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António de Oliveira Salazar

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Salazar

Antonio de Oliveira Salazar (né le 28 avril 1889 et décédé le 27 juillet 1970) est un économiste et un homme politique portugais.

Il fut le président du Conseil des ministres (l'équivalent d'un Premier ministre), le fondateur et le chef de l'« État nouveau », un régime politique autoritaire d'extrême-droite et, de fait, le dictateur du Portugal de 1932 à 1968.

Un militant catholique[modifier | modifier le wikicode]

Antonio de Oliveira est le fils d'un intendant de domaine agricole et d'une aubergiste. À 11 ans il entre au petit séminaire de Viseu pour y étudier afin de devenir prêtre catholique. En 1908 il reçoit les ordres mineurs.

En 1910 il est un des 500 étudiants de l'université de Coïmbre. Mais il renonce à une carrière religieuse et choisit de s'orienter dans les études de Droit. À l'université il milite activement dans les rangs d'associations catholiques qui tentent de mettre en place les idées politiques et sociales du pape Léon XIII. En 1914, il obtient sa licence de Droit, devient enseignant à l'université et commence un doctorat de droit. Il est nommé professeur d'économie politique et de finance à l'université de Coïmbre.

L'entrée en politique[modifier | modifier le wikicode]

En 1910, la monarchie portugaise étant abolie pour être remplacée par la République. Celle-ci est très hostile à l'influence de l'Église catholique sur la société portugaise. Salazar au contraire pense que le christianisme doit inspirer la vie politique et les lois.

En 1921, Salazar est élu député du parti démocrate-chrétien. Mais déçu par l'atmosphère de la chambre des députés il démissionne rapidement. Il devient anti-parlementaire et admire les idées de Charles Mauras qui est partisan d'un État fort et de l'encadrement de la société par l'Église catholique.

L'entrée au gouvernement portugais[modifier | modifier le wikicode]

En 1926, un coup d'État militaire met fin au régime parlementaire et établit la Deuxième République portugaise. Les militaires ont besoin de spécialistes civils pour redresser le pays. Salazar est nommé ministre des finances, poste qu'il quitte 4 mois plus tard car il estime ne pas avoir les moyens suffisants pour agir.

En 1928, ayant obtenu la direction totale des finances portugaise, il redevient ministre sous la présidence du général Óscar Carmona. Il parvient à redresser les finances publiques. Il cumule les fonctions de ministre des finances et de ministre des colonies (le Portugal avait des colonies importantes en Afrique).

Le 25 juin 1932, Salazar est nommé président du Ministère (chef du gouvernement) par le président de la République, le général Óscar Carmona. En fait il devient le dirigeant principal du Portugal. Salazar crée alors un parti unique (l'Union nationale) et en 1933 fait adopter une nouvelle constitution qui crée l'Estado Novo

La dictature de Salazar[modifier | modifier le wikicode]

Salazar met en place l'« Estado novo » (l'État nouveau), un régime autoritaire, conservateur, catholique et nationaliste. L’État nouveau est anti-communiste, mais il se distingue des États fascistes de l'époque (comme l'Italie ou le Allemagne. Le régime est corporatiste (c'est-à-dire que le peuple est représenté par des élus provenant des métiers) mais il ne développe pas le culte de la personnalité. L'Estado novo a pour devise officielle : « Dieu, Patrie et Famille ».

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Estado novo.

Salazar et le reste du monde[modifier | modifier le wikicode]

À partir de 1936, durant la guerre civile espagnole, Salazar soutient le camp nationaliste du général Francisco Franco dans sa lutte contre les Républicains. Il favorise l'armement des nationalistes espagnols par l'Allemagne et l'Italie. Il accepte qu'une Légion portugaise de 12 000 hommes combattent aux côtés des nationalistes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Salazar maintient une certaine neutralité officielle entre les deux camps. Pour protéger le Portugal d'une possible invasion allemande, il signe en 1939, le pacte ibérique avec Franco. En 1940, il ordonne aux différents consuls portugais de ne pas accorder de visas d'entrée au Portugal pour les personnes qui tentent de fuir la France (cependant un certain nombre de consuls, dont Aristides de Sousa Mendes consul à Bordeaux, ne tiendront pas compte des ordres reçus). Cependant dès 1942 les réfugiés entrés illégalement ne sont plus refoulés et en 1943 le gouvernement portugais décide de rapatrier les Juifs portugais vivant en France.

Salazar permet la livraison de minerai stratégique à l'Allemagne et autorise quelques centaines d'extrémistes portugais à rejoindre la División Azul qui combat aux côtés des Allemands sur le front de l'Est, contre les communistes soviétiques. À l'annonce de la mort d'Hitler, il envoie à Berlin un message de condoléances et décrète une demi-journée de deuil national (ce qui est la règle pour tous les chefs des États ayant des relations diplomatiques avec le Portugal).

Mais en août 1943 il accorde aux Anglo-Américains le droit d'établir une base militaire dans l'archipel des Açores (qui est portugais) afin de surveiller les mouvements des sous-marins allemands dans l'océan Atlantique.

En 1949, en pleine guerre froide, le Portugal intègre l'OTAN, l'alliance militaire des pays occidentaux. Salazar est apprécié des gouvernements américains en raison de son anti-communisme très fort. Également le Portugal, qui a de nombreuses colonies est susceptible de jouer un rôle important en Afrique et en Asie (où l'île de Timor est portugaise) dans le mouvement de freinage de la décolonisation encouragée par les communistes.

Le problème colonial[modifier | modifier le wikicode]

Les colonies portugaises dans les années 1960

Alors qu'à partir des années 1950, la plupart des pays européens doivent accorder l'indépendance à leurs colonies, Salazar adopte une position contraire. Les colonies sont une source d'approvisionnement bon marché et une terre de peuplement pour le Portugal qui est alors un pays pauvre par rapport à ses voisins européens. Pour justifier le maintien des colonies il consacre des capitaux importants pour le développement de celles-ci. En parallèle il mène la guerre contre les mouvements anti-colonialistes qui luttent pour l'indépendance en Angola et au Mozambique. Il reçoit l'appui de l'Afrique du Sud, pays voisin dirigé par un gouvernement pratiquant l'apartheid contre les minorités non-blanches. De 1961 à 1974, près de 8 000 jeunes Portugais meurent dans les combats en Afrique et des milliers d'autres quittent clandestinement le Portugal, vers la France en particulier, pour échapper au service militaire obligatoire. Cette guerre est un gouffre financier pour le Portugal.

Les dernières années[modifier | modifier le wikicode]

Aux élections présidentielles de 1958, l’opposition présente comme candidat le général Humberto Delgado (qui n'est pas élu). En 1961, le paquebot de croisière Santa Maria est dérouté par un opposant, Henrique Galvão, qui trouve refuge au Brésil. En 1965, le général Delgado est assassiné en Espagne.

En 1968, Salazar est victime d'un un accident vasculaire cérébral. Diminué intellectuellement et physiquement, il est écarté du pouvoir tout en étant nommé «  Président du Conseil à vie ». Son successeur est Marcelo Caetano, un ancien responsable du mouvement de jeunesse salazariste.

Salazar meurt le 27 juillet 1970.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens complétés sur l'histoire du Portugal contemporain[modifier | modifier le wikicode]

Source[modifier | modifier le wikicode]

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page António de Oliveira Salazar de Wikipédia.
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