Rhinogrades

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Une photo d'un soi-disant rhinograde.
Un faux rhinograde « empaillé » (en fait, il s'agit d'un spécimen fabriqué), au Musée zoologique de Strasbourg. Cette espèce « pêche » des insectes dont il se nourrit, au moyen d'une sécrétion gluante qui coule de son nasarium.

Les rhinogrades forment un groupe d'animaux imaginaires, appelés rhinogrades ou nasins, petits mammifères caractérisés par une sorte de trompe, le nasarium, qui leur permet des modes de vie divers et variés.

Ils ont été décrits en 1957 dans un livre signé sous le nom de « Professor Dr Harald Stümpke », Bau und Leben der Rhinogradentia, traduit ensuite en anglais en 1967 The Snouters: Form and Life of the Rhinogrades (« Les Nasins : Diversité et Biologie des Rhinogrades »). Ce livre est écrit comme un vrai livre scientifique, et décrit notamment les différentes espèces, et le milieu de vie des rhinogrades, découverts sur un archipel dans l'océan Pacifique, et aujourd'hui disparus. De nombreuses personnes ont cru à l'existence des rhinogrades, car le livre était réellement écrit comme un vrai livre scientifique. Il s'agissait cependant en fait d'un canular, du zoologiste allemand Gerolf Steiner. Ce canular montre qu'il est très important de recouper ses sources quand on fait une recherche documentaire, et de ne pas se limiter à une seule source, même si elle a l'air très fiable.

L'histoire (inventée) des rhinogrades[modifier | modifier le wikicode]

D'après le livre, les rhinogrades auraient été découverts en 1941, quand un prisonnier suédois échappé d'un camp japonnais, Einar Pettersson-Skämtkvist, débarque sur les 37 îles de l'archipel inconnu des Hi-iay. Il y découvre alors des animaux étonnants et encore inconnus de la science, les rhinogrades.

Malheureusement, Pettersson a également amené avec lui un mystérieux virus, le rhinovirus, qui va se révéler mortel pour les rhinogrades, et entraîner leur disparition, quelques années seulement après leur découverte. En 1956, une éruption volcanique, provoquée par des essais nucléaires détruit l'archipel, et toute trace des rhinogrades (ce qui est très pratique pour expliquer que personne d'autre n'en parle, puisque plus personne ne peut aller vérifier! Clin d'œil)

C'est l'histoire de ces animaux, et de l'archipel, que le Pr. Dr. Stümpke décrit dans son livre.

En fait, l'archipel, les rhinogrades, le virus, le prisonnier suédois, et même le professeur allemand ont été inventés, par un scientifique allemand, Gerolf Steiner. Il voulait montrer qu'il fallait se méfier, et toujours recouper ses sources, car même un des animaux aussi insolites que les rhinogrades pouvaient avoir l'air réels s'ils étaient correctement décrit.

Description des rhinogrades et des principales espèces[modifier | modifier le wikicode]

Steiner a voulu créer un groupe d'animaux aussi bizarres que possible ; il a donc eu l'idée des rhinogrades, dont le nez, ou nasarium, très allongé, et sert à diverses fonctions, comme pour la chasse, ou même de train d'atterrissage! Bien sûr, les différentes espèces sont décrites aussi scientifiquement que possible : il a donc, pour chacune d'entre elle, inventé un nom scientifique. Les préfixes grec rhino- et latin naso- , voulant tous les deux dire « nez », sont très utilisés.

Steiner a aussi inventé la classification des différents rhinogrades, entre eux, et au sein des autres animaux (réels, ceux-là) : il a donc placé les rhinogrades parmi les mammifères (puisqu'ils ont des poils...). Cette classification a vraiment l'air scientifique, d'autant que Steiner dit aussi avoir trouvé le fossile d'une espèce préhistorique datant du Crétacé, Archirrhinum, apparenté à l'ancêtre de tous les rhinogrades

Principales espèces[modifier | modifier le wikicode]

  • l'oreille volante (nom scientifique : Otopteryx volitans) utilise ses très grandes oreilles pour voler à reculons. Il se sert de son très long nez (« nasarium ») comme d'un train d’atterrissage, pour se reposer.
  • le nasin sauteur (Hopsorhine aureus) se déplace en sautant au moyen de son très long nasarium, replié sous son corps. Il capture les crustacés dont il se nourrit au moyen de sa queue, en forme de pince.
  • le queue-mielleux gris doré (Dulcicauda grisaurella) vit à l'envers, fixé, le nasarium planté dans le sol. Une sorte de cire suinte de son nasarium, et forme un socle, qui grandit avec l'âge, et porte l'animal. Sa queue produit un liquide sucré qui attire les insectes dont ils se nourrit, et qu'il capture avec ses pattes.

« Nouvelles » espèces de rhinogrades[modifier | modifier le wikicode]

Un Nasoperforator « empaillé », au Muséum National d'Histoire Naturelle.

L'histoire des rhinogrades continue d'amuser les scientifiques, qui ne sont pas forcément d'pourvus d'humour... Certains scientifiques, comme Guillaume Lecointre, continuent d'inventer d'autres espèces de rhinogrades, pour s'amuser. Bien que les rhinogrades soient supposés avoir disparus, il raconte que d'autres rhinogrades vivaient ailleurs, sur d'autres îles proches de l'archipel. Lors de l'expédition Santo 2006, une mission scientifique qui avait pour but de répertorier la biodiversité, et de découvrir de nouvelles espèces, dans l'île Espiritu Santo, au Vanuatu, les scientifiques se sont amusés à inventer une nouvelle espèce de rhinograde, le Nasoperforator.

Baptisé Nasoperforator bouffoni, son nom fait penser à buffoni, qui serait alors un hommage à Buffon, mais il s'agit ici d'un jeu de mot avec bouffon... Car il s'agit bien d'une nouvelle plaisanterie, qui a été exposée au Muséum National d'Histoire Naturelle, le 1er avril 2012...

Cet étrange petit animal vivrait dans des troncs d'arbres, et utiliserait son nez, en forme de vrille, pour y creuser des tunnels et manger le bois... Il serait arrivé à Santo dans des bois flottés en provenance des Hi-iay... Bien entendu, cette nouvelle espèce a elle aussi été inventée...

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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