Trois Sœurs (agriculture)

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Les Trois Sœurs, cultivées selon la méthode traditionnelle : Les longues tiges vertes, avec des feuilles allongées sont celles du maïs, une plante qui peut mesurer plus d'un mètre de haut. Des haricots se servent de la tige de maïs comme d'un tuteur, pour grimper. Au pied, on aperçoit des courges, qui en grandissant vont recouvrir le sol pour le protéger et retenir l'eau.
Maïs, haricots et courges cultivés ensemble, dans un milpa, au Mexique.
Femme amérindienne cultivant semant des graines de courges et de haricot au pied des tiges de maïs, selon la méthode traditionnelle des Trois Sœurs, telle que représentée sur une pièce américaine de 1 $.

Les trois sœurs, ou Kionhekwa en langue iroquoise sont une association de trois plantes, le maïs, le haricot grimpant et la courge, qui étaient et sont encore aujourd'hui traditionnellement cultivées, récoltées et consommées ensemble, par certains peuples amérindiens d'Amérique du Nord.

C'est une technique agricole très ancienne et très simple, mais qui présente de gros avantages.

La légende[modifier | modifier le wikicode]

Selon une légende iroquoise, la Terre Mère est morte après avoir donné naissance à deux jumeaux, qui symbolisent le Bien et le Mal. Sur sa tombe, trois nouvelles plantes, le maïs, le haricot et la courge, sont apparues et se sont mises à pousser spontanément. Elles ont permis de nourrir les deux jumeaux. Pour les iroquois, les trois sœurs sont donc des plantes divines, qui ont été engendrées par le Terre Mère pour nourrir ses enfants.

La technique de culture[modifier | modifier le wikicode]

Principe[modifier | modifier le wikicode]

Le maïs est une plante qui forme des tiges bien droites, et assez hautes. Le haricot, ou, du moins, les variétés les plus anciennes de haricot, sont des plantes grimpantes, qui peuvent pousser très haut, mais qui, très fines, ont besoin d'un tuteur sur lequel s'appuyer pour grimper1. La courge, elle, est une plante rampante, c'est-à-dire qui va plutôt avoir tendance à s'étaler sur le sol.

Traditionnellement, on forme des petites buttes de terre, au sommet desquelles on sème des graines de maïs, dans un petit trou. Après quelques semaines, quand le maïs commence à pousser, on sème tout autour des courges et du haricot (il existe différentes espèces de haricots, les plus courantes pour la culture des trois sœurs sont le haricot commun et le haricot tépari). Les haricots vont pousser se servant des tiges de maïs comme tuteur pour grimper, tandis que les courges vont pousser et recouvrir tout le sol tout autour avec leurs larges feuilles.

Traditionnellement, ce sont les femmes iroquoises qui cultivaient les trois sœurs, tandis que les hommes partaient à la chasse.

Avantages[modifier | modifier le wikicode]

Les trois soeurs constituent l'un des plus anciens exemples connus de compagnonnage végétal, c'est-à-dire que la culture de plusieurs plantes ensemble est beaucoup plus facile, chaque plante apportant des avantages aux autres :

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Compagnonnage végétal.
  • La tige de maïs sert de tuteur au haricot grimpant : il n'y a donc pas besoin de planter des tuteurs pour les haricots. Les grandes feuilles du maïs protègent également les courges du vent, et du soleil.
  • Le haricot, comme les autres plantes de sa famille (la famille des légumineuses) est capable de capter le diazote de l'air, pour fournir une sorte d'engrais naturel aux deux autres plantes, qui poussent beaucoup mieux
  • La courge, en étalant ses grandes feuilles près du sol, empêche les mauvaises herbes de pousser (et donc de « voler » de l'eau et des nutriments aux autres plantes), et elle retient l'eau, en l'empêchant de s'évaporer : il y a donc moins besoin d'arroser.
  • Les tiges et les feuilles de la courges portent également des épines, qui la protège des herbivores, mais vont du coup aussi protéger le maïs et le haricot autour desquels elle pousse.

Variantes[modifier | modifier le wikicode]

  • Certaines tribus amérindiennes ajoutent une quatrième « sœur » : la plante à abeilles (nom scientifique : Cleome serrulata), une petite fleur également comestible, mais qui a surtout l'avantage d'attirer les abeilles, qui pollinisent le haricot et la courge.
  • La culture des trois sœurs est parfois associée, chez les Iroquois, à d'autres cultures traditionnelles, comme le tournesol, par exemple, afin de compléter le régime alimentaire
  • En Amérique centrale, les Mayas ont mis au point un autre système de culture traditionnel, le milpa, qui ressemble beaucoup à la culture des trois soeurs. On y retrouve le maïs, le haricot et la courge, mais aussi d'autres plantes d'Amérique centrale, comme le piment et l'avocat.

Les trois sœurs dans l'alimentation[modifier | modifier le wikicode]

En plus d'être cultivées ensemble, les trois sœurs sont également récoltées, et mangées ensemble ; elles sont à la base de l'alimentation des Iroquois, et constituent un régime alimentaire équilibré :

  • Le haricot et le maïs sont riches en sucres lents, des nutriments qui sont à la base de l'alimentation
  • Le maïs manque naturellement de deux acides aminés indispensables à l'homme : la lysine et le tryptophane, et les personnes qui se nourrissent principalement de maïs ont souvent des maladies appelées carences, dues au manque de ces deux substances ; heureusement, le haricot, lui, est très riche en acides aminés, et notamment en lysine et en tryptophane : il complète donc très bien le maïs, et permet de ne pas tomber malade.
  • Les différentes espèces et variétés de courges sont riches en sucres rapides, mais aussi en vitamines, et complètent bien le maïs et le haricot.

Ces trois plantes sont toutefois assez pauvres en matières grasses, c'est pourquoi, en plus des trois sœurs, les Iroquois cultivaient souvent le tournesol pour compléter leur alimentation. Cette plante, dont on se sert pour faire de l'huile, produit des graines riches en matières grasses. En Amérique centrale, dans les milpas, les mayas cultivaient notamment avec l'avocat, un fruit également riche en matières grasses, en plus du maïs, du haricot, et des courges.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources & liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Aujourd'hui, la domestication a permis de créer de nouvelles variétés de haricots, dits « nains » : plus petits, ils n'ont pas besoin de tuteur sur lequel grimper, et sont plus faciles à cultiver.
Article mis en lumière la semaine du 29 octobre 2012.
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