Saturn V

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La fusée Saturn V lance les astronautes de la mission Apollo 11.

Saturn V est une fusée développée par la NASA dans les années 1960 pour le programme spatial Apollo. Saturn V a été utilisée sans aucun échec entre 1967 (Apollo 4) et 1973 (Skylab 1). Saturn V pèse 3 038 tonnes et mesure 110,6 mètres de haut. Son premier vol a eu lieu le 9 novembre 1967 (Apollo 4) et le dernier a eu lieu le 14 mai 1973 (Skylab 1).

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Une fusée pour des satellites militaires[modifier | modifier le wikicode]

Séparation entre les premier et deuxième étages lors du vol d'Apollo 6.
Une fusée Juno-II dérivée du lanceur Jupiter lance le satellite Explorer 7 (1959).

Les débuts de la famille des fusées Saturn commencent par le Département de la Défense (DOD) américain qui a besoin d'une fusée lourde : elle doit permettre de placer en orbite basse des satellites de reconnaissance et de télécommunications pesant jusqu'à 20 tonnes. À cette époque, les fusées américaines les plus puissantes en cours de développement peuvent tout au plus lancer 1,5 tonne en orbite basse, car elles sont originaires de missiles balistiques beaucoup plus légers. En 1957, Wernher von Braun et son équipe d'ingénieurs, venus comme lui d'Allemagne, travaillent à la mise au point des missiles intercontinentaux Redstone et Jupiter au sein de l'Army Ballistic Missile Agency (ABMA), un service de l'Armée de Terre situé à Huntsville (Alabama). Elle lui demande de concevoir une fusée capable de répondre à la demande du DOD. Von Braun propose un engin qu'il baptise "Super-Jupiter", dont le premier étage, constitué de huit étages regroupés autour d'un étage Jupiter, fournit les 680 tonnes de poussée nécessaires pour lancer les satellites lourds. La course à l'espace, qui débute fin 1957, décide le DOD, après examen de projets concurrents, à financer en août 1958 le développement de ce nouveau premier étage rebaptisé Juno V, puis finalement Saturn.

La récupération du projet par la NASA[modifier | modifier le wikicode]

Comparaison des fusées Saturn 1, Saturn V et Nova 8L.

En 1958, la NASA, qui vient d'être créée, identifie la fusée comme un composant important dans son programme spatial. Mais en 1959, le Département de la Défense décide d'arrêter le programme qui coûte trop cher. La NASA obtient le transfert du projet et des équipes de von Braun fin 1959. Le centre Marshall étudie à l'époque une fusée extraordinaire capable d'envoyer une mission vers la Lune. Cette fusée, qui s'appelle Nova, est dotée d'un premier étage qui peut avoir une poussée de 5 300 tonnes, capable de lancer une charge de 81,6 tonnes sur une trajectoire "interplanétaire".

Les Saturn IB et V[modifier | modifier le wikicode]

Photomontage montrant tous les lancements effectués avec une fusée Saturn V.

Dès juillet 1960, Rocketdyne, sélectionné par la NASA, avait commencé les études sur le moteur J-2, consommant le mélange hydrogène et oxygène, d'une poussée d'environ 90 tonnes, elle est retenue pour propulser les étages supérieurs des fusées Saturn. Ils travaillaient depuis 1956, à la demande de l'armée de l'Air, sur l'énorme moteur F-1 (680 tonnes de poussée) retenu pour le premier étage de Saturn. Fin 1961, la configuration du lanceur lourd Saturn V est prêt, le premier étage est propulsé par 5 moteurs F-1, le deuxième par 5 moteurs J-2 et le troisième par 1 moteur J-2. L'énorme fusée peut placer 118 tonnes en orbite basse et envoyer 40 tonnes vers la Lune. 2 modèles moins puissants doivent être utilisés durant la première phase du projet. :

  • La C-1 (ou Saturn I), utilisée pour tester des maquettes des vaisseaux Apollo, est constituée d'un premier étage propulsé par 8 moteurs H-1 (1 moteur H-1 a 90 tonnes de poussée), couronné d'un second étage propulsé par six RL-10
  • La C-1B (ou Saturn IB), chargée de qualifier les vaisseaux Apollo en orbite terrestre, est constituée du 1er étage de la S-1 couronné du troisième étage de la C-5.

