Jomo Kenyatta

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Jomo Kenyatta (à droite) recevant le président allemand (RFA) Heinrich Lübke et son épouse. 1966. L'enfant est Uhuru Keynatta, fils de Jomo, président du Kenya depuis 2013.

Jomo Keynatta (Le Javelot flamboyant du Kenya) est né vers 1893 près de Gatundu, en pays kikuyu au Kenya et est décédé le 22 août 1978 à Mombasa (Kenya). Dirigeant nationaliste africain, adversaire de la colonisation britannique au Kenya, il a été le premier président du Kenya après la déclaration de l'indépendance en 1963 et le restera jusqu'à sa mort.

La formation[modifier | modifier le wikicode]

Vers 1909, Kamau Johnstone wa Nengi (nom d'origine de Jomo Kenyatta) étudie dans une école de missionnaires. Puis vers 1919 il s'installe à Nairobi et devient employé de la municipalité. Grâce à ses connaissances linguistiques (en kikuyu, en swahili (langue véhiculaire de l'Afrique orientale) et en anglais), il devient traducteur pour le KCA un groupement de défense des intérêts africains. Rapidement il devient un cadre permanent du KCA et en 1928, il en dirige le journal.

En 1929, il est envoyé à Londres, auprès du Colonial Office (ministère chargé des colonies britanniques) pour y défendre le point de vue des Kényans. Il se rend également à Moscou, alors la capitale du mouvement communiste international, (qui soutient les mouvements anti-colonialistes).

Après un bref retour au Kenya, en 1930, il repart pour Londres où il va rester pendant 16 années. Il fréquente épisodiquement les milieux proches du parti travailliste et entreprend la rédaction d'une étude ethnographie sur le peuple kikuyu qu'il publie en 1938 sous le titre Au pied du mont Kenya. C'est alors qu'il prend le nom de Jomo Kenyatta. Pour survivre il passe d'un petit emploi à l'autre.

En 1945, il participe au congrès panafricaniste qui se tient à Manchester. En 1946, il décide de rentrer dans son pays.

La lutte pour l'indépendance[modifier | modifier le wikicode]

Avant la Seconde Guerre mondiale, la lutte anti-colonialiste s'est développée au Kenya. Dans le mouvement politique KAU (Kenya Africa Union), auquel adhère Jomo Kenyatta, il y a de nombreux partisans des actions violentes contre le colonisateur britannique. Kenyatta refuse de soutenir le mouvement secret des mau-mau et leur appel au soulèvement généralisé. Pourtant les Britanniques l'arrêtent en 1952. Son procès (truqué) et sa condamnation en 1953, en font un martyr de la cause de l'indépendance kenyane. Après cinq années de lutte la révolte mau-mau est écrasée dans le sang par les Britanniques.

Mais partout en Afrique, les nationalistes luttent et obtiennent leur indépendance. Les Kenyans adoptent alors des moyens plus pacifiques, comme les syndicats et l'action politique légale. Les Britanniques se résignent à accorder l'indépendance. Jomo Kenyata sort de prison en 1961. En 1963, les Britanniques le nomment Premier ministre d'un pays en marche vers l'indépendance, puis en 1963 il est le premier président élu du Kenya.

Le président[modifier | modifier le wikicode]

Jomo Kenyatta était un nationaliste, défendant la cause des noirs africains, il lutta contre les régimes racistes installés en Afrique du Sud et en Rhodésie du Sud.

Mais il avait des opinions modérées, il ne croyait pas aux bouleversements socio-économiques nés d'une révolution politique. Son premier souci a été de rassurer les colons britanniques pour les encourager à rester au Kenya (qui manquait de cadres locaux pour assurer le fonctionnement du pays). Le transfert de propriété de la terre se fera progressivement (les acheteurs africains bénéficiant de prêts d'origine britanniques). Jomo Kenyatta souhaitait la formation d'une bourgeoisie d'origine africaine qui serait associée au pouvoir politique.

Alors que de nombreux pays africains récemment indépendants cherchaient leur modèle dans le camp communiste, Jomo Kenyatta était pro-occidental, donc partisan du capitalisme privé qui pouvait apporter les capitaux et la technologie nécessaires au développement du Kenya. Ce choix s'il permit la mise en place d'une économie dynamique aggrava également les inégalités sociales.

Du point de vue politique, Jomo Kenyatta était très autoritaire. Auréolé de son rôle de « père de la Nation » il ne supportait pas la contestation. Le parti KADU (Kenya African National Union) devint en fait un parti unique. Sa politique, le clientélisme qui se mettait en place, provoquaient des oppositions. Celles-ci furent combattues, ainsi en 1966, la KPU (Kenya People's Union) créée par des dissidents de la KADU fut interdite.

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