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Consul (Rome antique)

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Cicéron, consul en 63 avJC, adversaire de César
César, consul en 59 avJC, pardonna à son adversaire Cicéron

Pendant la République romaine, les consuls (ils sont deux chaque année) occupent le sommet de la hiérarchie des magistrats. Les consuls sont élus par les comices centuriates pour un an.

La fonction n'est pas rémunérée, aussi jusqu'en 367av. J.-C., elle est surtout assurée par des patriciens et seuls quelques plébéiens parviennent à se faire élire consul. À partir de 367, il doit y avoir un consul plébéien et un consul patricien.

Les consuls ont l'imperium c'est-à-dire le pouvoir civil et militaire suprême. Cependant un consul en exercice peut annuler la décision de l'autre consul, c'est le droit d'intercessio. Ils sont contrôlés par le Sénat et leurs décisions peuvent être cassées par celle d'un tribun de la plèbe.

Avant de sortir de charge les consuls doivent rendre compte de leur administration. Une fois sorti de charge, le consul peut se voir confié l'administration d'une province (proconsulat). Les anciens consuls deviennent membres du Sénat et peuvent être élus censeurs.

À partir d'Auguste, l'élection est remplacée par une présentation des candidats choisis par l'empereur, le sénat accordant une ratification de pure forme. Le consulat devient alors un titre honorifique (que les empereurs se font attribués de temps en temps). Souvent le consul démissionne au bout de quelques mois et est alors remplacé par un consul suffect (ce qui permet de récompenser les familles fidèles à l'empereur).

Origine des consuls romains[modifier | modifier le wikicode]

Après la disparition de la monarchie, à la fin du VIe siècle av. J.-C., le roi est remplacé par deux magistrats annuels d'abord appelé praetores. Ces magistrats sont nommés par le populus (à l' époque les patriciens et leurs clients). Le sénat ratifie l'élection. Au milieu du Ve siècle av. J.-C. ces praetores prennent le nom de consuls.

Le mot consul pourrait venir de con/cum qui veut dire « ensemble » et salire qui veut dire « bondir, sauter ». Il s'agit donc d'agir ensemble, ce qui est confirmé par le fait que les consuls soient deux exerçant en même temps.

Fonctions des consuls romains[modifier | modifier le wikicode]

les magistratures du cursus honorum

Le droit d'imperium[modifier | modifier le wikicode]

La fonction de consul a un caractère religieux. Les consuls ont le droit de prendre les auspices majeurs (comme le vol des oiseaux ou l'appétit des poulets sacrés) avant tous les actes publics afin de solliciter l'avis des dieux et en particulier de Jupiter. Ils peuvent également consulter les augures. Ce pouvoir leur donne le droit d'imperium .

Ce droit d'imperium est matérialisé par figuré par les douze licteurs qui précèdent le consul dans ses déplacements dans la ville. Ils portent les faisceaux (paquets de verges) symbolisant son pouvoir.

Ce pouvoir d'imperium ne se partage pas. Aussi lorsque les consuls sont ensemble, ils disposent du pouvoir et des faisceaux à tour de rôle. S'ils sont à Rome chacun en dispose pendant un mois. S'ils sont ensemble à l'armée le roulement est quotidien.

Le plus souvent les consuls ne sont pas ensemble un grande partie de l'année. Un consul fait la guerre (et il y a la guerre quasiment tous les ans), l'autre reste à Rome et exerce le gouvernement civil.

Les consuls donnent leur nom à l'année pendant laquelle ils exercent leurs fonctions. Ils sont donc éponymes.

Le pouvoir civil[modifier | modifier le wikicode]

Dans la ville de Rome et dans l'espace sacré qui l'entoure à mille pas, les consuls disposent de l'imperium civil. Ils peuvent proposer des textes de loi, ils organisent des réunions publiques pendant trois semaines pour présenter et discuter les textes proposés.

