Histoire de la scolarisation en France

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La scolarisation est le fait pour une personne d'aller régulièrement à l'école. À l'échelle d'un pays, c'est le nombre et la part des enfants et adolescents qui fréquentent l'école, le nombre d'années qu'ils y passent et si c'est leur activité principale ou qu'ils ont d'autres activités au cours de la semaine ou de l'année.

En France, la scolarisation des enfants et des adolescents est très ancienne mais a connu un grand essor au XIXe siècle. Les trois grands objectifs de cette époque étaient : étendre l'école élémentaire en la rendant obligatoire et gratuite, laïciser l'enseignement pour réduire l'influence de l'Église catholique et ouvrir l'enseignement secondaire aux enfants provenant des classes sociales populaires.

Le développement de l'école élémentaire[modifier]

Leçon particulière dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Tableau de J-B Chardin
Sous la monarchie d'Ancien Régime

Avant la Révolution de 1789. L'enseignement élémentaire, celui où on apprend à lire, écrire et compter, a longtemps relevé de l'initiative privée. Les familles les plus fortunées engageaient un précepteur qui instruisait voire éduquait leurs enfants. Dans quelques villages, des prêtres catholiques, eux aussi sous-formés jusqu'au milieu du XVIe siècle, faisaient quelques heures de cours en hiver pour les enfants des paysans. Cependant Louis XIV en lutte pour éliminer le protestantisme de son royaume, s'intéresse à l'enseignement élémentaire. En 1698, il ordonne à chaque communauté villageoise d'ouvrir une école dont le maître sera un prêtre catholique ou une personne choisie par le prêtre. L'ordre est renouvelé par Louis XV en 1724. Un peu partout des écoles de villages ou de quartiers s'ouvrent. Cependant, le taux d'alphabétisation reste faible. À la veille de la révolution de 1789, seuls 47% des hommes et 27% des femmes savaient signer le registre des mariages.

Sous la Première république et le Premier Empire

Pendant la révolution de 1789, de nombreux projets d'organisation de l'enseignement, sans intervention de l'Église catholique, sont proposés par Talleyrand, Condorcet, Lakanal et Daunou. Mais la période très troublée et le manque dramatique de moyens financiers ne permirent pas l'installation d'un système d'instruction élémentaire. Napoléon Ier ne s'intéresse qu'à l'enseignement secondaire et à l'enseignement supérieur. Cependant, les congrégations religieuses spécialisées dans l'enseignement, qui avaient été chassées pendant la Révolution, sont autorisées à revenir. Les Frères des écoles chrétiennes ouvrent de nombreuses écoles.

Pendant la première moitié du XIXe siècle

Deux ordonnances de Louis XVIII imposent l'ouverture d'une école de garçons puis d'une école de filles dans chaque commune. Mais elles seront peu appliquées.

En 1833, la loi proposée par Guizot est le premier pas important dans le développement de l'enseignement élémentaire. Elle oblige chaque commune de plus de 500 habitants à ouvrir une école publique de garçons. En 1836, une nouvelle loi permet aux communes volontaires d'ouvrir une école publique de filles. Mais ce n'est qu'en 1850, que la loi Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école publique de filles. Cette loi organise le contrôle du recrutement des maîtres et de l'enseignement par l'Église catholique. En 1867, la loi proposée par Victor Duruy, permet aux communes qui le désirent de financer l'école pour les pauvres. Le résultat de toutes ces mesures est spectaculaire. Vers 1875, 78% des hommes et 66% des femmes savaient signer le registre des mariages.

