Ngondo chez les Sawa

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Le Ngondo est une fête traditionnelle et rituelle des peuples côtiers camerounais. Il réunit les peuples sawa de la région du littoral (Douala) pendant la première semaine du mois de décembre1.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Fichier:Tenue traditionnelle sawa.jpg
Tenue traditionelle sawa portée en général lors du Ngondo

Selon les sources historiques, cette fête existe depuis 1830 bien avant l’arrivée des premiers missionnaires et aussi avant la mort de Ngando Akwa, roi des akwa car c’est à lui que l’on accorde l’honneur d’être le père du Ngondo.

Vu les circonstances de cette fête, le Ngondo fut fondé à cause de Malobè Etamé originaire de Pongo (Nord-Ouest de Douala) qui semait la terreur pendant les jours du marché en saccageant les marchandises appartenant aux douala. C’est ainsi que quatre chefs de quatre cantons et leurs notables se sont réunis pour trouver une solution à cette affaire qui n’honorait pas le peuple douala. C’est donc de cette assemblée que provient le nom Ngondo qui signifie en langue douala « le cordon ombilical » qui relie le nouveau-né à sa mère. Ainsi le ngondo est devenu le symbole de leur unité, la concrétisation d’un front uni à défendre l’honneur du peuple à l’intérieur et à l’étranger.

Mais au fil des années, le Ngondo s’est élargi et s’est transformé en une grande cérémonie rituelle pour communiquer avec les ancêtres et les génies de l’eau. C’est dans cette idée de communiquer avec les ancêtres et surtout de protection que d’autres peuples de la côte ont été introduits. On peut citer entre autres : Les mbô, les bassa, les yabassiens, les batanga, les bakweri, les bakossi, les bakoko… pour ne citer que ceux-là2.

Spécificité de la fête[modifier | modifier le wikicode]

Outre les activités telles que : l’élection de la miss, la course des pirogues, la lutte traditionnelle, la danse, le concours de cuisine, elle se distingue des autres fêtes du pays par « ce message » qui est ramené dans un vase du fond du fleuve wouri par un plongeur initié qui ressort entièrement sec, sans aucune goutte d’eau sur le corps. Ce message est déchiffré par les initiés (chefs traditionnels) réunis sur la rive du fleuve et communiqué à l’assemblée.

Animation[modifier | modifier le wikicode]

Son animation culturelle est faite par une course de pirogues, la lutte traditionnelle ainsi que les différents concours tels que : le concours de cuisine, du meilleur danseur et celui de la miss ngondo ; pour ne citer que ceux-là. Cette cérémonie se déroule sur les berges du wouri dans le canton ebelè (deido).

Fichier:Maquette pirogue.jpg
Maquette d'une pirogue utilisée pour les courses de pirogues lors du Ngondo

L’ambiance est très attractive et passionnelle. Elle attire de centaines d’hommes, de femmes et d’enfants habillés en tenue traditionnelle dont chapeau, chemise et pagne pour les hommes et grande robe (Kaba) pour les femmes. Les festivités s’étendent sur trois semaines avec une grande foire au parc des princes à bali. La journée qui marque la fin des cérémonies est donc couronnée par cette course de pirogues et l’immersion du vase sacré qui en revient avec un message donné par les ancêtres. Cette mission sacrée et mystique incombe à un digne fils initié du clan (djébalé).

Siège[modifier | modifier le wikicode]

Contrairement aux éditions précédentes, celle de 2012 était houleuse ; les participants comme à l’accoutumée ont disserté sur de nombreux problèmes parmi lesquels la rétrocession du site de la base Elf préalablement attribuée au nigérian Dangote pour sa cimenterie.

Dans la rue depuis 1914, le ngondo aura son siège en 2018 à Bessèké. Cet édifice sera appelé « Maison de la culture sawa ». Tout est parti d’une lettre adressée le 14 juillet 2008 au président de la république par le défunt son altesse royale, le prince René Douala Manga Bell, président de l’exercice du Ngondo3.

Présidence du Ngondo[modifier | modifier le wikicode]

C’est depuis le 17 mars 2018, dans une ambiance des plus conviviales que la passation de témoin entre le président sortant Gaston Mbodi et le tout nouveau président Madiba Songue Salomon du canton Bakoko aura lieu. Ce dernier a donc la lourde tâche de tenir la pagaie principale de la pirogue sawa pour ramer vers des rives prometteuses en ce qui concerne l’épanouissement du peuple sawa en particulier et le Cameroun tout entier en général.

Cette cérémonie se veut aussi politique, car les anciens disent que cette fête est d’abord une assemblée des peuples côtiers du littoral camerounais et permet ainsi une meilleure cohésion et cohabitation de ces populations.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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