Lancement du programme Apollo[modifier | modifier le wikicode]

Le 25 mai 1961, le président John Fitzgerald Kennedy annonce devant le Congrès des États-Unis le lancement du programme Apollo, qui doit amener des astronautes américains sur la Lune avant la fin de la décennie . La proposition du président reçoit un succès. Les fonds donnés à la NASA vont passer de 500 millions de dollars (en 1960), à 5,2 milliards de dollars (en 1965).

Développement du programme Apollo[modifier | modifier le wikicode]

Dès 1959, les études sont lancées à l'agence spatiale américaine dans une réflexion à long terme, sur la manière de poser un engin habité sur la Lune. Trois scénarios principaux se dégagent :

  • L'envoi direct d'un vaisseau sur la Lune (Direct Ascent) : une fusée de forte puissance, de type Nova, envoie le vaisseau complet ; celui-ci atterrit sur la Lune, puis en décolle avant de retourner sur la Terre.
  • Le rendez-vous orbital autour de la Terre (EOR pour "Earth-Orbit Rendez-vous") : pour limiter les risques et le coût de développement de la fusée Nova, les composants du vaisseau sont envoyés en orbite terrestre par 2 ou plusieurs fusées moins puissantes. Ces différents éléments sont assemblés en orbite, en utilisant une station spatiale comme base. Le déroulement du vol du vaisseau, par la suite, est similaire à celui du premier scénario.
  • Le rendez-vous en orbite lunaire (LOR pour "Lunar Orbital Rendez-vous") : Il fait une seule fusée, mais le vaisseau spatial comporte deux sous-ensembles qui se séparent une fois que l'orbite lunaire est atteinte. Un module dit " lunaire " se pose sur la Lune avec 2 des 3 astronautes et en redécolle pour ramener les astronautes jusqu'au module dit " de commande ", resté en orbite autour de la Lune, qui prend en charge le retour des astronautes vers la Terre. Cette solution permet d'économiser du poids par rapport aux deux autres scénarios, et permet de concevoir un vaisseau destiné à sa mission lunaire.

Quand le président Kennedy annonce à la NASA, en 1961, l'objectif de faire atterrir des hommes sur la Lune, l'étude de ces trois méthodes sont encore en cours. L'agence spatiale maîtrise peu les rendez-vous entre des engins spatiaux et elle ne maîtrise pas l'attitude des astronautes à rester de longs séjours dans l'espace, la NASA va mettre plus de 1 an, passé en études et en débats, avant que le scénario du LOR soit finalement retenu. Au début de l'étude, la technique du rendez-vous en orbite lunaire (LOR) est la solution qui reçoit un échec total, malgré les démonstrations de John C. Houbolt du Centre de Recherche de Langley. D'après beaucoup de spécialistes, le rendez-vous entre de modules autour de la lune paraît trop dangereux. Les avantages du LOR, en particulier le gain sur le poids à placer en orbite. Au fur et à mesure que les autres scénarios sont à l'étude, le LOR gagne en crédibilité. Au début de l'été 1962, les responsables de la NASA se sont tous convertis au LOR, et le choix de ce scénario est finalement pris le 7 novembre 1962. La fusée Saturn V joue un grand rôle dans le scénario retenu et les études sur le lanceur Nova sont arrêtées.

Développement de Saturn V[modifier | modifier le wikicode]

Plan d'une fusée Saturn V.

Le développement de la fusée Saturn est un défi sans précédent sur le plan technique et de l'organisation, il fallait mettre au point une fusée dont la grandeur faisait apparaître des problèmes jamais rencontrés, ainsi que 2 nouveaux moteurs aussi bien par leur puissance (F-1) que par leur technologie (J-2), ils avaient un calendrier très serré (8 ans entre le démarrage du programme Apollo et la date fixée par le président Kennedy pour le premier alunissage sur la Lune d'une mission habitée).

La mise au point du moteur F-1, d'architecture classique, mais d'une puissance exceptionnelle, a duré extrêmement longtemps à cause de problèmes d'instabilité au niveau de la chambre de combustion. Le deuxième étage de la fusée Saturn V, qui constituait une complexité technique à cause de la taille de son réservoir d'hydrogène.

Les tests ont eu une importance considérable dans le cadre du programme puisqu'ils représentèrent près de 50 % du travail. Grâce aux avancées de l'informatique, la séquence des tests et l'enregistrement des mesures de centaines de paramètres (jusqu'à 1 000 pour un étage de la fusée Saturn V) se sont déroulés pour la première fois automatiquement. Ceci permit aux ingénieurs de se concentrer sur l'interprétation des résultats et réduit la durée des phases de qualification.

