Traité de Brétigny

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À Poitiers le 19 septembre 1356, la capture du roi Jean le Bon (en bleu au centre) par les Anglais (à gauche), qui est à l'origine du désastreux traité de Brétigny.

Le traité de Brétigny, ou traité de Calais, est conclu le 8 mai 1360, au cours de la première partie de la Guerre de Cent Ans. Il est négocié au nom du roi de France qui était retenu prisonnier en Angleterre par son fils Charles duc de Normandie qui est Lieutenant général du royaume et le représentant du roi d'Angleterre. Après accord, le roi Jean le Bon peut revenir en France. En octobre 1360, à Calais, alors possession anglaise, le traité est confirmé et signé par le roi de France Jean II le Bon et le roi d'Angleterre Édouard III, qui étaient accompagnés chacun de leur fils aîné.

Ce traité permet au roi Jean le Bon, prisonnier des Anglais depuis sa défaite à la bataille de Poitiers en 1356, de retrouver la liberté en échange d'une énorme rançon. Mais le traité est catastrophique pour le royaume, car le roi de France donne en toute souveraineté au roi d'Angleterre le tiers sud-ouest du royaume. En échange le roi d'Angleterre renonce à réclamer la couronne de France (ce qui était le motif officiel du déclenchement de la Guerre de Cent Ans).

Néanmoins ce traité ouvre une période de neuf années sans conflit majeur entre les deux pays. Il sera contesté dès la mort du roi Jean le Bon, par le roi Charles V son fils et successeur.

Les circonstances de la signature[modifier | modifier le wikicode]

Le roi jean II le Bon. Un des premiers portraits véritables d'un roi de France

Le roi de France étant prisonnier à Londres doit négocier sous la contrainte avec son vainqueur anglais. Un premier traité est signé à Londres le 24 mars 1359. Il est très dur pour le Français vaincu. Il est à sens unique car les Français doivent verser une rançon de quatre millions de francs pour la libération du roi, en outre ils doivent céder toute l'Aquitaine et transférer la souveraineté aux Anglais. De plus le roi d'Angleterre continuait à réclamer la couronne de France. Une seconde version du traité est arrachée au roi Jean : contre la renonciation anglaise au trône de France il doit céder en plus la Normandie, province très proche de Paris qui devient ainsi une menace permanente pour la capitale. Ce sont des conditions inacceptables.

Aussi Jean le Bon s'accorde avec son fils aîné Charles, qui en son absence a pris le titre de régent du royaume. Pour que le roi de France ne puisse pas être accusé d'avoir menti à sa signature, le régent fait rejeter ce traité par les états généraux réunis à Paris, cette assemblée est censée représenter la population du royaume, et portera ainsi la responsabilité de la rupture.

Les Anglais furieux reprennent la guerre. Le roi Édouard, accompagné par son fils aîné le prince Noir et par son fils cadet le duc de Lancastre débarquent en France 28 octobre 1359. Ils tentent de rejoindre Reims, la ville du sacre, pour y faire sacrer Édouard comme roi de France. Ils parviennent jusqu'à Montlhéry à quelques kilomètres de Paris qu'ils menacent fortement (31 mars 1360). Mais la chevauchée anglaise, qui n'en est qu'à mi-chemin, a été difficile car les Français ont pratiqué la politique de la «terre déserte» pour priver de ravitaillement l'armée anglaise en déplacement. De plus une attaque de corsaires normands ravage certaines côtes de l'Angleterre. Édouard III décide alors de rentrer chez lui, sans avoir réussi son entreprise.

La papauté intervient pour obliger les deux camps à traiter. Les négociations reprennent et le traité de paix est signé à Brétigny près de Chartres le 8 mai 1360.

La signature permet la délivrance du roi prisonnier. Revenant en France par le port de Calais, accompagné de son vainqueur Édouard et de son fils le Prince Noir, le roi Jean le Bon rencontre son fils Charles, et, le 24 octobre 1360, tous les quatre apposent leur signature sur le traité de Brétigny-Calais.

Le contenu du traité[modifier | modifier le wikicode]

1365: La France après les traités de Brétigny et de Guérande.      Territoires contrôlés par Édouard III avant le traité de Brétigny      Territoires cédés par la France à l'Angleterre par le traité de Brétigny      Territoire du duché de Bretagne, allié aux Anglais

Le roi d'Angleterre renonce à réclamer la couronne royale de France. Il renonce également aux duchés de Normandie et de Touraine, aux comtés du Maine et d'Anjou, anciens fiefs de la famille royale anglaise des Plantagenets qui avaient été confisqués ou conquis par les rois de France depuis le début du XIIIe siècle. Il en faut de même pour sur la Bretagne et les Flandres.

Le roi de France doit verser une rançon de trois millions de francs. Pour en acquitter une partie il marie, contre argent comptant, sa fille Isabelle, à Jean-Galéas Visconti, duc de Milan. Le roi retrouve alors la liberté. Mais pour être sûr qu'il remplira ses obligations, les Anglais exigent qu'il laisse son fils Louis duc d'Anjou, comme otage à Londres.

Les pertes de territoires sont considérables pour le royaume de France. Avant le traité le roi d'Angleterre était vassal du roi de France, pour les fiefs qu'ils détenait en France (héritage venant du côté féminin des Plantagenets): la Gascogne et la Guyenne dans le sud-ouest et Calais, port français le plus proche des côtes anglaises, port pratique pour une invasion rapide de la France, gagné en 1346. Édouard III gagne l'Aunis et la Saintonge, l'Angoumois, le Poitou, le Périgord, le Rouergue, le Limousin dans le sud-ouest et le Ponthieu qui renforce l'enclave anglaise de Calais. Tous ces territoires devenus anglais échappent à la souveraineté française, les habitants doivent désormais prêter l'hommage vassalique au roi d'Angleterre et non plus au roi de France. Les terres du sud-ouest sont transformées en principauté d'Aquitaine pour le compte du Prince Noir, en attendant qu'il hérite de la couronne d'Angleterre.

L'application du traité[modifier | modifier le wikicode]

Le roi Charles V remet l'épée de connétable à Bertrand Du Guesclin.

Dès son retour en France le roi Jean le Bon réunit les fonds pour régler sa rançon. Mais le prince Louis, laissé en otage à Londres, profite que le roi d'Angleterre lui ait accordé l'autorisation de faire un pèlerinage sur le continent, pour ne pas regagner la prison dorée. Devant cette trahison de la parole donnée, le roi Jean le Bon décide de retourner à Londres et de se constituer prisonnier. Il y meurt quelques temps après son arrivée le 8 avril 1364.

En Aquitaine, de nombreux seigneurs refusent de changer de suzerain et de prêter l'hommage au Prince Noir. Celui-ci doit donc les menacer. De plus les Anglais, doivent trouver de l'argent pour mettre sur pieds leur administration. Ils augmentant donc les impôts, ce qui mécontente la population. Bien que depuis 1360, l'Aquitaine ne soit plus française, le roi Charles V soutient les seigneurs qui contestent la présence anglaise. En 1369, il convoque le prince Noir pour qu'il s'explique sur son action en Aquitaine. Celui-ci qui n'est soumis à aucun devoir vassalique envers le roi d France, qui n'est pas son suzerain, refuse. Aussi, ne tenant pas compte des dispositions du traité de Brétigny, Charles V le déclare félon et décide de confisquer les terres sous souveraineté anglaise. La guerre reprend en 1369.

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