Rotation des cultures

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Champs de blé en Seine-et-Marne. France

La rotation des cultures ou rotation culturale est une technique de gestion du sol cultivé. Elle consiste à faire se succéder sur la même parcelle de terrain des cultures de plantes différentes selon un rythme régulier annuel ou saisonnier. On peut avoir des rotations biennales (sur deux ans), triennales, quadriennales…

Ce système permet de mieux utiliser les différentes couches constituant le sol puisque les plantes qui se succèdent n'ont pas le même système racinaire. La rotation des cultures permet aussi de lutter contre les plantes parasites spécifiques à certaines cultures (les plantes adventices) puisque leur rythme de croissance est ainsi perturbé. Les plantes qui se succèdent peuvent même produire des éléments naturels (insecticides, engrais) qui favoriseront la culture suivante.

La rotation des cultures dans l'agriculture européenne traditionnelle[modifier | modifier le wikicode]

Champ d'avoine en Idaho (États-Unis)

Jusqu'à la révolution agricole (à partir du XVIe siècle), les agriculteurs européens pratiquaient la rotation des cultures entre les différentes soles qui composaient le territoire du village.

Dans le système d'assolement à deux soles (cas des pays méditerranéens et du sud-ouest européen), la sole cultivée en blé d'hiver laissait place l'année suivante à la jachère, puis l'année suivante recevait de nouveau le blé d'hiver et ainsi de suite. La reconstitution du stocks des éléments nutritifs du sol était assurée par la jachère et par les excréments des animaux qui y pâturaient grâce à la pratique de la vaine pâture.

Dans le système d'assolement à trois soles la succession se complique. La sole cultivée en blé d'hiver la première année reçoit une céréale de printemps (avoine, orge) la seconde année, puis est mise en jachère la troisième année, et est de nouveau cultivée en blé d'hiver la quatrième année ; et ainsi de suite. Sur la sole en céréales de printemps la première année se succèdent, la jachère, puis les blés d'hiver, puis les céréales de printemps... Sur la sole laissée en jachère la première année, on cultive du blé d'hiver la seconde année, puis des céréales de printemps la troisième année, puis elle est mise de nouveau en jachère la quatrième année et ainsi de suite.

Ce système était nécessaire vu le manque d'engrais d'origine animale (le fumier) du fait de l'insuffisance des prairies naturelles qui demandent plusieurs années pour être efficaces (le maximum de terres doit être réservé aux cultures pour la nourriture humaine).

La rotation modifiée par le révolution agricole[modifier | modifier le wikicode]

Champs de luzerne en Bade-Wurtemberg (Allemagne)

À partir du XVIe siècle, à la place de la jachère on cultive des plantes fourragères qui ont un rythme annuel de croissance. Cela permet de nourrir un bétail plus important donc d'avoir plus de fumier à incorporer dans les champs cultivés en céréales d'hiver et de printemps. De plus certaines de ces plantes fourragères (en particulier la luzerne) permettent d'apporter au sol de l'engrais azoté. Une parcelle ayant reçu des plantes fourragères peut être cultivée au bout de quelques années et fournit alors de bonnes récoltes de céréales.

L'invention des engrais chimiques qui permet d'apporter artificiellement aux plantes cultivées ce qu'elles ont besoin a permis de cultiver la même plante chaque année sur la même parcelle (d'où la monoculture). Mais ce système est aujourd'hui de plus en plus contesté. Et on revient à des rotations de cultures tenant compte du progrès des connaissances sur les besoins des plantes. On peut alors limiter l'utilisation des herbicides et des engrais chimiques, et le plus souvent maintenir le sol couvert entre deux cultures.

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