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Programme BRAMM

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BRAMM est l’acronyme de Biosurveillance des Retombées Atmosphériques Métalliques par les Mousses.

1- Le rôle des mousses[modifier | modifier le wikicode]

Les mousses sont des plantes simples en apparence, mais elles jouent un rôle majeur en biosurveillance. Par leur capacité à accumuler les polluants, leur sensibilité écologique et leur large répartition, elles offrent une vision intégrée de la qualité de l’air et des dépôts atmosphériques dans le temps. Utilisées dans des réseaux structurés et des protocoles rigoureux, elles constituent un instrument puissant pour le suivi environnemental, l’aide à la décision publique et l’évaluation de l’efficacité des politiques de réduction de la pollution.

2- Le programme BRAMM[modifier | modifier le wikicode]

a- Généralités[modifier | modifier le wikicode]

Logo du CNRS 1

BRAMM est l’acronyme de Biosurveillance des Retombées Atmosphériques Métalliques par les Mousses.

En France, ce programme s’inscrit dans un ensemble plus vaste comprenant le réseau MERA pour les retombées atmosphériques, le réseau Atmo pour la qualité de l’air ambiant et le programme européen EMEP pour les pollutions transfrontières.2

PatriNat se situe en Île-de-France à Paris. PatriNat assure des missions d’expertise et de gestion des connaissances sur la biodiversité et la géodiversité pour ses quatre tutelles que sont l’Office français de la biodiversité (OFB), le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut pour la recherche et le développement (IRD).3

b- Objectifs du programme[modifier | modifier le wikicode]

1. Obtenir une représentation des retombées atmosphériques métalliques et azotées sur l’ensemble du territoire métropolitain, en milieu rural et forestier, à une échelle spatiale que les réseaux classiques de mesures de l’air ne peuvent pas couvrir avec la même densité.

2. Suivre sur le long terme l’évolution de ces retombées, en comparant les cartes obtenues à chaque campagne. Les séries temporelles s’étalent aujourd’hui sur au moins vingt ans, ce qui permet d’identifier des tendances à la baisse ou à la hausse pour différents éléments.

3. Contribuer aux engagements internationaux de la France dans les programmes européens de biosurveillance par les mousses, destinés à suivre la pollution à grande échelle et les phénomènes de transport transfrontière.

4. Mettre à disposition des pouvoirs publics, des chercheurs et des agences sanitaires une base de données de référence sur les dépôts de métaux et d’azote, exploitable pour des études d’impact environnemental et sanitaire.4

c- Comment fonctionne le programme ?[modifier | modifier le wikicode]

Mousses en forêt près de Capbreton 5

Sans racine et système vasculaire développé, les mousses sont directement exposées aux variations du milieu. Elles répondent rapidement aux perturbations environnementales de leur milieu et fournissent ainsi des informations utiles sur la qualité des milieux aquatiques et terrestres. Au travers de très nombreuses études, les mousses terrestres sont apparues comme « des bioaccumulateurs ». Cela signifie que la mousse va absorber des substances chimiques dans son organisme. L’absorption d’un élément dans une mousse permet d’estimer le niveau de la pollution atmosphérique. C’est une technique de biosurveillance c’est-à-dire une méthode pour surveiller et observer l’exposition des organismes aux substances chimiques.

Le protocole BRAMM repose sur des principes de standardisation stricts afin de garantir la comparabilité des données dans le temps et l’espace. Les sites sont situés en milieu forestier ou semi naturel, sous couvert arboré et loin des sources ponctuelles de pollution. Les mousses y sont prélevées selon un maillage prédéfini, en respectant des critères de densité de couvert, de type de substrat et de micro habitat. Jusqu’à cinq espèces de mousses forestières sont sélectionnées en fonction de leur abondance, de leur capacité d’accumulation et de leur répartition sur le territoire. Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire pour quantifier une série d’éléments traces métalliques et, plus récemment, l’azote total. Les rapports publiés pour la campagne 2016 mentionnent notamment l’aluminium, l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre, le fer, le mercure, le nickel, le plomb, l’antimoine, le vanadium, le zinc et l’azote. Les données sont traitées statistiquement pour 3 raisons principales :

• produire des cartes nationales de concentrations relatives • identifier les gradients régionaux de contamination • estimer la variabilité associée à différents facteurs espèce de mousse, type de milieu, distance à la mer, altitude …6

d- Avantages et inconvénients[modifier | modifier le wikicode]

Le programme BRAMM est complémentaire aux réseaux de mesures physico chimiques classiques basés sur des stations instrumentées. Il offre notamment une vision intégrée des dépôts sur le long terme, une couverture spatiale très large, grâce à la simplicité logistique du prélèvement de mousses et permet d’avoir un focus particulier sur les métaux lourds et l’azote, qui posent des enjeux à la fois écologiques et sanitaires.

Comme toute méthode de biosurveillance, le programme BRAMM présente des limites qui doivent être prises en compte dans l’interprétation des résultats. Ainsi, les teneurs dans les mousses constituent des indicateurs relatifs de dépôts, et non des flux directement utilisables pour des bilans de masse. Mais aussi, certaines régions peuvent être moins bien couvertes lorsque les espèces de référence régressent, en particulier dans les zones soumises à des changements écologiques rapides.7

Mais malgré ces limites constitue un pilier de la biosurveillance en permettant d’évaluer les échelles de la contamination métallique et azotée en France, au service notamment de la santé environnementale.

Cet article a été créé ou enrichi dans le cadre de la VikiacadEMI .
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