Kolkhoze

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Propagande pour encourager les paysans à rejoindre les kolkhozes

De 1918 à 1991, en URSS, le kolkhoze était une ferme coopérative. À partir de 1930, les kolkhozes regroupaient la plus grande partie des paysans soviétiques. L'histoire de l'organisation des kolkhozes est très mouvementée ce qui a souvent provoqué des crises alimentaires très graves et même une répression très importante au moment de leur extension quasi obligatoire à partir de 1928.

Fonctionnement du kolkhoze[modifier | modifier le wikicode]

En 1928, les communistes soviétiques décident la collectivisation de l'agriculture. Les paysans indépendants sont regroupés dans les kolkhozes (exploitations agricoles collectives). Ils remettent au kolkhoze leur terre, leur bétail, leur matériel agricole. Les familles paysannes sont regroupées en brigades de travail. Le kolkhoze est dirigé par une équipe d'élus (le plus souvent des membres du parti communiste) qui fixent à chaque brigade le travail à faire. La production agricole est en partie, prélevée par l'État sous forme d'impôt. Le reste est vendu à des magasins de l'État qui fixe le prix d'achat. Les sommes obtenues sont alors partagées entre les paysans. La rémunération du travail est calculée sur le système de « journée de travail » dont la valeur est différente selon la tâche accomplie. Par ailleurs l'État fixe des objectifs de production pour chaque kolkhoze mais il finance des « stations de machines et de tracteurs » (MTS) qui louent leur matériel aux kolkhozes qui en font la demande.

Évolution du kolkhoze[modifier | modifier le wikicode]

Les premiers kolkhozes ont été créés à partir de novembre 1918. Le décret sur la terre du 8 novembre avait décidé la confiscation de la grande propriété privée et en confiait l'avenir aux soviets locaux composés pour la plupart par des petits paysans ou des ouvriers agricoles. Une grande partie des terres ainsi libérées ont été partagées par les paysans. Peu ont suivi les recommandations des bolcheviks-communistes d'exploiter les terres en commun, c'est-à-dire de créer des kolkhozes. En 1927 on compte moins de 15 000 kolkhozes, soit environ 2% de la population agricole.

En 1928, la décision des communistes de collectiviser les campagnes va augmenter considérablement le nombre de kolkhozes. Malgré l'opposition violente d'une partie des paysans, en mars 1930, près de 60% des terres étaient collectivisées. En 1932, pour atténuer l'opposition des paysans et relancer la production agricole le gouvernement décide que le surplus de production (après retenue pour le fonctionnement du kolkhoze) ne sera plus totalement acheté par l'État. Le kolkhoze devra livrer une quantité fixée et le surplus éventuel sera à sa libre disposition des paysans. En 1935, le gouvernement autorise les kolkhoziens à cultiver un enclos familial pris sur les terres du kolkhoze. Cet enclos a une surface limitée (quelques dixièmes d'hectares) et sa production appartient aux paysans qui en disposent comme ils veulent. Les paysans passent beaucoup de temps dans leur enclos, détournent une partie des semences et du matériel collectif, mais les administrateurs locaux du kolkhoze ferment les yeux du moment que les objectifs fixés par le gouvernement sont atteints. L'enclos familial devient alors une source importante de l'approvisionnement des villes et améliore sensiblement le niveau de vie des kolkhoziens. Cependant en 1939, profitant que le ravitaillement des villes est devenu convenable, le gouvernement crée une taxe progressive sur les revenus de l'enclos afin d'en récupérer une partie des bénéfices. En 1940, il y avait près de 237 000 kolkhozes.

Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement communiste repart en guerre contre l'enclos. Il fait restituer les terres kolkhoziennes qui avaient été annexées à l'enclos familial pendant les troubles de la guerre. Les enclos sont regroupés dans un endroit et soumis au travail collectif. Une partie de la production de l'enclos doit être versée à l'État et un lourd impôt frappe les revenus de l'enclos. On décide aussi de regrouper les kolkhozes afin d'habituer les paysans à vivre plus collectivement, à cultiver des terres avec lesquelles ils n'ont plus de liens ancestraux et en espérant ainsi leur donner la mentalité de salariés et non plus d'ex-propriétaires. On regroupe même les paysans dans des villes spécialement créées pour eux, les « agrovilles » (l'expérience sera vite close au vu du coût de la construction et des graves problèmes psychologiques apparus parmi les paysans- les paysans y habitaient des immeubles !). En 1950, il n'y a plus que 91 000 kolkhozes environ.

Pendant la période de Nikita Khrouchtchev (1953-1964), le kolkhoze est progressivement libéré de certaines contraintes. Tout d'abord l'État-acheteur accepte d'augmenter le prix d'achat des productions agricoles et les adaptent au niveau de la récolte et des conditions atmosphériques qui ont abouti à ce niveau. Les livraisons obligatoires des productions des terres kolkhoziennes sont supprimées en 1957 et en 1958, il en est de même pour celles de l'enclos familial. Khrouchtchev pousse aussi au regroupement des kolkhozes (ils ne seront plus que 37 000 en 1966). À partir de 1966, le kolkhoze est plus libre de ses achats et de ses ventes, il peut choisir les productions qu'il veut faire, la représentation des paysans dans les organes de direction du kolkhoze est augmentée.

En 1991, à la suite de la disparition de l'URSS, les terres, les installations, le matériel et le bétail des kolkhozes ont été privatisés.

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