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Siège de Paris (1870-1871)

« Siège de Paris (1870-1871) » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Paris a été assiégé par les armées allemandes du 19 septembre 1870 au 29 janvier 1871. C'est un épisode de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Paris peut résister à l'assaut ennemi car depuis le milieu du siècle la capitale est ceinturée par une ligne continue de fortifications doublée en avant de positions fortifiées. Les différentes tentatives militaires entreprises par les troupes existantes dans la capitale assiégée pour percer les lignes ennemies ont toutes échoué. Beaucoup de Parisiens considèrent que ces échecs sont dus à la mollesse, voire à la trahison des dirigeants politiques républicains modérés qui dirigent Paris, républicains qui sont en grande partie convaincus que la guerre est perdu et qu'il faut faire la paix avec le vainqueur.

Attention L'article qui suit ne présente que le dispositif militaire français et allemand pendant le siège. Pour les évènements survenus pendant le siège et la vie quotidienne des Parisiens voir les articles cités plus bas.

Les moyens de défense de Paris en 1870[modifier | modifier le wikicode]

L'invasion du territoire français par l'Est et le Nord en 1814 et 1815, avait montré que la capitale relativement proche des frontières était surexposée à un encerclement qui mettrait le gouvernement dans une position difficile.

L'enceinte de Thiers[modifier | modifier le wikicode]

Les fortifications de Paris en 1872. L'enceinte édifiée sur les recommandations de Thiers et les forts avancés sont surlignés en rouge. Le Mur des fermiers généraux ceinturait l'espace parisien habité du XVIIIe siècle (en jaune)

Sur une périphérie de 34 km de long la capitale est ceinturée par un mur de fortification, percé de 69 portes et renforcé par 94 bastions. À l'intérieur de l'enceinte, il existait à cette époque, un large espace qui s'étendait jusqu'au Mur des Fermiers généraux qui ceinturait l'espace habité parisien depuis le milieu du XVIIIe siècle. Il y avait là de vastes étendues rurales parsemées de villages (Montmartre, Ménilmontant, Charonne ...) , Paris pouvait donc en tirer une petite partie de son approvisionnement alimentaire. En avant de cette muraille le terrain était zone militaire avec interdiction de la construction pour ne pas fournir l'abri à l'ennemi si celui-ci attaquait et permettre l »'efficacité des tirs de l'artillerie de défense. Autour de Paris , à une distance variable de l'enceinte (entre 1,5 et 3,5 km) on construisit également quinze forts, répartis inégalement (surtout à l'est et au sud) et autour de Saint-Denis, servant de point de résistance et de menace de contre-attaque contre un ennemi qui s'approcherait de trop près de l'enceinte. L'ouest était défendu par la bouche de la Seine qui forme un fossé naturel. Seules les fortifications du Mont-Valérien assurent la couverture en artillerie. À partir de la mi-août il fallut construire en catastrophe des bastions et redoutes pour combler le vide défensif, en particulier autour de Gennevilliers. Les distances avaient été calculées en fonctions des caractéristiques techniques des armes de l'époque : les portées ordinaires étaient de 1 600 mètres pour l'artillerie de siège, de 800 mètres pour l'artillerie de campagne et de 400 mètres pour le fusil. Au total le dispositif fortifié avait une périphérie d'environ 70 km.

L'armement de l'enceinte et des forts[modifier | modifier le wikicode]

Si les fortifications existaient l'armement qui y était installé était très insuffisant voir inexistant. Le commandement français n'avait jamais envisagé une défaite aussi rapide de l'armée impériale régulière (environ un mois et demi) et une avancée aussi fulgurante des troupes ennemies en direction de Paris. Rien n'était prévu pour défendre la capitale.

D'après le règlement de 1867, les forts devaient disposer de 7 pièces par bastion. Or en juillet 1870, au début de la guerre, les forts n'étaient équipés que de 3 pièces par bastion, et il n'existait pas une seule pièce en batterie sur les remparts de l'enceinte. Chaque pièce d'artillerie ne disposait que d'une dizaine de coup à tirer. Il n'y avait pas non plus de bouches à feu de réserve de Paris, celles-ci ayant été envoyées à Metz et à Strasbourg pour servir à la défense des forteresses de l'Est les premières sous le feu de l'ennemi. Le personnel servant l’artillerie ne comportait qu'une dizaine d'officiers pour la totalité de l'enceinte. Dans quelques forts, il n'y avait qu'un gardien de batterie.

Cependant dès le début août le gouvernement impérial comprend que Paris risque d'être attaqué. Il va « alléger » l'équipement en matériel militaire et en hommes des ports maritimes (qui ne risquent pas d'être sous le feu de l'ennemi). Le matériel de la marine, qui dispose de canons à longue portée, contraindra les Allemands à se tenir à bonne distance des fortifications parisiennes. On demande aux officiers retraités de reprendre du service, les artilleurs de la garde nationale mobile de plusieurs départements (Seine, Seine-et-Oise, Rhône, Loire-Inférieure...) sont déplacés à Paris ; il en est de même pour 7 000 marins et leurs officiers généraux et supérieurs. Au total en octobre l'artillerie parisienne compte environ 13 000 cadres et soldats.

