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Hijaya

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Une maison traditionnelle tunisienne où les petits-enfants se réunissent autour du feu.

La ḥijāya est un patrimoine narratif oral transmis dans les villages et les montagnes de Tunisie1. Les enfants écoutaient ces contes auprès des anciens, surtout pendant les nuits d’hiver autour du kanoun.

Ces histoires mêlent réalité et imaginaire: animaux parlants, êtres magiques et événements extraordinaires, avec des messages éducatifs simples.

Importance de la ḥijāya[modifier | modifier le wikicode]

Dans le nord-ouest tunisien, la ḥijāya est un véritable système culturel et éducatif transmis par les anciens.

Un lieu où les petits-enfants se réunissent pour écouter des contes (ou des histoires folkloriques).

Elle reflète la relation entre l’homme et son environnement naturel (forêts, montagnes, sources), transformés en éléments vivants qui participent à l’histoire.

Elle permet aussi de transmettre des valeurs comme le respect, la solidarité et la sagesse, tout en conservant la mémoire collective et les traditions locales.

Exemples de contes populaires[modifier | modifier le wikicode]

L’histoire de la vache des orphelins[modifier | modifier le wikicode]

L’histoire commence avec la mort d’une mère qui laisse deux enfants (un garçon et une fille) ainsi qu’une vache. La mère avait demandé à son mari de ne pas vendre la vache, car elle représente le soutien des orphelins.

Le père se remarie avec une femme qui donne naissance à une autre fille, mais cette belle-mère nourrit une grande haine envers les deux enfants et les prive de nourriture, alors que la vache continue de leur donner du lait et du miel, les rendant forts et en bonne santé.

Lorsque la belle-mère découvre le secret, elle oblige le père à vendre la vache. Elle se déguise ensuite en homme et l’achète avant de la tuer. Mais le père réussit à récupérer le pis de la vache et le place sur la tombe de la mère. Les enfants viennent alors s’y nourrir et retrouvent leur force.

La belle-mère tente ensuite de se débarrasser des enfants en les envoyant dans des lieux dangereux et en leur donnant du pain empoisonné. Grâce à l’intelligence de la sœur « Shkima », ils survivent.

Le frère boit dans la « source de la gazelle » malgré les avertissements de sa sœur et est transformé en gazelle par magie.

Shkima se réfugie dans un arbre et est remarquée par le sultan après qu’un cheveu d’or s’est accroché au cheval de celui-ci. Elle est descendue de l’arbre et épouse le sultan, à condition que son frère-gazelle soit protégé.

Une nouvelle intrigue apparaît lorsque la sœur de leur père tente de remplacer Shkima au palais en la jetant dans un puits profond, où elle accouche de jumeaux sous la surveillance d’un serpent. Grâce à la fidélité du frère-gazelle, la vérité est révélée au sultan.

Le sultan sauve Shkima et ses enfants. La belle-mère et la belle-sœur sont punies, et l’histoire devient un symbole de la victoire de l’innocence et de la loyauté sur la malveillance.

L'arbre de Smimi et Bhilil

L’histoire de Semimīʿ et Bahilīl[modifier | modifier le wikicode]

Deux frères, Semimīʿ le rusé et Bahilīl le naïf, décident de partir à l’aventure après la mort de leurs parents.

En traversant la forêt, ils se cachent dans un arbre pour échapper à des monstres. Une bande de voleurs arrive et partage un trésor volé.

Bahilīl, qui portait une lourde selle de cheval, la jette accidentellement sur les voleurs. Ceux-ci prennent peur et s’enfuient en laissant le trésor.

Plus tard, les voleurs tentent de récupérer leur argent en se cachant dans de grands pots en terre. Mais Semimīʿ découvre leur plan et les élimine en versant de l’huile bouillante sur eux.

L’histoire montre que l’intelligence protège des dangers, tandis que la bonté peut parfois produire de bons résultats. Elle insiste aussi sur la complémentarité entre les deux frères, symbolisant l’équilibre entre intelligence et innocence.

L’histoire de Omi Sissi[modifier | modifier le wikicode]

Dans une maison rurale simple vivait une femme appelée Omi Sissi, connue pour son amour de la propreté2.

Un matin, elle trouve une pièce d’argent et décide d’acheter du poisson pour éviter les déchets dans la maison.

Pendant qu’elle travaille, le chat du voisin entre dans la cuisine, mange tout le poisson et s’enfuit en laissant le désordre derrière lui.

Quand sa fille revient et découvre la situation, elle se met à pleurer. Plus tard, le chat revient pour rendre un couteau, mais Omi Sissi le punit pour sa trahison.

Le chat accepte alors d’accomplir une longue série de tâches pour remplacer le poisson. Il passe par plusieurs étapes (marchand, vache, champ, source) jusqu’à obtenir ce qu’il a volé.

Finalement, il revient avec le poisson. Omi Sissi, touchée, lui pardonne et lui rend sa queue.

L’histoire enseigne que la précipitation et la malhonnêteté mènent toujours à des difficultés, et que le respect des autres est essentiel pour vivre en société.

La ḥijāya tunisienne fait partie d’un patrimoine universel. Elle partage des thèmes avec les contes du monde entier, tout en restant profondément ancrée dans la culture du nord-ouest tunisien.

Elle montre que les valeurs humaines sont universelles, mais que chaque société les raconte à sa manière.

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Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. https://raseef22.net/article/154040-%D9%81%D9%8A-%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3%D8%8C-%D8%B9%D9%88%D8%AF%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D8%A7%D8%AA%D9%8A-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D8%A7%D8%AA%D9%8A%D8%A9-%D8%A5%D9%84%D9%89
  2. https://world-enfant.blogspot.com/2020/09/story%20of%20My%20Mother%20Cissi%20is%20a%20tale%20fromTunisian%20folklore%20for%20children.html