Ensuite ils convoquent le peuple réuni dans les comices pour voter les projets. Ils en font de même pour l'élection des magistrats. Ils proclament les résultats.

Le consul peut réunir le Sénat, lui adressent des communications et lui soumettent des délibérations.

Les consuls font appliquer les décisions du Sénat (sénatus consultes) et peuvent par des édits rendre obligatoires les décisions qu'ils prennent.

Comme tous les magistrats romains les consuls ont le pouvoir d'intercessio. Ils peuvent annuler les décisions de leurs collègues du même rang ou d'un rang inférieur selon le cursus honorum. Pour les consuls, cette annulation possible s'étend à tous les autres magistrats romains qui ont par définition un rang administratif inférieur. Seules les décisions des tribuns de la plèbe (qui sont hors du cursus honorum) et du sénat (qui est une instance collective) ne peuvent être annulées par les consuls.

En cas de faute les consuls ne peuvent être poursuivi que devant les comices.

Jusqu'en 325 av. J.-C. ce sont les consuls qui sont chargés de désigner les membres du Sénat. Après cette date ce sont les censeurs.

L'imperium militaire[modifier | modifier le wikicode]

Le consul agit après que le sénat ait déclaré la guerre. Avec l'accord du sénat il fixe les objectifs et les moyens militaires jugés nécessaires en particuliers le nombre de soldats qu'il faut mobiliser.

Le consul assure la mobilisation des soldats et perçoit le tribut qui servira à assurer l'intendance, . Le consul nomme les officiers et est responsable des opérations à mener. Il négocie avec l'ennemi vaincu et lui impose le tribut. Dans les opérations financières il est assisté d'une questeur.

Au moment de l'entrée en guerre les licteurs consulaires installent une hache au milieu de leurs faisceaux. Cette modification indiquant le droit de vie et de mort du consul sur les soldats mobilisés, comme le droit de décimation.

En cas de prolongation des hostilités, ce qui devient de plus en plus fréquent avec l'éloignement des terrains de combats, l'imperium militaire peut être prolongé d'un an ou plus. Le consul devient alors un proconsul.

Comme pour tous les magistrats romains, les fonctions de consuls sont gratuites. En fin de fonction ils doivent rendre des comptes de leurs actions et obtenir le quitus. Au début de la République, quand les consuls étaient absents de Rome, du fait des opérations militaires, ils désignaient un remplaçant : le préfet urbain (d'origine patricienne ou plébéienne). Les fonctions de ce préfet cessaient au retour à Rome d'un des deux consuls. À partir de 367 avJC, le remplacement est assuré par le préteur. À la même date, un des deux consuls doit avoir une origine plébéienne.

Le pouvoir des consuls n'est pas absolu. Un consul peut annuler une décision de son collègue. Dans les limites de la ville, un tribun de la plèbe peut opposer son veto à une décision consulaire. Une décision consulaire aboutissant à une condamnation à mort ou à la flagellation peut être contestée (faire appel) devant l'assemblée du peuple.

Privilèges des consuls[modifier | modifier le wikicode]

Les consuls ont le droit d'auspices qui leur permet de questionner les dieux sur les décisions qu'ils vont prendre et les actions qu'ils vont faire Dans leurs déplacements, ils sont précédés par 12 licteurs portant sur l'épaule le faisceau de verges liées. Les passants doivent céder le passage, les cavaliers doivent descendre de leurs montures. Il n'y a que les vestales qui ont priorité sur le consul.

Dans l'exercice de ses fonctions officielles, le consul s'assoit sur un siège spécial appelé chaise curule (siège en forme de X non-pliant à pieds d'argent). Il porte alors la tunique laticlave (avec une bande de couleur pourpre) avec par dessus la toge prétexte blanche bordée d'une lisière pourpre. À ses pieds il porte des petites bottes rouges montant à mi-mollet qui sont serrées par une agrafe en ivoire en forme de croissant de lune. Dans les circonstances exceptionnelles il peut revêtir une toge pourpre. Pendant les opérations militaires le consul porte un manteau pourpre.

