Ouvriers de l'industrie au XIXe siècle

L’ouvrier de l'industrie apparaît au XVIIIe siècle lors de l'industrialisation, mais il prend une place importante dans l'économie et la société au XIXe siècle.
Les ouvriers viennent des campagnes européennes, qui rejettent leur main-d'œuvre excédentaire à cause de changements dans l'utilisation de la terre. Une partie des ouvriers est aussi issue de la classe ouvrière existante, dont les enfants n'accèdent pas à d'autres métiers.
Les conditions de travail sont imposées par le rythme des machines-outils, qui fonctionnent en continu et exigent une présence constante des ouvriers. La compétence technique ou la force physique ne sont pas toujours nécessaires, car la machine est actionnée par l'énergie d'une machine à vapeur. Cela permet d’embaucher femmes et enfants en grand nombre, surtout dans l'industrie textile très mécanisée.
La journée de travail est très longue : on travaille six jours par semaine, sans vacances. Les salaires couvrent à peine les besoins essentiels. Jusqu’aux années 1880, il n’existe aucune protection sociale (assurance-maladie, chômage, accidents du travail, retraite). L'ouvrier qui ne travaille pas n’a aucun revenu.
D'où viennent les ouvriers industriels?[modifier | modifier le wikicode]

Pour la plupart, les ouvriers viennent du monde rural. Dans les îles Britanniques, ce sont des paysans chassés de leurs terres par le mouvement des enclosures, qui commence au XVIe siècle et s’intensifie au XVIIIe siècle : les grands propriétaires ont clôturé leurs parcelles pour élever des moutons. La demande en laine dans l'industrie textile remplace de nombreux cultivateurs par quelques bergers. Les paysans sans emploi migrent vers les villes, où l'industrie textile se développe.
En Allemagne, le partage des terrains communaux au XVIIIe siècle a eu le même effet. Les paysans qui dépendaient de ces terres doivent quitter la campagne.
Certains ouvriers viennent de l'artisanat rural ou urbain. Les paysans fabriquaient des objets ou filaient et tissaient la laine pour compléter leurs revenus. Avec l'arrivée du coton, ces activités disparaissent : les usines produisent plus vite et moins cher. Les tisserands à domicile subissent la concurrence des machines à vapeur et doivent travailler en usine, souvent dans des corons.
Aux États-Unis, l'industrialisation commence dans les années 1850 et recrute des immigrants européens. Les premiers deviennent paysans, mais les vagues d'immigrants suivantes ne peuvent devenir que des ouvriers.
Une fois ouvriers industriels ou prolétaires, les familles ont souvent beaucoup d'enfants. Les enfants travaillent dès le plus jeune âge et participent aux revenus familiaux.
Qui sont les ouvriers industriels ?[modifier | modifier le wikicode]
Au XIXe siècle, l'industrie la plus gourmande en main-d'œuvre est l'industrie textile (coton et laine). Les femmes représentent environ la moitié des effectifs et les enfants jusqu’au tiers. Dans la métallurgie, plus exigeante physiquement, les hommes sont majoritaires.
Sauf au Royaume-Uni, le monde ouvrier industriel est une petite partie de la population. En France vers 1860, les ouvriers (y compris artisanaux) sont 2,5 millions pour 37,5 millions d’habitants.
Les conditions de travail[modifier | modifier le wikicode]
La révolution industrielle crée l'usine, qui remplace l'atelier artisanal ou la manufacture.
Les changements apportés par la machine à vapeur[modifier | modifier le wikicode]

L'usine du XIXe siècle regroupe des machines autour d'un moteur central, la machine à vapeur ; il peut y en avoir plusieurs par usine. Les machines n’ont pas de moteur propre et sont reliées au moteur central par des tringles, poulies, engrenages, chaînes, courroies...
La machine doit travailler sans interruption. Même si elle fonctionne sans effort humain, l’ouvrier doit surveiller, approvisionner et évacuer les produits finis. Le contremaître veille à ce que chacun reste « à son poste ».
Un travail dangereux[modifier | modifier le wikicode]

Au XIXe siècle, le travail en usine est dangereux. Les machines ne sont pas protégées. Cheveux ou vêtements peuvent se prendre dans les engrenages. Les produits chimiques, solvants et chlore sont manipulés sans protection. Dans la sidérurgie et la métallurgie, les ouvriers travaillent souvent torse nu près des hauts fourneaux. Les accidents sont fréquents et aucune assurance n’existe.
Un travail peu qualifié[modifier | modifier le wikicode]

La machine produit des objets automatiquement. L'ouvrier ne fait que surveiller et accomplir des tâches élémentaires. Seuls les mécaniciens et opérateurs de la machine à vapeur ont besoin de qualification. Les femmes et les enfants remplacent la force des hommes adultes.
Une journée de travail très longue[modifier | modifier le wikicode]
Les journées durent 12 à 15 heures, six jours par semaine. Les enfants commencent à travailler très jeunes. La loi française de 1841 limite le travail des 8-12 ans à 8 heures par jour dans les usines à vapeur. La pause déjeuner est courte, souvent au pied de la machine.
Des salaires très faibles[modifier | modifier le wikicode]
Le salaire couvre à peine le strict nécessaire : nourriture, logement, vêtements, chauffage. Les femmes et enfants sont moins payés que les hommes. Il n’existe pas de protection sociale.
Exemple en 1848 à Rouen (industrie textile) : un homme gagne 1,9 à 2,7 francs/jour, une femme 1 à 1,3 franc, un enfant 0,5 à 0,7 franc. Prix : pain 0,20-0,25 franc/kg, beurre 0,5 franc/250 g, lait 0,15 franc/l, loyer 0,20 franc/jour, charbon 0,20 franc/jour. Les soins médicaux et les repas complets sont presque inaccessibles.
Vikilien pour compléter sur la production d'objets[modifier | modifier le wikicode]
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