La Chanson de Craonne

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Cette chanson a été créée en 1917 par un poilu. Son nom est inconnu car ses camarades ont refusé de le dénoncer, même si la récompense pour sa dénonciation était de 1 millions de franc (soit 152 mille euros environ). Cette chanson est une chanson politiquement engagée. Son thème principal est la lassitude des soldats, la dénonciation de la guerre. Elle est engagée politiquement d’extrême gauche, et est anticapitaliste. Ce mouvement a été influencé par la Révolution russe d'Octobre 1917. Il était interdit de chanter, ou même de la siffler, sous peine d'avoir de gros problèmes.

Un parc dans Craonne, lieu de la bataille du plateau de Craonne, où fut écrite la chanson

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

En 1917, depuis deux ans, les armées vivent et combattent dans des tranchées. Des offensives meurtrières et sans avancées ont étés lancées (Bataille de Verdun en 1916, Bataille du chemin des Dames en 1917...) et ont fait des millions de morts pour quelques centaines de mètres gagnés. Le moral des soldats est très bas. Les mutineries se multiplient, incitant le soldat à écrire cette chanson.

Paroles[modifier | modifier le wikicode]

Paroles du chant
Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

Refrain

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance Que ce soir viendra la r'lève Que nous attendons sans trêve Soudain dans la nuit et dans le silence On voit quelqu'un qui s'avance C'est un officier de chasseurs à pied Qui vient pour nous remplacer Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

Refrain
C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire Si pour eux la vie est rose Pour nous c'est pas la même chose Au lieu d'se cacher tous ces embusqués F'raient mieux d'monter aux tranchées Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien Nous autres les pauv' purotins Tous les camarades sont enterrés là Pour défendr' les biens de ces messieurs là

Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour, messieurs les gros

De monter sur le plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

Audition: [1] commentaires historiques sur la chanson.

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