Robert Oppenheimer

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Robert Oppenheimer vers 1944. Il est alors directeur scientifique du laboratoire de Los Alamos, qui a conçu les trois premières bombes atomiques de l'HIstoire.

Robert Oppenheimer est un physicien américain né le 22 avril 1904 et mort le 18 février 1967. Il est surtout connu pour ses articles en physique théorique et en tant que « père de la bombe atomique ».

Les parents de Robert sont des juifs fortunés qui vivent à New York. Dès son plus jeune âge, il montre des dispositions pour les langues et les sciences. Quand il termine sa formation au secondaire, il maîtrise l'anglais, l'allemand, le français, le latin et le grec. À l'université Harvard, il étudie la chimie, puis, à la fin de son baccalauréat, il se tourne vers la physique. Accepté au prestigieux laboratoire Canvendish, il se rend à Cambridge en Angleterre en septembre 1925. Il échoue cependant à compléter sa thèse, car il est un expérimentateur médiocre. Après avoir notamment échangé avec le physicien danois Niels Bohr, il porte son attention sur la mécanique quantique. Il maîtrise rapidement les outils mathématiques mis au point par les physiciens Paul Dirac et Erwin Schrödinger.

À l'invitation du physicien Max Born, il se rend à Göttingen en Allemagne, où il complète l'une des premières thèses doctorales en mécanique quantique. À cette époque, il publie régulièrement d'importants articles théoriques. De retour aux États-Unis, il accepte un poste de professeur à la fois au Caltech et à l'université de Californie. À sa demande, il retourne en Europe pour y poursuivre des études post-doctorales, ce qu'il fait sous la supervision du physicien Wolfgang Pauli à Zurich en Suisse. Il démontre alors que l'électrodynamique quantique telle que conçue par Werner Heisenberg et Pauli ne peut expliquer certains phénomènes physiques, ce qui oblige les deux physiciens à délaisser leur théorie (elle sera reprise et corrigée en 1948 et constitue aujourd'hui l'une des meilleures théories de la physique).

Oppenheimer s'établit sur la côte Ouest américaine en 1929, où il veut fonder une école de physique théorique. En plus d'enseigner, il supervise des étudiants au doctorat en physique. Sa mère décède en octobre 1931, ce qui l'affecte durement car il en a toujours été très proche. À partir de 1933, devant les ravages provoqués par la montée du nazisme et du franquisme, il s'engage dans plusieurs causes politiques, donnant par exemple son appui aux républicains espagnols et au Parti communiste des États-Unis d'Amérique (PCÉUA). En 1936, il est reconnu comme l'un des plus grands physiciens américains et est nommé professeur titulaire à la fois au Caltech et à Berkeley. En septembre 1937, son père décède. En juillet 1939, il écrit, avec l'un de ses élèves, « l'une des pages majeures de l'astrophysique ». En effet, les deux démontrent que l'Univers comprend des trous noirs, ce qui n'était qu'une idée théorique à cette époque. En mars 1941, le FBI le met secrètement sur écoute à cause de ses liens avec des membres du PCÉUA. En décembre 1941, après l'attaque contre Pearl Harbour, il cesse de s'investir dans plusieurs causes politiques, jugeant qu'il y a des crises plus importantes à résoudre.

En novembre 1940, il épouse Catherine Harrison ; ils auront deux enfants, Peter et Kitty. En mai 1941, il participe à un congrès extraordinaire de l'Académie nationale des sciences américaine, où il présente ses hypothèses sur la possibilité de fabriquer un explosif atomique. En mai 1942, il est nommé responsable des recherches atomiques américaines. En octobre 1942, le général Leslie Richard Groves, en charge de ce qui sera appelé « Projet Manhattan », le rencontre et discute de la façon de mener plus vigoureusement le programme de recherche atomique américain. Les deux s'entendent pour créer un laboratoire de physique appliquée qui regroupera des chercheurs dans un lieu éloigné des grandes villes et facile à surveiller. L'armée américaine construit le futur Laboratoire national de Los Alamos sur une mesa du Nouveau-Mexique.

