Wilhelm Schickard

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Wilhelm Schickard, né le 22 avril 1592 à Herrenberg (Bade-Wurtemberg) et mort de la peste bubonique le 23 octobre 1635 à Tübingen (Bade-Wurtemberg), est un mathématicien et astronome allemand, inventeur de la première machine à calculer.

Wilhelm Schickard enseignait à partir des années 1620 les langues orientales et bibliques, les mathématiques, l'astronomie et l'agriculture. Il écrivit également des traités de cartographie, de mécanique et d'optique.

Machine à calculer[modifier]

Machine à calculer de Schickard (reconstitution)

Une ébauche de machine à calculer (systèmes mécaniques pour réaliser des calculs arithmétiques) avait déjà été inventée et décrite en 1617 par le mathématicien écossais John Napier (1550-1617) et baptisée "réglette de Napier", mais une telle machine ne donnait pas encore de grandes performances en termes de calcul. La machine à calculer, dont l'inventeur était longtemps considéré comme étant le mathématicien français Blaise Pascal (1623-1662), la "Pascaline", construite en 1642 en plusieurs dizaines d'exemplaires. Mais dans une lettre adressée à l'astronome et physicien allemand Johannes Kepler (1571-1630), Schickard décrivait avec une grande précision dans un texte accompagné d'un dessin un additionneur arithmétique, servant notamment à déterminer les éphémérides, qu'il avait construit en 1623 à l'université de Tübingen (Bade-Wurtemberg).

La machine de Schickard présentait deux grandes nouveautés par rapport aux anciens outils de calcul (bouliers, abaques, réglette de Napier,…) : il s'agissait d'un système à roues dentées et il comportait un dispositif de report des retenues. Pour effectuer une addition, il fallait utiliser un stylet pour positionner les chiffres choisis sur une rangée de cadrans à dix chiffres, proches des cadrans des téléphones anciens, et qui correspondaient aux unités, dizaines, centaines, et ainsi de suite. Chaque cadran commandait une roue dentée. Si l’on dépassait la capacité d’un cadran, une roue à une seule dent faisait avancer la roue suivante d’une position par tour, effectuant le report de la retenue. Ce mécanisme, simple, fut réinventé plusieurs fois et investi dans d'autres machines : les compteurs kilométriques des véhicules, par exemple, fonctionnent aujourd'hui encore avec ce même principe.

Mais la machine de Schickard fut détruite lors d'un incendie, dans des circonstances qui n'ont pas été élucidées. Il ne la reconstruisit jamais. Mais le fait qu'il n'ait apparemment fait part de son invention que dans sa lettre à Kepler laisse penser qu'il n'était pas conscient de l'importance de son invention, qui, ignorée pendant trois siècles, n'eut pas d'impact sur l'évolution des techniques. Dix-neuf ans plus tard, sans connaître les travaux de Wilhelm Schickard, Blaise Pascal inventa une machine assez différente, qui avait un autre mécanisme de report de retenue, et qu'il construisit par dizaines, en les améliorant au fil du temps, à l'aide d'horlogers, et qu'il fit connaître en France et à l'étranger. À la différence de Pascal, Schickard ne connut aucun renom pendant des siècles parce qu'il n'avait pas fait connaître son invention.

La machine de Wilhelm Schickard a été reconstruite expérimentalement pour être exposée dans des musées, dès les années 1960.


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