Ébriés

Les Atchans (ou Ébriés, ou encore Tchaman) sont une ethnie de Côte d'Ivoire. Ils sont membres du groupe ethnique et linguistique Akan.
Origine du nom[modifier | modifier le wikicode]
Le nom « Ébrié » connu de tous est en réalité une injure que les Abourés ont donnée aux Atchans-Bidjans. Les Abourés leur ont donné ce nom à cause des fréquents conflits qu’ils avaient avec les Tchaman sur les activités de pêche effectuées sur la lagune : « la lagune Ebrié ». Les Abourés trouvaient que les Atchans étaient méchants, qu’ils avaient le cœur noir. Alors quand les premiers blancs ont demandé le nom de ce peuple aux Abourés, ils ont répondu « Abrié » ou « Bibrié ». Cela signifie les « méchants », les « cœurs noirs ». La déformation a donné le nom « Ebrié ». Les Ebriés préfèrent le nom « Atchan » qui veut dire « propre », « brillant », ou « Tchaman », qui signifie « les choisis », « ceux qui sont à part ». « Tchaman », c'est l'ensemble du peuple. Un homme est un « Tchabio » et une femme, une « Tchabia ».
L'enfant chez les Atchans[modifier | modifier le wikicode]

L’enfant, chez les Atchans, est sacré. Il est très important pour la famille, pour laquelle il est une source de richesse. Avant, dans les familles atchans, on faisait beaucoup d’enfants, souvent dix et même plus. Les enfants aidaient leurs parents dans les travaux champêtres
et ils leur permettaient d’avoir de grandes plantations et de grandes récoltes.
Chez les Tchaman, le nom est donné à l’enfant selon les circonstances. Par exemple : lorsque trois enfants, qui se suivent, ont le même sexe, le troisième est appelé « N'guessan ». Le dixième enfant est appelé « Awo ». Les jumeaux sont les « N'djoran ». Lorsqu’un jumeau meurt à la naissance, celui qui reste est appelé « Djorogo ». L’enfant qui naît après des jumeaux s’appelle « Djowan ».
Quand une femme meurt à l’accouchement et que l’enfant survit, il est appelé « Moya » si c’est une fille et « Moyo » si c’est un garçon. C’est la déformation qui a donné « Mobio ». Quand une femme perd plusieurs bébés à la suite, celui qui survit est appelé « N'toupou ». Ce nom signifie « le sable est fini ». Pour éviter que la mort ne revienne le prendre, une autre femme peut décider de l’adopter, on dit l’acheter. C’est pour éviter le mauvais sort qui est arrivé aux autres qui sont morts. La femme peut lui donner le nom qu’elle veut.
On donne aussi le nom à l’enfant pour exprimer une pensée. Exemple : « Aholépè » qui veut dire « on n’achète pas l’accouchement ». On pouvait aussi donner le nom entier d’un ami à son enfant.

