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Sainte Ampoule

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La sainte ampoule d'après une gravure du XVIIIe siècle.

La Sainte Ampoule est un flacon contenant une pommade, ou baume, dont une infime portion était mélangée à du saint chrême pour servir à l'onction des rois de France lors de la cérémonie du sacre. Elle était conservée à l'abbaye Saint-Rémi de Reims.

Elle a été détruite le 7 octobre 1793 après l'exécution du roi Louis XVI (21 janvier 1793), mais une toute petite partie de son contenu a été préservée de la destruction. Elle servit au sacre du roi Charles X en 1825. Elle est aujourd'hui conservée à l'archevêché de Reims.

Origine de la croyance en l'origine divine de la Sainte Ampoule[modifier | modifier le wikicode]

La Sainte Ampoule est liée au baptême de Clovis en 496 ou 498. Le baptême a eu lieu à Reims dont l'évêque était saint Rémi.

L'apparition miraculeuse de la Sainte Ampoule. Miniature de la première moitié du XIVe siècle

Rapidement, la tradition catholique fait mention d'une apparition miraculeuse au cours de cette cérémonie. Un ange, envoyé de Dieu, sous la forme d'une colombe, aurait apporté cette fiole à Rémi pour oindre le front de Clovis lors de son baptême. Notons que les témoignages des contemporains ne font pas mention de cet événement miraculeux. L'onction divine était de règle pour les souverains hébreux de l'Antiquité (ainsi Saül le premier roi des Hébreux a été oint par le prophète Samuel). Il était tentant pour le clergé catholique du Ve siècle de faire le parallèle avec Clovis, le roi païen conquérant qui, en se faisant baptiser, passe dans le camp catholique, alors que les autres rois germaniques de l'époque étaient des chrétiens ariens, l'arianisme étant considéré comme une hérésie par les catholiques. Le royaume des Francs devenait ainsi le premier pays officiellement catholique (d'où l'expression souvent employée qui qualifie la France (héritière des rois francs) de « fille aînée de l'Église ». Cette conversion unissait la monarchie franque des Mérovingiens à l'Église catholique.

L'alliance entre les Carolingiens et l'Église catholique[modifier | modifier le wikicode]

En 751, Pépin le Bref, maire du palais, renverse le dernier roi mérovingien qu'il fait enfermer dans un monastère. À l'époque Pépin apparaît comme le défenseur de la papauté car, en Italie, il protège le pape des attaques des Lombards. Pépin n'a aucun lien avec les Mérovingiens (descendants de Clovis) il n'a pas de droits historiques à la royauté franque. Pour légitimer son usurpation du pouvoir royal Pépin se fait oindre par saint Boniface. En 754, c'est le pape Étienne qui se déplace à Saint-Denis près de Paris, pour renouveler l'opération. En 816, le pape Étienne IV se rend à Reims pour oindre Louis le Pieux le nouvel empereur d'Occident fils de Charlemagne (lui-même fils de Pépin).

La Sainte Ampoule[modifier | modifier le wikicode]

La légende de la Sainte Ampoule provient d'une confusion apparue au moment de l'ouverture du sarcophage de saint Rémi, et de l'histoire alors inventée pour en tirer parti au bénéfice de l'archevêché de Reims. En 852, l'archevêque de Reims Hincmar (806-882) décida le transfert du corps de saint Rémi dans une nouvelle église. Dans le sarcophage se trouvait un flacon précieux (une ampoule) rempli d'un baume à l'odeur suave. Hincmar ignore qu'il était de coutume pour l'aristocratie gallo-romaine du VIe siècle, dont Rémi était issu, de se faire embaumer et enterrer avec des parfums. Hincmar prétendit alors que le flacon devait contenir un bien exceptionnel pour le saint se soit fait ensevelir avec ; d'où l'idée du saint chrême qui est la pommade destinée à l'intronisation des évêques, mais aussi des rois carolingiens depuis le règne de Pépin le Bref en 751.1

Intérêt de la Sainte Ampoule pour l'archevêché de Reims[modifier | modifier le wikicode]

Le reliquaire actuel de la Sainte ampoule créé au XIXe siècle. Reims

Ainsi avec la possession de la Sainte Ampoule Reims devait l'emporter définitivement sur les autres villes qui comme Orléans, Soissons, Laon qui lui faisaient concurrence pour la cérémonie du sacre. Elle pouvait aussi contester le choix de Sens comme ville du sacre pour les Robertiens qui alternent dès la fin du IX siècle avec les Carolingiens sur le trône franc. Notons qu'en 987, c'est sur proposition d'Aldabéron archevêque de Reims qu'Hugues Capet est choisi comme roi des Francs, par les grands seigneurs francs. Mais ce n'est qu'à partir du sacre du roi Henri Ier que les rois de France seront toujours sacrés à Reims (sauf Louis VI, sacré à Orléans et Henri IV, sacré à Chartres et Louis XVIII qui n'a jamais été sacré).

La Sainte Ampoule était conservée dans l'abbaye Saint-Rémi de Reims. Elle n'en sortait que pour la cérémonie du sacre. Seule exception quand le roi Louis XI ordonna qu'on la transporta près de lui à Plessis-lez-Tours quelques temps avant sa mort.

Pendant la cérémonie du sacre, les évêques de Laon, ducs et pairs du royaume, avaient le privilège de porter la Sainte Ampoule.

Note[modifier | modifier le wikicode]

  1. Récit fait par Hincmar dans la Vita Remigii«  Alors qu'ils étaient parvenus au baptistère, le clerc qui portait le chrême fut arrêté par la foule, de sorte qu'il ne put pas atteindre le bassin. Après la bénédiction du bassin, le chrême manqua par le dessein de Dieu. Et comme, à cause de la presse, personne ne pouvait ni sortir de l'église ni y entrer, le saint pontife, les yeux et les mains dirigés vers le ciel, commença à prier en pleurant. Et voici : tout à coup une colombe plus blanche que neige apporta dans son bec une ampoule pleine de chrême saint, dont l'odeur merveilleuse, supérieure à toutes celles qu'on avait respirées auparavant dans le baptistère, remplit tous les assistants d'un plaisir infini. Le saint pontife ayant reçu cette ampoule, la forme de la colombe disparut ».
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