La création d'installations adaptées pour Saturn V[modifier | modifier le wikicode]

Construction du Vehicle Assemby Building (VAB).

Pour développer, tester et lancer la fusée Saturn V, la NASA crée de nouvelles installations adaptées à la dimension du projet :

  • Le Centre de vol spatial Marshall (George C. Marshall Space Flight Center ou MSFC), situé près de Huntsville dans l'Alabama. On pouvait y trouver des bancs d'essai, des bureaux d'études et des installations d'assemblage. Les premiers exemplaires de la fusée Saturn I ont été construits, avant que le reste de la production soit confié à l'industrie. Il emploiera jusqu'à 20 000 personnes.
  • Le Centre spatial Kennedy (KSC), situé sur l'île Meritt en Floride, est le site d'où sont lancées les fusées du programme Apollo. La NASA, qui avait besoin d'installations à l'échelle de la fusée Saturn V, mit en construction en 1963 cette nouvelle base de lancement, qui jouxtait celle de Cape Canaveral appartenant à l'Armée de l'Air américaine et d'où étaient parties, jusqu'alors, toutes les missions habitées et les sondes spatiales de l'agence spatiale. Le centre effectuait la qualification de la fusée assemblée (« all up ») et contrôlait les opérations sur la fusée jusqu'à son décollage. Il employait en 1965 environ 20 000 personnes. Au cœur du centre spatial, le complexe de lancement comportait 2 aires de lancement et un immense bâtiment d'assemblage, le VAB (haut de 140 mètres), dans lequel plusieurs fusées Saturn V pouvaient être préparées en parallèle. Plusieurs plates-formes de lancement mobiles permettaient de transporter la fusée Saturn V jusqu'au site de lancement. Jusqu'en 2011, le complexe était utilisé pour lancer la navette spatiale américaine.
  • En 1961, le Centre spatial John C. Stennis est édifié dans l'État du Mississippi. Le nouveau centre disposait de bancs d'essai, utilisés pour tester les moteurs-fusées qui été développés pour le programme.
  • Le Langley Research Center (1914), situé à Hampton (Virginie) abritait de nombreuses souffleries. Il servit jusqu'en 1963 de siège au MSC et continua, par la suite, à abriter certains simulateurs du programme.

Caractéristique de Saturn V[modifier | modifier le wikicode]

Premier étage de la fusée Saturn V ayant servi pour Apollo 10.

La fusée Saturn V est composée de 3 étages (le S-IC, le S-II et le S-IVB). En tout, Saturn V comprend 11 moteurs-fusées.

Premier étage (S-IC)[modifier | modifier le wikicode]

Moteur-fusée F-1.
Les moteurs J-2 du deuxième étage.
Deuxième étage de la fusée Saturn V ayant servi pour la mission Apollo 6.

Le 1er étage est construit par la société Boeing au centre d’assemblage Michoud, à la Nouvelle-Orléans où plus tard seront construits les réservoirs externes de la navette spatiale américaine. Comme pour souvent des étages d’une fusée, la presque totalité du poids (2 000 tonnes au décollage) du S-IC provenait du carburant. Le premier étage fait 40 mètres de haut et 10 mètres de diamètre pour 2 300 000 kg, elle fournissait une poussée de 3 500 tonnes propulsant la fusée pendant les 65 premiers kilomètres (environ) de décollage. Le premier étage a 5 moteurs-fusées (F-1) qui consomment 15 tonnes de carburant par seconde.

Deuxième étage (S-II)[modifier | modifier le wikicode]

Le S-II est construit par North American Aviation en Californie. Elle utilise de l’oxygène et de l’hydrogène liquides, ses cinq moteurs-fusées J-2 présentent une disposition des moteurs similaires au premier étage. Le deuxième étage faisait avancer Saturn V dans les hautes couches de l’atmosphère. Il fait 25 mètres de haut et 10 m de diamètre pour 480 900 kg. Il est composé de 5 moteurs-fusée J-2, tous sont inclinables pour naviguer dans l'espace, sauf le moteur central.

Troisième étage (S-IVB)[modifier | modifier le wikicode]

Le troisième étage est fabriqué par la société Douglas Aircraft en Californie. Cet étage est utilisé deux fois au cours d’une mission lunaire, une première fois pour la mise en orbite après la séparation du deuxième étage, et une seconde fois pour la manœuvre de l’injection dit "translunaire ". Le troisième étage fait 17,5 m de haut et 6,5 m de diamètre pour 119 900 kg et possède 1 moteur-fusée J-2.