En février 1943, le général Groves nomme Robert Oppenheimer directeur scientifique du projet Manhattan, même si le physicien ne possède pas d'expérience en gestion de personnel. Il fait cependant montre d'une intelligence supérieure et tous les plus éminents scientifiques que comptent les États-Unis supervisent déjà d'importantes recherches militaires (radar et torpille, par exemple). Le physicien s'adapte rapidement à son nouveau rôle et recrute activement les meilleurs cerveaux des États-Unis. Au laboratoire, qui comprend une cinquantaine de scientifiques au départ et qui culminera avec plus de 1 100 chercheurs en 1945, il dirige sans en avoir l'air. Il ne fait plus de recherche, préférant conseiller ses collègues, observer leurs avancées et décider de l'orientation des recherches en fonction des résultats obtenus. L'armée américaine prête son concours, que ce soit en balistique ou pour les essais d'explosifs.

En juillet 1943, même si les services secrets de l'armée s'y opposent à cause de son passé gauchiste, le général Groves ordonne qu'Oppenheimer soit habilité à consulter tout document relatif aux recherches atomiques. À cette époque, le physicien envisage de renoncer au poste de directeur scientifique, car il est soumis à une triple pression : diriger le laboratoire de Los Alamos, recruter du personnel et subir continuellement du harcèlement de la part des services secrets de l'armée. L'obtention de l'habilitation soulage Oppenheimer de la troisième pression. En juillet 1943, pour protéger sa réputation, il dénonce un ami proche. Il le fait malhabilement, ce qui portera à conséquences en mai 1954.

Entre juin 1943 et août 1944, le programme obtient plusieurs succès qui laissent présager la réalisation d'une bombe atomique. Au laboratoire de Los Alamos, les chercheurs travaillent sur deux modèles de bombes atomiques : à insertion et à implosion. Le premier modèle est utilisé dans la bombe nommée « Little Boy », alors que le deuxième modèle est mis en oeuvre dans la bombe nommée « Fat Man ». Elles seront respectivement larguées sur Hiroshima et Nagasaki, ce qui mènera à la capitulation du Japon et à la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale.

Libéré de ses obligations en octobre 1945, Oppenheimer retourne à la vie civile et accepte un poste à l'université de Californie à Berkeley. Cependant, les hommes politiques le sollicitent régulièrement à cause de son prestige et de sa grande connaissance des recherches atomiques. En janvier 1947, il devient conseiller scientifique de la Commission de l'Énergie atomique des États-Unis. Il milite pour un contrôle international des armements nucléaires et pour le partage des informations sur l'atome. Il se fait un puissant ennemi en la personne de Lewis Strauss, homme politique qui désire ardemment maintenir le secret sur toutes les recherches atomiques. Également, le physicien Edward Teller éprouve une grande frustration devant le peu d'enthousiasme dont fait montre Oppenheimer envers la bombe à hydrogène (ou bombe H). En effet, pour ce dernier, il n'y a que trop peu de cibles suffisamment grandes pour une arme de destruction massive aussi puissante. Il préfère recourir à une utilisation efficace des bombes atomiques. Il craint également une nouvelle course aux armements. Finalement, il ne pense pas que les obstacles théoriques à la mise au point de la bombe seront surmontés. Cependant, Teller et le mathématicien Stanislaw Ulam réalisent une percée théorique majeure en 1951, ce qui amène Oppenheimer à changer d'avis, puis à appuyer la mise au point de la bombe H.

En mai 1954, Oppenheimer est soumis à une audition de sécurité, car il est notamment accusé d'être un espion au service de l'Union soviétique. En juin 1954, son habilitation est résiliée même si l'audition n'a pu démontrer qu'il a été un espion. La principale raison invoquée est ses « graves insuffisances de « caractère » ». La raison la plus probable, qui n'est jamais mentionnée pendant l'audition, serait son opposition aux visées de l'armée de l'air américaine, qui souhaite maintenir un programme de bombardement stratégique qui comprend l'emploi de bombes H en cas d'invasion de l'Europe par les forces armées de l'Union soviétique.

Oppenheimer se retire de la vie publique et se concentre sur ses activités à l’Institute for Advanced Study à Princeton au New Jersey, où il occupe le poste de directeur depuis 1947. Sous sa houlette, l'institut devient l'un des meilleurs centres de recherche fondamentale en physique. Il reçoit plusieurs distinctions, dont le prix Enrico-Fermi du président des États-Unis pour souligner « ses contributions à la physique théorique en tant qu'enseignant et créateur d'idées, et pour sa direction du Laboratoire de Los Alamos et pendant les années critiques du programme d'énergie atomique. » Gros fumeur depuis 1925, il meurt en février 1967 des suites d'un cancer de la gorge.

Sources et références[modifier | modifier le wikicode]

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