On ne mettait pas le nom du père sur les enfants.
Aujourd’hui, ces noms ne sont plus utilisés comme avant. On peut avoir un « Djoman » qui n’est pas né après des jumeaux. En plus, les mairies imposent aux gens de mettre le nom du père sur chaque enfant.
Education[modifier | modifier le wikicode]
L’éducation de l’enfant atchan se fait en deux parties : la partie morale et la partie traditionnelle. Dans la partie traditionnelle, les parents apprennent à l’enfant les travaux champêtres, la pêche, la préparation de l’attiéké, le fumage du poisson, la cuisine... On lui apprend aussi sa classe d’âge et sa génération. Dans la partie morale, les parents apprennent à leur enfant les valeurs comme le travail bien fait, la soumission à ses parents, le respect des adultes...
Il faut dire que l’éducation de l’enfant atchan et de tous les enfants est devenue difficile. Il faut suivre les enfants et leur donner beaucoup de conseils. Les enfants doivent écouter les conseils de leurs parents. Ils doivent éviter de fumer les cigarettes, de boire de l’alcool, de prendre la drogue... Ils doivent se concentrer sur leurs études.
- Enfants atchans
Les différentes célébrations traditionnelles de la croissance de l’enfant atchan[modifier | modifier le wikicode]
Chez les Atchans, on a différentes célébrations :
- la sortie de bébé, la jeune femme qui a accouché est gardée à la maison. Elle est bien nourrie et bien soignée pendant trois mois. Après cela, la famille organise une fête où on présente le nouveau-né et la mère au peuple. Cette fête est appelée N'tan bro, on dit « An di tan bro » qui veut dire « elle sort de maternité ».
- la fête de la puberté ou Allé gnin. On dit « N'djétchré lo allé gnin » ou « elle a vu ses règles ». La famille organise une cérémonie où on lave la jeune fille et lui met des parures. Après, on fait de bons plats, on mange et on danse.
- le N'dégo, la sortie des jeunes qui ont atteint l’âge de la maturité. Les plus âgés leur apprennent leur classe d’âge et leur génération.
- le Fatchué, la sortie d’une génération. Elle sort pour danser la danse guerrière pour dire qu’elle est prête à prendre le pouvoir. Pendant cette fête, les enfants sont marqués de kaolin blanc et vêtus d’un tissu et un bandeau rouges. Ils dansent à la suite des adultes dans les rues du village.
Les générations[modifier | modifier le wikicode]
La génération est un ensemble d’hommes, de femmes, et d’enfants qui s’organisent pour diriger le village pendant une période de quinze ans. Il existe quatre grandes générations qui sont : les Blechoue, les Djougbo, les Gnando et les Mounan. Ces différentes générations sont comme des partis politiques qui dirigent le village à tour de rôle.
L’ordre de passage au pouvoir des générations est le suivant : d’abord les Blechoue, ensuite les Gnando, puis les Djougbo et enfin les Mounan. Et le cycle reprend.
Le mode de désignation des membres d’une génération[modifier | modifier le wikicode]
La génération ici n’est pas liée à l’âge. Les membres d’une génération donnent naissance à des membres d’autre génération :
- la génération Blechoue donne naissance à la génération Djougbo. C’est-à-dire que tous les enfants d’un père appartenant à la génération Blechoue sont automatiquement membres de la génération Djougbo ;
- la génération Djougbo donne naissance à la génération Blechoue ;
- la génération Gnando donne naissance à la génération Mounan ;
- la génération Mounan donne naissance à la génération Gnando.
Le père met au monde le fils et le fils met au monde le père. Cela veut dire qu’un père et son enfant ne peuvent jamais appartenir à une même génération.
Les classes dans une génération[modifier | modifier le wikicode]
Chaque génération est divisée en quatre classes. L’appartenance à une classe dépend de sa position de naissance :
- la classe Djehou : regroupe les premiers nés (fils ou fille) de chaque famille ;
- la classe Tchogba : regroupe les deuxièmes nés de chaque famille ;
- la classe Bonto : regroupe les troisièmes nés de chaque famille ;
- la classe Agbri : regroupe les quatrièmes nés et tous les autres qui viennent après eux.
Une personne appartenant par exemple à la génération Djougbo de la classe Djehou est un Djougbo-Djehou. Si elle est de la classe Tchogba c’est un Djougbo-Tchogba. Si elle est de la classe Bonto c’est un Djougbo-Bonto. Si elle est de la classe Agbri c’est un Djougbo-Agbri.
Dans une génération, le droit d’aînesse ne repose pas sur l’âge réel des personnes. Il repose plutôt sur les classes. Les Djehou sont considérés comme aînés de la génération, les Tchogba sont les cadets, les Bonto sont les troisièmes et les Agbri sont les benjamins de la génération.
Ainsi donc une personne âgée de deux ans par exemple, d’une génération donnée et appartenant à la classe Djehou est plus âgée qu’un autre de trente ans de la même génération et appartenant à la classe Tchogba et ainsi de suite.
Les responsables d’une génération[modifier | modifier le wikicode]
La génération choisit ses différents responsables qui sont :
- quatre chefs guerriers soit un par classe, appelés Sambohin et leurs adjoints ;
- quatre chefs de classe appelés Ble-yo et leurs adjoints et secrétaires ;
- un Nanan qui est le plus âgé de la génération ;
- un parrain (celui qui finance la génération) et son adjoint.
La fête de génération[modifier | modifier le wikicode]
La prise du pouvoir par une génération commence par une grande fête que la génération organise. C’est la fête de génération.
Le chef du village est choisi parmi les membres de la classe Djehou. Une fois choisi, le nouveau chef forme son équipe pour diriger le village. Il règne pendant huit ans. Après les huit ans, un autre chef du village est choisi parmi les membres de la classe Tchogba. Il forme une autre équipe dirigeante et règne jusqu’à la fin des quinze ans. Après les quinze ans, la génération est obligée de laisser la place à la génération suivante.
Aucun membre des classes Bonto et Agbri ne peut être choisi comme chef du village quel que soit son niveau intellectuel, son pouvoir financier et sa sagesse.
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