Module lunaire ("LEM" ou "LM")[modifier | modifier le wikicode]

Article à lire Article à lire : Module lunaire
Le module lunaire d'Apollo 16.

Le module lunaire ("LEM" ou "LM") se situe dans le troisième étage de Saturn V, quatre panneaux protègent le LEM pendant le vol, puis les panneaux sont éjectés pendant le transit Terre-Lune pour libérer le LEM pour s'amarrer au module de commande et de service. Le module lunaire fait 7 mètres de haut et 4,30 mètres de diamètre.

Rover lunaire[modifier | modifier le wikicode]

Schéma du Rover lunaire.
Article à lire Article à lire : Rover lunaire

Véhicule tout terrain, tenant à la fois du buggy et de la voiture de golf, le rover lunaire fut fabriqué à 4 exemplaires par les sociétés Boeing et Delco Electronics (General Motor). Dépliée, elle mesurait 3,10 mètres de longueur sur 1,80 m de largeur et pesait 35 kg sur la Lune (205 kg sur la Terre). Elle avait pour fonction de transporter les astronautes et leurs équipements scientifiques, les caméras, et les échantillons de roches. Sa charge pouvait atteindre 450 kg. Elle se situe dans une soute dans le LEM.

Module de service et de commande (CSM)[modifier | modifier le wikicode]

Le CSM d'Apollo 15.
Article à lire Article à lire : Module de commande et de service Apollo

Le Module de commande et de service se situe tout en haut de la fusée après la tour de sauvetage, il mesurait au total 5,70 de longueur, 3,60 m de hauteur, et 3,80 m de diamètre dans sa partie la plus large. Son poids total s'élevait à 5,6 tonnes.

Test de la tour de sauvetage d'Apollo.

Tour de sauvetage Apollo[modifier | modifier le wikicode]

Article à lire Article à lire : Tour de sauvetage (fusée)

La tour de sauvetage utilisée sur Saturn V faisait 10 mètres de long et un diamètre de 0,70 mètre, elle pesait plus de 4 tonnes, la tour de sauvetage avait une poussée d'environ 70 tonnes.

Sa poussée était plus forte que celle de la fusée Mercury-Redstone qui avait propulsé Alan Shepard lors de la première mission spatiale américaine.

Moteurs F-1 et J-2[modifier | modifier le wikicode]

Moteur-fusée F-1[modifier | modifier le wikicode]

Le moteur seul mesure 3,3 m de haut pour 3 m de diamètre. Le prolongateur de tuyère porte sa longueur à 6 m pour un diamètre de 4 m. Cette tuyère est constituée de 178 tubes d'acier de 2,25 cm de diamètre convenablement cintrés entre lesquels, dans la partie intérieure, 178 autres tubes sont insérés, tous soudés avec un alliage contenant cuivre, argent et or. Dans ces tubes, le combustible circule avant son introduction dans la chambre. Les moteurs sont fabriqués par Rocketdyne à Canoga Park en Californie.

Moteur-fusée J-2[modifier | modifier le wikicode]

Le moteur J2 équipe les deuxième et troisième étages du Saturn V. C'est lui qui est chargé de la satellisation autour de la terre et d'envoyer le module lunaire vers la Lune. Successeur du RL10 qui équipe les Saturn 1, il développe 90 tonnes de poussée dans le vide contre 40 dans l'air. Il fait 3,4 mètres de haut pour 2,1 m de diamètre.

Chronologie du lancement de Saturn V[modifier | modifier le wikicode]

Lancement d'Apollo 10 le 11 mars 1969.

Fonctionnement du 1er étage[modifier | modifier le wikicode]

Le premier étage fonctionne pendant 2 minutes et 30 secondes en brûlant 2 000 tonnes de carburant. Lorsque le 2e étage prend le relais, la fusée se trouve à une altitude d'environs 60 km et sa vitesse est de 8 600 km/h .

