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Déclaration de guerre de la France à l'Autriche (1792)

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Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l' Autriche. La décision a été prise, avec des motivations différentes, par le roi Louis XVI et la quasi unanimité des députés de l'assemblée législative ; rares ont été dans le pays les opposants à cette décision. La guerre va dans un premier temps aboutir à la disparition de la monarchie en France. Jusqu'en 1815, quasiment sans arrêt, les armées françaises vont combattre en Europe et y semer les idées révolutionnaires nées en 1789.

L'Europe monarchique et la France révolutionnaire[modifier]

Très rapidement l'Europe aristocratique et monarchique devient l'ennemie de la Révolution française. Les aristocrates condamnent l'abolition des privilèges de la noblesse et du clergé catholique qui sont des fondements économiques de l'ordre social ancien dont ils sont les bénéficiaires. L'irruption de la bourgeoisie dans les affaires politiques, alors que jusque là elle était maintenue loin du pouvoir, menace les privilèges dont l'aristocratie disposait pour accéder aux postes importants de la politique, de l'armée ou de l'Église catholique. La limitation des pouvoirs imposée au roi Louis XVI révulse les souverains européens qui, excepté au Royaume-Uni sont tous des rois absolus. Habitués à s'échanger des territoires et les populations y vivant, les souverains rejettent totalement l'idée que les peuples puissent choisir sous quelle autorité ils veulent vivre. L'accueil embarrassé mais compréhensif manifesté par l'Assemblée constituante à la demande des Avignonais d'être rattaché à la France les inquiète. Aussi en juillet 1791, à Pillnitz, l' Autriche et la Prusse, menacent d'intervenir dans les affaires intérieures françaises afin d'étouffer la contagion révolutionnaire.

Mais pas un pays ne bouge. Les souverains italiens, espagnol, allemands sont trop faibles pour être menaçants. Le Royaume-Uni n'est pas mécontent de voir la France, son adversaire colonial et économique, affaiblie par les changements révolutionnaires. L'Autriche, La Prusse et la Russie sont accaparées par un nouveau partage de la Pologne et par la guerre contre les Turcs. Mais le 1er mars 1792, en Autriche, le jeune François II succède à son père l'empereur Léopold II et est plus favorable à une intervention contre la France.

Partisans et adversaires français de la guerre[modifier]

Une grande partie des députés « conservateurs » sont pour une guerre limitée avec l'Autriche, guerre qu'ils pensent devoir être courte. Ils espèrent que les généraux victorieux (en particulier La Fayette) pourront se servir de leur armée pour arrêter l'évolution de la révolution vers plus de démocratie sociale et politique. Les Girondins, députés démocrates, très influencés par les nombreux exilés européens qui vivent à Paris, sont partisans d'une croisade de la liberté menée par la France révolutionnaire pour délivrer les peuples européens opprimés par leurs souverains. De plus, ils pensent que la guerre va obliger le roi a choisir son camp : pour ou contre la révolution ? La guerre, en faisant l'union des Français derrière leur gouvernement, permettrait aussi de calmer les tensions sociales qui deviennent violentes pendant l'hiver 1792. Enfin, la fourniture de matériel aux armées fournirait des bénéfices considérables à la bourgeoisie d'affaires dont les Girondins sont les porte-paroles. Le roi Louis XVI est aussi partisan de la guerre. Il espère que les armées françaises y seront vaincues ; alors les souverains européens vainqueurs rétabliraient la monarchie absolue en France.

Les opposants à la guerre sont très peu nombreux. Quelques conservateurs, dont Barnave, ont peur que la guerre provoque des bouleversement sociaux et politiques néfastes à la domination des riches qu'ils ont organisée depuis 1789. Parmi les démocrates, Robespierre, est un des rares opposants. Pour lui le premier ennemi à combattre est en France, où les contre-révolutionnaires sont encore nombreux. Il craint que la guerre ne débouche sur une intervention des généraux dans la vie politique et sur l'installation d'une dictature militaire qui détruirait les conquêtes encore insuffisantes de la Révolution.

Le 10 mars, les ministres conservateurs et pacifistes, menacés de procès pour trahison, démissionnent. Louis XVI les remplace par des Girondins, en particulier le général Dumouriez qui devient ministre des Affaires étrangères. Le 20 avril 1792, seuls sept députés votent contre la déclaration de guerre à l'Autriche.

Une armée française affaiblie[modifier]

L'armée française dispose alors d'environ 120 000 soldats. Pour la renforcer, l'assemblée constituante a organisé un recrutement de volontaires, mais seulement un tiers des 100 000 hommes attendus s'engagent ! Les soldats sont très indisciplinés : ils fréquentent les clubs politiques, votent des pétitions, refusent le maintien des mesures disciplinaires sévères en vigueur dans l'armée royale. Ils refusent souvent d'obéir à des officiers qu'ils jugent contre-révolutionnaires. De nombreuses mutineries se déroulent dans la marine de guerre et dans l'armée de terre.

Une grande partie des officiers a quitté l'armée et les deux tiers ont émigré. Dans l'armée royale d'avant 1789, les officiers étaient surtout des nobles. Ceux-ci refusent la perte des privilèges de leur ordre, l'abolition des droits seigneuriaux de leurs familles, mais aussi la fin de l'exclusivité d'accès aux postes de commandement. Pour les remplacer on fait appel aux anciens sous-officiers de l'armée royale, certes des soldats expérimentés mais qui ont une formation théorique assez limitée. Les jeunes bourgeois qui ont fait leurs premières armes dans la garde nationale sont aussi promus officiers.

C'est donc une armée affaiblie et en partie inexpérimentée qui va devoir affronter l'armée autrichienne à laquelle va se joindre, en juillet, la redoutable armée prussienne

Sources[modifier]

  • François Furet, La Révolution française, Fayard
  • Georges Lefèbvre, La Révolution française, PUF
  • Albert Soboul, La Révolution française, collection Idées, Gallimard


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