Consulat (Révolution française)

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Histoire de la France
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Le Consulat est la période de l'histoire de la France comprise entre le coup d'État de Brumaire an VIII (novembre 1799) qui met fin au Directoire et l'établissement du Premier Empire en mai 1804. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte y établit son pouvoir personnel autoritaire. Mais surtout, pour mettre fin aux incertitudes de la période révolutionnaire, et assurer le pouvoir de la bourgeoisie, il crée des institutions administratives, financières, religieuses, sociales et civiles qui servent encore, pour une partie d'entre elles aujourd'hui. Ces nouvelles institutions seront imposées ou imitées dans l'Europe occidentale au XIXe siècle. C'est aussi la période de continuation des guerres de la Révolution contre les rois d'Europe.

L'avènement du Consulat[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Coup d'État du 18 brumaire.
Caricatture anglaise sur le coup d'État du 18 Brumaire an VIII

Le Consulat est né de l'incapacité du régime précédent, le Directoire, à résoudre ses contradictions. En 1795, le Directoire a été mis en place par des républicains socialement conservateurs. Le régime se heurte donc à l'opposition des royalistes qui se manifestent de plus en plus violemment après la disparition de la Terreur montagnarde. Mais le Directoire est aussi attaqué par les partisans d'une République plus proche politiquement et économiquement des plus défavorisés des Français. Les dirigeants républicains ne se maintiennent au pouvoir qu'en ne tenant pas compte du résultat des élections annuelles. Beaucoup de départements sont en quasi insurrection contre le gouvernement central. Pour faire face le Directoire durcit sa politique : lutte contre les prêtres non-assermentés, contre les suspects d'anti-républicanisme et contre les riches par un emprunt forcé. Il augmente ainsi le nombre de ses adversaires.

Les mécontents les plus influents préparent le changement de régime politique. Ils souhaitent établir un pouvoir exécutif fort et des assemblées législatives aux pouvoirs limités afin de calmer les luttes politiques. Ce nouveau pouvoir devrait prendre des mesures sociales et économiques qui tout en favorisant la bourgeoisie pourraient donner satisfaction aux plus défavorisés. Ce changement ne peut qu'être fait par un coup d'État politico-militaire. Le général Napoléon Bonaparte leur paraît être l'homme de la situation. Il est disponible, ambitieux, très populaire et doté d'un grand prestige militaire. Quelques banquiers parisiens financeront l'opération.

Par conviction ou par corruption trois des cinq Directeurs (les plus hauts dirigeants de la République) démissionnent, les deux autres sont arrêtés. Les ministres les plus influents (Talleyrand, Cambacèrès, Fouché) sont complices. Il n'y a plus de gouvernement. Une partie des députés des deux assemblées législatives sont d'accord pour le changement. L'affaire faillit cependant tourner mal pour Bonaparte. Le 19 brumaire (10 novembre 1799), il est pris à partie par la majorité des députés du Conseil des Cinq Cent. Il est sauvé par son frère Lucien qui préside le Conseil et demande aux soldats de la garde de chasser les députés. Le 19 au soir, Bonaparte et ses complices sont les maîtres de la République. Ils vont mettre au point la Constitution de l'an VIII, qui crée le Consulat.

Le pouvoir personnel de Napoléon Bonaparte[modifier | modifier le wikicode]

Napoléon Bonaparte Premier Consul
L'organisation des pouvoirs selon la constitution de l'an VIII

Napoléon Bonaparte rédige lui-même l'essentiel du texte de la Constitution qui organise le régime appelé Consulat. Le suffrage universel est rétabli, mais il ne sert plus à élire les représentants du peuple qui feraient les lois. Il sert à désigner des notabilités parmi lesquelles le pouvoir exécutif choisit les membres des assemblées législatives et des différentes assemblées locales.

Bonaparte, Premier Consul, a seul le pouvoir exécutif ; les deux autres consuls, Cambacérès (un républicain modéré) et Lebrun (un royaliste modéré) ne donnent que des avis. Les ministres, les fonctionnaires, les officiers généraux sont nommés par le Premier consul. Celui-ci n'est responsable devant personne. Il peut consulter le peuple par plébiscite (question à laquelle les citoyens répondent par « oui » ou « non »).