La production de matériel et de munitions est augmentée dans la banlieue, puis, lorsque le siège sera en place, à l'intérieur de Paris (c'est à cette occasion que les Parisiens financeront une partie des canons (que le gouvernement Thiers voudra leur reprendre le 18 mars 1871). À la mi-octobre, l'artillerie compte 2 140 bouches à feu qui peuvent être alimentées à 400 coups par pièces. Désormais les fantassins stationnés à Paris disposeront de près de 2 000 000 de cartouches par semaine.

Sur la Seine des embarcations militaires fluviales naviguaient : un yacht, 5 batteries flottantes cuirassées, 9 canonnières, 7 chaloupes à vapeur pontées et 6 canaux à vapeur.

Les troupes assurant la défense de la capitale[modifier | modifier le wikicode]

Quelques uns des défenseurs de Paris pendant le siège

L'effectif des défenseurs est d'environ 220 000 hommes. Mais la valeur de ces soldats est très inégale. L'ex-armée impériale forme l'essentiel des effectif. Le général Vinoy commande 25 000 fantassins aguerris provenant du XIIIe corps d'armée et le général Renault dirige le XIVe corps (24 000 soldat, de provenance assez hétéroclite mais aguerris). L'amiral La Roncière-Le Noury a sous ses ordres les 14 000 marins (artilleurs, fusiliers...) expérimentés envoyées depuis les installations militaires maritimes. S'y ajoutent 20 000 hommes provenant de la gendarmerie, des douanes et des régiment du train.

On compte de nombreux civils, volontaires provenant des professions qui connaissent le maniement des armes ; ils forment les francs-tireurs. Ils vont guerroyer en avant des lignes constituées par les forts.

Les départements ont fourni la garde nationale mobile forte de près de 100 000 hommes, on les appelle les « moblots ». Recrutés en juillet, au début de la guerre, ils sont mal formés, peu exercés à la réalité de la guerre et insuffisamment encadrés. Souvent ils refuseront d'occuper les postes les plus exposés face à l'ennemi. En outre Paris fournit 266 bataillons de la garde nationale sédentaire, 60 000 hommes en juillet. Ils devaient assurer le service des remparts et la police intérieure de la ville. Au plus fort du siège on recrutera sans retenue et on comptera jusqu'à 300 000 gardes ; il est vrai que l'engagement dans la garde assure une solde journalière de 1,5 franc, ressource financière bienvenue vu le grand chômage qui sévit dans Paris. S'y retrouvent des artisans, des bourgeois, des ouvriers, mais aussi des vagabonds ou des enfants ; leur valeur militaire est médiocre, beaucoup sont âgés et incapables de soutenir l'effort physique exigés par les actions militaires ; ils élisent leurs officiers dont la valeur laisse souvent à désirer et sont très souvent indisciplinés.

Le dispositif des Allemands assiégeant Paris[modifier | modifier le wikicode]

Les premiers cavaliers allemands sont aperçus à une trentaine de kilomètres à partir du 17 septembre 1870. L'encerclement par le Nord, par l'ouest et par le le sud commence dès le 18. Le 19 septembre au soir la capitale et totalement assiégée par les Allemands.

Les Allemands s'installent assez loin de l'enceinte et des forts, dans un rayon de 10 à 12 bm ; ils leur faut échapper aux obus de l'artillerie parisienne. Le dispositif allemand s'étire sur un cercle d'une centaine de kilomètres de périphérie. Après les avoir vidé de leurs habitants, ils occupent plusieurs villages qu'ils fortifient. Les rues sont barricadées, les murs des maisons sont percés de meurtrières. Les unités sont reliées efficacement par le télégraphe militaire.

L'armée de siège était relativement peu importante (de 160 à 180 000 hommes) car les Allemands doivent au même moment continuer de faire la guerre aux différentes armées françaises mises sur pieds par le gouvernement de la défense nationale. L'État-major allemand est convaincu que les troupes enfermées dans Paris feraient certainement des tentatives de sorties pour percer le dispositif ennemi. Mais de peur de subir une défaite en rase campagne, les Français n'engageraient pas à chaque fois de gros effectifs . Il suffisait donc à l'assiégeant de riposter au coup par coup aux « sorties » françaises en déplaçant rapidement une partie des troupes assiégeantes vers le lieu des combats pour colmater les brèches éventuelles. Pour les Allemands il impensable d'être à l'initiative d' attaques contre des fortifications jugées efficaces : ils « laisseraient venir » l'ennemi.

Pour le reste les Allemands comptaient sur les effets du blocus du ravitaillement de la ville qui à l'époque avait près de 2 000 000 d'habitants, à la disette de la nourriture, du chômage qui toucherait une grande partie de la population ouvrière dont les ateliers seraient paralysés par l'absence de matières premières. L'hiver arrivant les Parisiens seraient également privés de chauffage (à l'époque le bois et le charbon acheminés par la Seine amont et l'Oise qui sont sous le contrôle de l'ennemi). Le moral des assiégés devraient baisser rapidement et contraindre le gouvernement à capituler.

Pour compléter sur le siège de Paris en 1870-1871[modifier | modifier le wikicode]


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