Cérémonies religieuses au Niger

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Le Niger, immense pays de l’Afrique de l’Ouest couvre une superficie de 1.267.000 km² pour une population de 21.466.863 habitants composée de neuf (9) ethnies reparties dans les huit (8) régions du pays.

La république du Niger est laïque mais fortement islamisée (98%). Cet état de fait explique aisément la dominance des pratiques musulmanes dans tous les événements sociaux et religieux des nigériens.

De la naissance aux rites douloureux des funérailles en passant par le mariage, la vie est jalonnée d'événements dont le fondement est inspiré de la religion musulmane1.

Célébration du baptême[modifier | modifier le wikicode]

Marabouts citant la fatiah lors d'un baptême au Niger
En principe dans notre tradition, la naissance d’un enfant survient, de l’union d’un homme et d’une femme. Avoir un enfant est le plus beau cadeau que nous réserve Dieu après le mariage.

Chez les musulmans, quelques minutes après la naissance du bébé2, la première chose qu’il faut faire, c’est de prononcer les paroles de l'appel à la prière dans ses oreilles. La raison la plus plausible avancée pour expliquer cette pratique est que celle-ci a pour but de faire en sorte que le nom d’Allah soit la première chose qui imprègne le subconscient de l’enfant. Il est aussi recommandé de lui faire avaler quelques gouttes d'eau dans laquelle une datte est trempée à l'avance.

Une semaine après la naissance du bébé, il est organisé une cérémonie de baptême pour donner un nom au nouveau-né. C’est ce qu’on appelle « bon-cabey » en Zarma ou « Zanan-suuna » en Haousa.

Le baptême est une "sounat", c'est-à-dire une tradition fortement recommandée en islam. C'est un grand événement dans la vie d'une famille. C'est une occasion de fête, d’expression de joie et de gaieté chez tous les membres de la famille,les voisins, les amis, etc.

A cet titre des grosses dépenses sont faites, quelquefois exagérées, mais à la mesure du bonheur que cet événement procure aux parents.

Baptême au Niger
Généralement, le jour de l’accouchement détermine le jour du baptême (le 7ème jour). L'organisation commence dès la veille. La cours et les devantures de la maison sont bien balayées, on s'assure que tout le matériel est bien en place. Les femmes restent tardivement pour préparer le petit déjeuner (bouillie de mil, sauce de viande, etc.)

Le baptême se déroule généralement très tôt le matin (entre 7 heures et 8 heures) . Un gros mouton est d'abord égorgé en soufflant le nom d'Allah et nouveau-né, puis la "fatiya" est prononcée par un collège de marabouts, le plus souvent à la devanture de la maison. Les gens viennent ensuite saluer les parents et formuler les vœux les meilleurs pour l’enfant. Les griots ne sont pas en reste, c’est l’occasion pour eux aussi d’étaler tout leur talent et s’attirer les faveurs des heureux parents, de leurs amis ou d’autres invités qui peuvent mériter d’être flattés. C’est ensuite le point de départ de la ripaille composée d’une variété d’aliments parfois jusqu'au soir.

Le mariage au Niger[modifier | modifier le wikicode]

Dans la religion musulmane, le mariage est défini comme une loi que Dieu a établi dans la création et la formation des mondes. Dans le code civil, le mariage est conçu comme l'association de l’homme et de la femme qui s’unissent pour perpétuer leur espèce, pour s’entraider par des secours mutuels, à porter le poids de la vie et pour partager leur commune destinée.
Demande en mariage au Niger

La conception traditionnelle quant à elle voit dans le mariage une union de deux familles, et au de-là, de deux communauté. Le mariage s’entend également comme l’acte par lequel le couple se place dans une situation juridique et religieuse durable afin d’organiser une vie commune et de préparer une famille.

Le mariage est ainsi un acte officiel et solennel dont le but est de constituer une famille. Ainsi, la solennité du mariage impose une célébration devant un officier d’état civil ou encore devant une autorité religieuse. C’est ainsi que le mariage coutumier connait beaucoup de formalités et de cérémonials, des préparatifs à la célébration. Le mariage renforce la solidarité, l’unité et la cohésion familiale et sociale.

Dans le mariage, il y a beaucoup de cérémonies et l’une des plus importantes c’est l’accord entre deux jeunes. Selon la tradition, cette première étape consiste, pour le prétendant, à se rendre dans la famille de la jeune fille pour la demande en mariage.

