont des zones aquatiques et/ou marécageuses tropicales, situées à la limite de la terre et de l'océan, et reconnaissables à certains arbustes très caractéristiques (palétuviers) dont les racines forment des échasses pour qu'elles puissent respirer à l'air libre. L'eau qui se trouve dans les mangroves est dite saumâtre, moins salée que l'eau de mer mais plus que l'eau douce.

Sous sa membrane cellulaire, cette bactérie contient un sac très gros (vacuole) qui occupe environ les trois-quarts du volume de la cellule. Ce sac ne contient que de l'eau et des nitrates (NO3), et permet à la bactérie de garder une distance suffisamment courte entre son contenu intérieur et l'extérieur (de part et d'autre de la membrane cellulaire), afin que les échanges entre les deux milieux soient toujours efficaces (une bactérie "classique" de quelques microns n'a pas ce problème : son volume est suffisamment petit pour que son contenu reste toujours suffisamment proche de la membrane). L'espace réduit entre la grande vacuole et la membrane cellulaire contient les éléments essentiels au fonctionnement d'une bactérie (réserves, matériel génétique, ribosomes...) enfermés dans des sacs beaucoup plus petits (granules)1.

Cette bactérie se reproduit par division asexuée comme la plupart des bactéries, mais au lieu de produire deux cellules-filles de même taille que la cellule-mère dont elles proviennent (scissiparité), Thiomargarita magnifica se reproduit plutôt par bourgeonnement : les cellules filles sont produites à une extrémité de la bactérie et se détachent progressivement de la cellule-mère, mais leur taille initiale est beaucoup plus petite. C'est particulièrement visible sous la forme de "bourrelets" : ce sont les cellules-filles en train de se détacher.

Son ADN est particulier pour celui d'une bactérie. Sa taille est remarquable, environ 11 millions de paires de bases pour 11 000 gènes, alors que la moyenne d'un génome bactérien se situe autour de 4 millions de paires de bases pour 3900 gènes2. Il est porté par un chromosome unique comme pour la plupart des bactéries, mais celui-ci est présent en de très nombreux exemplaires (on parle de polyploïdie), enfermés dans de petits sacs nommés "pépins" (calque du nom anglais pepin, néologisme inventé par des biologistes), ce qui est aussi inhabituel car les bactéries n'ont normalement pas de noyaux (procaryotes). Ces "pépins" ne sont toutefois pas semblables aux noyaux des cellules eucaryotes, car ils renferment également les ribosomes et l'ARN messager, ce qui n'est pas le cas des noyaux eucaryotes.

Il existe d'autre bactéries du même genre, comme Thiomargarita namibiensis, moins grande mais néanmoins toujours beaucoup plus qu'une bactérie moyenne (200-300 microns, record à 750 microns).

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. « Une bactérie qui n'est pas un microbe ?! », blog Jump-to-Science, https://jump-to-science.unige.ch/2023/01/16/2197/
  2. https://www.science.org/content/article/largest-bacterium-ever-discovered-has-unexpectedly-complex-cells, phrase traduite « [...] they found the genome was huge, with 11 million bases harboring some 11,000 clearly distinguishable genes. Typically, bacterial genomes average about 4 million bases and about 3900 genes. »
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