La séquence d’allumage du 1er étage débute 8 secondes avant le lancement. Le moteur F-1 central s’allume en premier, suivi par les 4 moteurs extérieurs avec un décalage d'environ 1 seconde. Une fois que les ordinateurs ont confirmé que les moteurs ont atteint leur puissance maximale, la fusée est relâchée en deux étapes : les bras qui maintiennent la fusée se déverrouillent pour la libérer puis, tandis que le lanceur commence à s'élever au-dessus du sol, des fixations métalliques accrochées à travers des fentes à la fusée se déforment progressivement jusqu'à relâcher complètement le lanceur. Cette phase du lancement dure une demi-seconde. Lorsque la fusée est complètement relâchée, le lancement ne peut plus être interrompu même si un moteur a un fonctionnement défectueux. Il faut environ 10 secondes à la fusée pour s’élever au-dessus de la tour de lancement. Saturn V accélère rapidement, atteignant la vitesse de 500 mètres par seconde à 2 km d’altitude. Or la poussée du moteur F-1 n’était pas variable. 6 secondes après avoir éteint le moteur central, alors que la fusée a atteint une altitude de 60 km le premier étage se sépare du lanceur avec l’aide de 8 petits rétrofusées à poudre qui empêchent le premier étage toujours propulsé de rentrer en collision avec le 2e étage qui n'avance plus que sur son inertie.

Fonctionnement du 2e étage[modifier | modifier le wikicode]

Le deuxième étage prend le relais du premier, il va fonctionner pendant 6 minutes. Il va permettre d'atteindre une altitude de 185 km, une vitesse de 24 600 km/h (6,5 km/s). Les moteurs du second étage sont allumés en deux temps. Après la séparation, des fusées à propergol solide impriment durant 4 secondes. Puis les cinq moteurs J-2 sont allumés. Environ 30 secondes après la séparation avec le premier étage, la jupe située entre les deux étages, qui sert également de support aux fusées de tassement, est larguée pour alléger le lanceur. Cette manœuvre de séparation demande une grande précision, car il ne faut pas que cette pièce qui entoure les moteurs et qui en est distante de seulement 1 mètre percute les moteurs. Au même moment, la tour de sauvetage, qui est fixée au sommet du vaisseau Apollo pour arracher celui-ci au lanceur en cas de défaillance, est larguée. Dès que des capteurs au fond des réservoirs captent qu'il n'y a plus d'essence, les ordinateurs séparent le 2e étage. Puis 4 rétros fusées éloignent le troisième étage du 2e.

Fonctionnement du 3e étage[modifier | modifier le wikicode]

Le troisième étage fonctionne pendant les 2,5 minutes suivantes.

À la séparation du deuxième étage, il n’y a pas d’opération spécifique de séparation pour l'interétage. L’inter étage entre les deuxième et troisième étages reste attaché au 2e étage, 10 minutes après le décollage, Saturn V est à environ 160 km d’altitude et à 1 700 km de distance au sol du site de lancement. Quelques instants plus tard, après des manœuvres de mise en orbite, le 3e étage est sur une orbite terrestre de 180 km sur 160 km. C'est très bas pour une orbite terrestre et la trajectoire ne peut pas rester stable à cause du frottement avec les hautes couches de l’atmosphère. Pour les 2 missions qui se déroulent en orbite terrestre, Apollo 9 et Skylab, le lanceur injecte les vaisseaux sur une orbite beaucoup plus élevée. Une fois sur cette orbite de parking, le 3e étage et le vaisseau spatial, restés attachés, font 2 orbites et demie autour de la Terre. Durant cette période les astronautes effectuent des contrôles des équipements du vaisseau et du 3e étage pour s’assurer que tout est en parfait état de marche et préparer le vaisseau pour la manœuvre d’injection "translunaire " (TLI).

La manœuvre TLI intervient environ 2 heures et demie après le lancement : le moteur du troisième étage est rallumé pour propulser le vaisseau spatial vers la Lune. La propulsion du S-IVB durant 6 minutes ce qui porte la vitesse des vaisseaux à plus de 10 km/s, ceux-ci peuvent ainsi s’échapper de l’attraction de la Terre pour se diriger vers la Lune. Quelques heures après la manœuvre TLI, le module de commande et de service Apollo (CSM) se sépare du troisième étage, pivote de 180 degrés, puis s’arrime au module lunaire (LEM) qui était situé sous le CSM pendant la phase de lancement. Enfin le nouvel ensemble formé par le CSM et le LEM se détache du troisième étage.

CSM rotation in space.jpg CSM docking with LM.jpg CSM & S-IVB separation.jpg
Manœuvre d'amarrage du Module de commande et de service, et du Module lunaire durant le transit vers la Lune.