Le prétendant doit rencontrer la fille en présence de son ami à lui et de son amie à elle. Si la fille donne son accord, le jeune homme doit prendre avec elle un objet qu’il amène chez ses parents comme preuve. Cet objet peut être une bague, un foulard, un mouchoir ou tout autre objet reconnu bien à elle.

Après cette première étape, les parents du jeune homme prépare une visite aux parents de la fille pour formaliser la demande au niveau familial, où ils se rendent munis d’un cadeau qui peut être en espèce ou en nature (mais ce ne sont pas les parents génétiques de l’un ou l’autre).

Après cette demande en mariage, les parents de la fille, côté paternel et côté maternel, se réunissent pour approuver la demande et accepter de recevoir la dot.

Avant, quand la tradition était respectée, la dot, constituée généralement des objets en nature (bétail par exemple), est la propriété exclusive de la jeune fille et ces objets lui servent de capital utilisable pour ses besoins une fois mariée. Mais de nos jours la dot est constituée uniquement d’argent liquide et la mariée n’en voit rien du tout.
Célébration d'un mariage au Niger

Ce changement s’explique, notamment par le fait qu'aujourd'hui les dépenses inhérentes au mariage étant faramineuses, la dot est utilisée par les parents de la fille pour combler certaines de ces dépenses, notamment pour l'achat des meubles, la décoration, les provisions pour le nouveau couple, la valise3 du jeune marié et les divers cadeaux à sa famille, etc. Parfois la dot n’arrive même pas à couvrir un dixième de ces dépenses.

Après cette étape de la dot, interviennent la valise de la jeune mariée et le choix de la date du mariage. Concernant la valise de la jeune mariée, il y a de grands changements de nos jours. Avant, les parents du jeune marié remplissaient une valise d’habits de toutes sortes, de chaussures, parfums, savons et autres articles de maquillage destinés à la jeune femme. La valise est annoncée en même temps que la dot. Elle est exposée à la vue des visiteurs, ou transportée de maison en maison pour être montrée aux voisins, parents, amis et connaissances. Avant les articles n’étaient pas tellement coûteux, mais de nos jours une valise d’une mariée peut avoisiner 600.000 à 1.000.000 F CFA sinon très nettement au delà pour les plus nantis.

Après toutes ces formalités citées ci-haut, vint le jour tant attendu c’est-à-dire le jour du mariage, c’est le lieu de dire que ce jour est le dernier des deux mariés en tant que célibataires et le premier en tant que responsables dans un foyer.

le jour du mariage de bonne heure, parents, amis, voisins, connaissances du jeune marié et de sa famille, de la jeune mariée et de sa famille, les marabouts et les griots invités pour la circonstance se regroupent tous devant la maison du père de la fille où ils seront bien accueillis et bien installés sur des chaises, parfois sous des hangars et c’est là par le biais des marabouts, on fait témoigner tout ce beau monde par une "fatiya" et par la distribution des dattes et de la kola aux invités afin que le bon Dieu descende sa miséricorde, sa grâce, sa protection, son bonheur sur le couple et qu’ils soient ensemble jusqu'à ce que mort les sépare.

les funérailles au Niger[modifier | modifier le wikicode]

« Toute âme goûtera à la mort, de Dieu nous venons à lui nous retournerons ». Ce verset du coran réconforte tout musulman qui perd un être aussi cher soit-il.

La mort d’une personne est toujours douloureuse mais c’est malheureusement dans l’ordre normal des choses, d’autres naissent et d’autres meurent.

Les rites funéraires4 commencent par la lotion et le lavage du mort. Les hommes lavent un homme décédé et le lavage d’une morte est exclusivement réservé aux femmes et d’ailleurs c’est la seule fois que les femmes sont sollicitées.

Après les prières mortuaires, le corps est convoyé aux cimetières pour être exhumer en présence des parents, amis et connaissances dans une atmosphère lourde et pleine de tristesse.

Après l’enterrement, une "Fatiah" est dite au domicile du défunt et les plus proches parents restent pour recevoir les condoléances. Le troisième et le septième jour, une lecture du coran est initiée pour le repos de l’âme du disparu. Le quarantième jour, une autre "Fatiah" est dite pour le repos éternel et la compassion du défunt.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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