Dans les cérémonies officielles les anciens consuls peuvent se vêtir comme les consuls en exercice.

L’entrée en fonction d’un consul[modifier | modifier le wikicode]

L'entrée en fonction d'un consul est soumise à un cérémonial.

Avant le lever du jour, on consulte les auspices pour connaître la volonté des dieux. Cependant un résultat défavorable de cette consultation n'interdit pas ni ne retarde l'entrée en fonction (le consul a été auparavant élu par les comices)

Puis le consul regagne son domicile pour y revêtir la toge prétexte. Il reçoit la salutatio de ses amis, de ses clients et des sénateurs. Il revêt la toge prétexte et reçoit la salutatio de ses amis et des sénateurs.

Précédé de sa chaise curule, accompagnés par un cortège d'amis , d'officiels et de curieux, le consul se rend au temple de Jupiter sur le Capitole. Il offre un sacrifice de taureaux blancs.

Puis devant le Sénat réuni, le plus âgés des deux consuls fait un rapport sur la situation politique de Rome. Ils doivent fixer le calendrier des fêtes latines puis passent ensuite aux diverses questions d'administration.

Après ces rapports, la réunion du sénat est terminée. Le cortège se reforme et raccompagne les consuls à leurs domiciles. Ils peuvent alors exercer réellement leurs fonctions.

Élection des consuls romains[modifier | modifier le wikicode]

Avoir eu une activité militaire est obligatoire pour devenir consul (qui est le chef de l'armée). Jusqu'à la fin du IIIe siècle av. J.-C. il faut avoir fait au moins dix campagnes militaires dans la cavalerie (c'est à dire à l'époque plus de dix années). Par la suite si le service militaire reste obligatoire le nombre de campagne n'est plus pris en compte. Ces conditions supposent donc d'être âgé et assez fortuné (achat et entretien du cheval).

Seules les familles riches et pourvues d'une nombreuse clientèle peuvent soutenir un des leurs dans les frais et les moyens humains nécessaires pendant une campagne électorale. Ou alors il faut obtenir le soutien de financier (ce sera la cas de Jules César qui se fera financer par le richissime Crassus). À partir du IIIe siècle av. J.-C., l'accès au consulat est entre les mains de la nobilitas (c'est-à-dire, des familles qui ont eu un ou plusieurs ancêtres consuls), les hommes nouveaux (c'est-à-dire sans ancêtres consulaires) n'apparaissent que de manière épisodique.

Afin qu'il ne bénéficie pas des avantages procurés par l'exercice de la fonction, la tradition veut que l'on soit simple citoyen quand on décide de se présenter. Donc un consul sorti de charge ne peut être de nouveau candidat qu'après un intervalle d'une année. En 151av. J.-C., une décision populaire interdit le renouvellement du consulat, mais rapidement cette mesure sera oubliée ainsi Marius est élu plusieurs années de suite (107, puis 104, 103, 102 , 101, 100).

Ce n'est qu'à partir de 180 {{avjc}) que l'obligation d'avoir été auparavant édile puis préteur est exigée pour se présenter au consulat. Il fallait alors avoir 41 ans. En 80, l'âge est porté à 43 ans et l'obligation d'avoir été édile est supprimée par une décision du dictateur Sylla. De plus on exige désormais un intervalle de dix années entre deux consulats. Mais il y a eu des exceptions ( ainsi Pompée le Grand a été élu consul à l'âge de 34 ans).

Après le consulat[modifier | modifier le wikicode]

Les consuls sortis de charge sont nommés comme proconsuls à la tête des provinces de l'empire romain pendant au moins un an.

Tous les cinq ans, les anciens consuls peuvent être élus comme censeurs, par les comices centuriates.

Les consuls sont inscrits en tête de l'album sénatorial, liste dans laquelle les censeurs choisissent les sénateurs.

À partir du principat d'Auguste, plusieurs empereurs romains se feront élire comme consuls.

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