Les missions de Saturn V[modifier | modifier le wikicode]

Missions sans équipage[modifier | modifier le wikicode]

  • Apollo 4 (9 novembre 1967), mission non habitée, premier essai de la fusée Saturn V. La mission Apollo 4 est le premier vol de la fusée. Afin de recueillir un maximum d'informations sur le comportement de la fusée, 4100 capteurs sont installés. Le premier lancement de Saturn V est un succès complet.
  • Apollo 6 (4 avril 1968) est une répétition plus complète d'Apollo 4. Le test est peu concluant : deux des moteurs J-2 du 2e étage cessent prématurément de fonctionner ce qui peut être compensé que par une durée de fonctionnement prolongée des autres moteurs de l'étage. Alors que la fusée est sur son orbite de "parking", l'unique moteur J-2 du 3e étage refuse de se rallumer pour simuler l'injection sur une trajectoire lunaire, en sollicitant le moteur du vaisseau Apollo.

Missions avec un équipage[modifier | modifier le wikicode]

  • Apollo 8 (21 décembre 1968 - 27 décembre 1968). La mission Apollo 8 est le premier vol habité à quitter l’orbite terrestre. À ce stade d'avancement du programme, il s'agit d'une mission risquée car une défaillance du moteur du vaisseau Apollo au moment de sa mise en orbite lunaire ou de son retour sur la trajectoire de la Terre aurait pu être mortel à l'équipage d'autant que le module lunaire a été remplacé par une maquette.
  • Apollo 9 (3 mars 1969 - 13 mars 1969). Apollo 9 est le premier essai en vol avec les équipements prévus pour une mission lunaire : fusée Saturn V, module lunaire et le vaisseau Apollo. Les astronautes effectuent toutes les manœuvres de la mission lunaire tout en restant en orbite terrestre.
  • Apollo 10 (18 mai 1969 - 26 mai 1969). Les directeurs de la NASA envisagent que cette mission soit celle du premier alunissage, car l'ensemble des véhicules et des manœuvres a été testé sans qu'aucun problème n'ait été détecté. Mais les Soviétiques n'ont pas l'air d'avancer dans leur programme habité sur la Lune, la NASA décide d'une dernière mission de test des vaisseaux.

Missions habitées sur la Lune[modifier | modifier le wikicode]

L'équipage d'Apollo 11.
  • Apollo 11 (16 juillet 1969 - 24 juillet 1969)

Le 20 juillet 1969, les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin, après leur alunissage dans la mer de la Tranquillité, font leurs premiers pas sur la Lune, et deviennent les premiers hommes à marcher sur la Lune.

  • Apollo 12 (14 novembre 1969 – 24 novembre 1969)

30 secondes après son décollage, la fusée Saturn V est frappée par un éclair, qui perturbe temporairement la puissance électrique. Le module lunaire fait un alunissage dans l'Océan des Tempêtes à environs 200 mètres de la sonde spatiale Surveyor 3.

Cette mission est interrompue à la suite de l'explosion d'un réservoir d'oxygène liquide situé dans le module de service, durant le transit de la Terre à la Lune. Heureusement, la trajectoire de transit Terre-Lune a été calculée pour que, en l'absence de manœuvre, le CSM puisse revenir vers la Terre après avoir fait le tour de la Lune.

  • Apollo 14 (31 janvier 1971 - 9 février 1971).

Au début du transit Terre-Lune, l'équipage n'arrive pas amarrer le module CSM au module lunaire après 5 tentatives, impliquant une longue période de tension pour l'équipage. Apollo 14 atterrit dans la région accidentée de Fra Mauro qui était l'objectif initial d'Apollo 13.

Apollo 15 est la première mission à emporter un module lunaire grâce, à l'optimisation du lanceur Saturn V. Le poids supplémentaire est principalement constitué par le rover lunaire et ses aliments embarqués à bord du module lunaire Apollo qui permettent d'allonger le séjour sur la Lune de 35 heures à 67 heures.

Apollo 16 est la première mission à se poser sur les hauts plateaux lunaires.

  • Apollo 17 (7 décembre 1972 - 19 décembre 1972)

Apollo 17 est la dernière mission sur la Lune. L'astronaute Eugene Cernan et son compagnon Harrison Schmitt, un géologue civil américain, le seul astronaute scientifique du programme Apollo à avoir volé, sont les derniers hommes à avoir marché sur la Lune.

En tout, 12 hommes ont marché sur la Lune.

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 21 novembre 2016.
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