Sous la Troisième république
Une mairie-école datant de la Troisième République

Le plus gros de l'effort de scolarisation étant accompli, il reste à persuader les familles récalcitrantes (le plus souvent par manque de moyens financiers) d'envoyer leurs enfants à l'école. En 1881, le républicain Jules Ferry, fait voter une loi établissant la gratuité de l'enseignement élémentaire public. L'école étant désormais gratuite on peut la rendre obligatoire. C'est l'objet d'une seconde loi Jules Ferry en 1882. la scolarité est alors fixée de 6 à 13 ans (quelquefois 12 pour les élèves les plus brillants qui peuvent passer le Certificat d'études primaires dès leur onzième année !). En 1936, pendant le Front populaire, la scolarité obligatoire est portée à 14 ans (loi Jean Zay). Déjà en 1911, 96% des 20-24 ans étaient alphabétisés. Désormais c'est sur le nombre de jours scolaires dans la semaine et l'année que va porter l'effort de scolarisation. Depuis Jules Ferry, en plus du repos du dimanche, un jour de la semaine (le jeudi) était laissé à la disposition des familles. Les enfants travaillaient donc cinq jours sur sept. Puis la présence scolaire du samedi après midi est supprimée. Enfin à la rentrée 2008, à l'école élémentaire, le samedi devient totalement sans classe.

Le développement de l'enseignement secondaire[modifier]

Le lycée Chaptal à Paris

L'enseignement secondaire avait pour but principal de commencer la formation intellectuelle des « cadres » civils, militaires et religieux nécessaires au fonctionnement du pays. Il a vite retenu l'attention des autorités royales et de l'Église catholique. Pendant longtemps il n'a concerné que les garçons des classes dirigeantes (petite noblesse et bourgeoisie). Dans les années 1970, l'enseignement secondaire a absorbé une part de plus en plus grande des jeunes pour les concerner presque tous aujourd'hui.

Avant la révolution de 1789

L'enseignement secondaire était donné dans des collèges tenus par les jésuites jusqu'à leur expulsion en 1764 et les oratoriens dispensant leur formation à la jeunesse aisée (uniquement les garçons).

Sous la révolution française et le Premier Empire

La Révolution abolit les ordres religieux et tente d'installer un enseignement secondaire laïc avec la création des écoles centrales (1795). En 1802, Napoléon Bonaparte supprime les écoles centrales et les remplace par 36 lycées de garçons. Son but est de former des cadres compétents et tous dévoués au régime mis en place. Le recrutement des lycéens est toujours fait parmi les enfants de la bourgeoisie et de la petite noblesse.

Sous la Troisième république

En 1879, Camille Sée fait voter la création des lycées de jeunes filles. En 1881, seulement 1% des jeunes obtenaient le baccalauréat. L'augmentation des effectifs de l'enseignement secondaire va commencer avec le gratuité des études accordée en 1930 et les premières allocations familiales mises en place.

Depuis 1945

À côté des lycées (qui regroupaient les enfants de 11 à 18 ans) on développe après la guerre, les collèges d'enseignement général (CEG), où des enfants issus de classes sociales modestes reçoivent un enseignement dit « moderne » (sans l'étude du latin et du grec). Des instituteurs ayant reçus une formation dans deux matières y enseignaient. En 1957, l'examen d'entrée en sixième est supprimé. Une partie plus importante des élèves de l'enseignement élémentaire accède alors à l'enseignement secondaire. En 1959, la scolarité est portée à 16 ans (avec application progressive jusqu'en 1967).

En 1963, sont créés les collèges d'enseignement secondaire (CES) où tous les enfants de 10-11 à 14-15 ans sont regroupés mais suivent des enseignements en partie différents (les trois filières : classique, moderne et de transition-pratique). En 1963, la mixité est imposée dans l'enseignement secondaire. En 1970, 20% des jeunes obtiennent le baccalauréat. À côté des lycées généraux se développent les lycées techniques et les collèges d'enseignement technique (CET) plus orientés vers les formations industrielles et professionnelles.

En 1975, la loi Haby, transforme les CES en collège (dit unique) où tous les collégiens reçoivent le même enseignement. En 2005, environ 65% des jeunes obtiennent le baccalauréat (toutes filières confondues).

Voir aussi[modifier]

  • Écoles centrales de 1795, École centrale de 1829
  • École centrale de Bruxelles ou École centrale du département de la Dyle
  • Histoire des universités françaises
  • Lycée en France.

Source[modifier]

  • Dimitri Demnard, Dominique Fourment :Dictionnaire d'histoire de l'enseignement, Jean-Pierre Delarge.

Vikilien pour compléter sur l'éducation en France[modifier]