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Hoyougou

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Le Hoyougou, qui signifie « les génies parlent », est une danse sacrée pratiquée en pays tagbanan, en Côte d’Ivoire. Elle est principalement exécutée par des femmes, mais aussi par certains hommes. Cette danse est réservée à des initiés choisis par les génies dès leur naissance.

Fonction rituelle[modifier | modifier le wikicode]

Le Hoyougou n’a pas de moment précis pour être dansé : il peut être exécuté de jour comme de nuit, lors d’événements heureux ou malheureux, tels que les mariages traditionnels ou les funérailles.

Tout le monde peut assister à cette danse, mais seuls les initiés ont le droit de la pratiquer. Ceux-ci peuvent être des hommes, appelés « gbochonan », ou des femmes, appelées « gbossoudjon ». L’ensemble des danseurs, composé d’hommes et de femmes, est appelé « gbochofelê ».

Les initiés, choisis par les esprits, sont d’abord formés et encadrés par les anciens avant de faire leurs premières apparitions en public. Cette étape marque la fin de leur formation.

Habillement des danseurs[modifier | modifier le wikicode]

Les danseurs portent une tenue appelée « throu », composée d’une jupe faite de fibres de sacs ou de tronc de bananier. Les femmes ajoutent un tissu noué sur la poitrine, tandis que les hommes dansent torse nu.

Tous les danseurs portent sur la tête un fétiche perlé appelé « hoyou », constitué d’un crâne de gazelle morte naturellement. C’est de cet objet que la danse tire son nom. Ce fétiche est considéré comme le « bagage » du danseur.

Chez les nouveaux initiés, le fétiche comporte moins de perles, tandis que celui des anciens, plus expérimentés, est davantage orné.

Exécution des pas de danse[modifier | modifier le wikicode]

Cette danse est pratiquée dans toute la région du Hambol. Lorsque des initiés issus de différents villages se retrouvent, cela donne lieu à de véritables démonstrations de pouvoir.

La danse se déroule au son des tam-tams, des castagnettes et d’autres instruments traditionnels. Les musiciens, appelés « piyigbon », sont eux aussi des initiés. Ils jouent des rythmes spécifiques, adaptés à chaque danseur, qui exécute des mouvements cadencés en avançant et reculant, tout en maintenant le fétiche sur la tête avec une ou deux mains.

Autre facette de la danse[modifier | modifier le wikicode]

Les « gbochofelê » sont également considérés comme des prophètes. Ils auraient la capacité de prédire des événements heureux ou malheureux, d’aider à éviter les dangers annoncés, de dévoiler des pratiques de sorcellerie et de favoriser la réalisation de bonnes prédictions.

La danse peut ainsi être pratiquée avant un événement afin de préparer le terrain et de contrer d’éventuelles menaces.

Utilité pour les familles[modifier | modifier le wikicode]

Lorsqu’une famille est confrontée à un problème persistant dont l’origine est inconnue, elle peut faire appel aux « gbochofelê » afin de comprendre la situation et trouver une solution.

Une fois le problème résolu, la famille peut à nouveau les solliciter pour remercier les génies. La danse intervient alors comme une forme de célébration.

Cette danse ancestrale constitue une tradition sacrée que le peuple tagbanan s’efforce de préserver. Toutefois, elle ne se transmet pas systématiquement de génération en génération : seuls ceux qui sont considérés comme choisis par les génies peuvent en hériter.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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