Le pouvoir législatif est entre les mains de Bonaparte. Lui seul a l'initiative des lois. Celles-ci sont élaborées par le Conseil d'État dont les membres sont nommés par Bonaparte. Les cent membres du Tribunat discutent les lois sans les voter. Puis les textes de loi, assortis des remarques du Tribunat, sont transmis aux 300 membres du Corps législatif. Ceux-ci votent sans discuter. Les membres du Tribunat et du Corps législatif sont nommés par le Sénat. Les sénateurs, nommés par le Premier consul parmi les anciens membres des assemblées révolutionnaires, ont le pouvoir, qu'ils n'utiliseront pas, de casser les lois.

La Constitution est mise en application deux mois avant sa ratification par les Français, qui en février 1800, l'acceptent par trois millions de voix pour moins de 1600 contre, mais avec plus de quatre millions d'abstentionnistes.

Les fondations de la France moderne[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Œuvre réformatrice du Consulat.

En quelques mois sous la direction de Napoléon Bonaparte la France est réorganisée. Le but est de confirmer certaines conquêtes sociales de la Révolution tout en éliminant la participation démocratique des citoyens à la gestion de leur vie quotidienne.

La France devient un pays très centralisé où toutes les activités de la population sont sous la surveillance des préfets et des sous-préfets, hauts-fonctionnaires nommés par le gouvernement. Les personnels de justice, qui étaient élus pendant la Révolution, sont désormais nommés par le gouvernement qui dispose de grands moyens de pression sur eux. L'économie est relancée grâce à la fondation de la Banque de France et à la création d'une nouvelle monnaie, le franc germinal. Par le Concordat de 1801, signé avec la papauté, Bonaparte met fin aux luttes religieuses qui opposèrent les Français pendant la Révolution et exige le soutien de l'Église catholique. Les conquêtes sociales et civiles de la Révolution sont confirmées par la grande œuvre de Bonaparte, le code civil de 1801-1804, beaucoup imité par d'autres pays au XIXe siècle. Bonaparte est soucieux de former des cadres instruits et obéissants, pour cela il crée en 1801, les lycées où sont surtout accueillis les enfants de la bourgeoisie. Enfin il tente de grouper ses partisans dans un ordre de chevalerie républicain, la Légion d'Honneur, mais, devant l'hostilité de nombreux républicains, il doit renoncer à en faire une nouvelle caste de privilégiés.

Les oppositions au Premier Consul[modifier | modifier le wikicode]

Le style autoritaire de Napoléon Bonaparte, les réformes qu'il réalise mécontentent certains Français. Beaucoup de républicains sont inquiets des limitations de la liberté et des aspects monarchiques du régime consulaire. Un attentat raté (la Machine infernale) en décembre 1800, permet à Bonaparte de faire exécuter ou déporter des chefs républicains ; une fois les véritables auteurs découverts, des royalistes, ceux-ci sont aussi punis. En février-mars 1802, les opposants républicains sont chassés du Tribunat et du Corps législatif, les militaires hostiles sont emprisonnés, destitués ou envoyés en garnison loin de Paris.

Les royalistes devant la popularité et les réformes stabilisant la Révolution (en août 1802, Napoléon devient Consul à vie, avec le droit de choisir son successeur) désespèrent de rétablir la royauté des Bourbons. Aussi, des émissaires royalistes parcourent l'Ouest de la France pour y réveiller les sentiments anti-républicains ; des nobles émigrés se rassemblent près des frontières. Un royaliste Georges Cadoudal, entre en France pour y assassiner Napoléon. Il réussit à compromette des généraux (Moreau et Pichegru). Arrêté en mars 1804, il est jugé et exécuté le 25 juin 1804. Pour terroriser ses opposants, Bonaparte fait enlever et exécuter après un jugement expéditif par un tribunal militaire, le duc d'Enghien, cousin du roi Louis XVI.

Le 18 mai 1804, le Sénat, fortement pressé par Bonaparte, propose d'établir l'Empire. Napoléon Bonaparte devient alors Napoléon Ier.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Pour compléter sur l'histoire du Consulat[modifier | modifier le wikicode]


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