Théâtre au XVIIe siècle

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Le théâtre est tout d’abord une littérature qui devient populaire au XVIIe siècle (17ème siècle). Au début du siècle, le théâtre n'est pas un genre fort noble : il est joué par des comédiens nomades, devant un public plutôt grossier. Jusqu'à la fin du siècle le théâtre est une occupation peu noble. A Paris il n’existait qu’une seule salle de Théâtre réservée à la troupe royale, Louis XIII les avait autorisé à prendre ce nom. Parmi les troupes provinciales la plus connue est celle de Molière.

Troupes et comédiens français[modifier | modifier le wikicode]

L'Avare, comédie de Molière 1668
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Théâtre français au XVIIe siècle.

Au milieu du XVIIe siècle, à Paris, il y a quatre troupes de théâtre installées dans trois salles.

La plus ancienne troupe est celle de l'hôtel de Bourgogne créée en 1629. Elle est nommée « Troupe royale » et reçoit une pension de la part du roi. À l'origine cette troupe jouait des farces et des comédies, qu'elle abandonne après la disparition de Turlupin, Gros-Guillaume et Gautier-Garguille, ses principaux comédiens. Elle est désormais spécialisée dans la tragédie et joue les pièces de Corneille et de Racine. Ses acteurs les plus connus sont Bellerose qui dirige la troupe, Floridor, Montfleury et l'actrice La Champmeslé.

La troupe du théâtre de Marais est installée dans la salle du jeu de paume du Marais (à l'époque, quartier à l'est de Paris). Cette troupe, créée en 1634 par le comédien Montdory, a donné la première représentation du Cid de Corneille en 1637. Elle est spécialisée dans les farces et les pièces à machines qui ont la faveur du public parisien.

La troupe du roi, créée en 1658, en prenant la suite de la troupe de l'Illustre théâtre. Elle est dirigée par Molière. Elle joue dans la salle du Petit-Bourbon et ensuite dans la salle du Palais-Royal. L'essentiel de son répertoire est fourni par Molière, mais elle joue aussi des œuvres de Racine (jusqu'à sa brouille avec Molière en 1665) et de Corneille.

Les Comédiens italiens partagent la salle du Petit-Bourbon avec la troupe de Molière. Ils proposent des spectacles de la Commedia dell'arte.

Lorsque Molière meurt en 1673, ses comédiens, rejoints par ceux du théâtre du Marais continuent à jouer sous la direction de l'acteur La Grange. En 1680, à la suite de mésentente interne, la troupe de l'hôtel de Bourgogne disparaît et fusionne avec celle de La Grange. C'est la naissance de la Comédie française, le 20 octobre 1680, elle reçoit du roi le privilège (c'est-à-dire être la seule) de représenter des comédies dans Paris.

Relations avec l'Église[modifier | modifier le wikicode]

Les comédiens avaient la vie difficile. Ils n'étaient pas bien considérés par l’Église, car elle pensait qu'être comédien c'était se moquer des autres et jouer des scènes peu appréciées. Le Clergé n'enterrait pas les comédiens dans le cimetière (qui était alors considéré comme une terre chrétienne): ils étaient souvent enterrés dans des endroits où les comédiens passaient (ex : dans les forêts). La religion chrétienne pensait que le théâtre provoquait, chez les spectateurs, des émotions dangereuses. Ce qui représentait un irréparable péché.En théorie les comédiens étaient excommuniés, mais dans beaucoup de diocèses les autorités religieuses se montraient tolérantes . Progressivement les comédiens purent se marier à l'église et faire baptiser leurs enfants (ainsi le premier-né de Molière avait pour parrain le roi Louis XIV).

Conditions de vie des acteurs[modifier | modifier le wikicode]

Les comédiens exerçaient souvent leur métier dans des lieux non-chauffés, la salle n'était pas toujours éclairée et souvent ils s’entraînaient dans des petits théâtres, voire en plein air au cour des tournées provinciales. L'action était parfois interrompue par l’arrivée des spectateurs. Les décors ne correspondaient pas toujours avec les thèmes du spectacle. Pendant le spectacle, certains allaient s’asseoir sur la scène car il n'y avait plus de places sur les chaises, mais seuls les hommes en avaient le droit. Le silence ne régnait pas en permanence parmi les spectateurs qu et s'apostropher dans la salle.Ces conditions étaient très difficiles pour les acteurs.

Le théâtre recevait beaucoup de gens, les spectateurs se pressaient autant pour se divertir que pour se montrer et se retrouver. Les gens y passaient souvent l'après-midi pour un spectacle qui durait deux heures et qui commençait à cinq heures. Le coût des places (le plus souvent debout) était fixé par les autorités municipales. Ainsi à Paris en 1606, une place au parterre coûtait 5 sous mais 10 sous pour les loges. L'inflation aidant le coût augmente, vers 1650 il faut débourser 15 sous pour accéder au parterre et de 1 à 10 livres pour les loges ou bien l'installation sur la scène. De plus nombres de resquilleurs parvenaient à pénétrer dans la salle sans payer.

Mettre en scène une pièce nouvelle pouvait revenir fort cher. Outre la rémunération des acteurs, il fallait régler les factures pour l'éclairage, les décors, les costumes, et les musiciens dans le cas des comédies-ballets. Ainsi, le Malade imaginaire de Molière demanda 2400 livres d'investissement à cause du déploiement de personnages et de moyens pour le prologue. Heureusement le succès est au rendez-vous, les quatre premières représentations rapportèrent 2000 livres. En cas d'insuccès il fallait vite reprendre des pièces anciennes dont on était sûr des résultats financiers. En cas de succès il faut aussi empêcher les troupes rivales de s'emparer du sujet et de tenter de monter leur propre pièce. Généralement on retarde la parution écrite de la pièce, le plus longtemps possible. Ainsi le texte du Malade imaginaire joué pour la première fois en février 1673, ne fut imprimé qu'en 1682.

On ne joue pas tous les jours généralement le mardi, le vendredi et le dimanche, les recettes sont donc épisodiques. Pour subvenir à leurs besoins matériels les troupes de comédiens devaient trouver des bienfaiteurs (mécènes) qui leur accordaient des pensions. Ainsi la troupe de Molière (troupe du Roi) recevait entre 6 et 7000 livres annuelles.



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