Relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud

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Drapeaux de la Corée du Nord (en premier), de la Corée du Sud (en second) et de la Corée unifiée (en troisième).

Après avoir été pendant longtemps une nation unie, la Corée, située en Asie et alors colonie japonaise, a été divisée au sortir de la Seconde Guerre mondiale en deux zones d'occupation américaine et soviétique. Celles-ci, utilisées par leurs occupants respectifs pour leurs propres intérêts, devinrent deux États distincts en 1948 : la République populaire démocratique de Corée, généralement raccourcie en Corée du Nord, et la République de Corée, plus souvent appelée Corée du Sud. Après l'échec des tentatives de réunification, une guerre éclata entre les deux Corées de 1950 à 1953, sans déboucher sur la victoire d'un des deux camps.

Depuis, malgré quelques tentatives de rapprochement, les Corées ont des relations extrêmement tendues à cause de leur division politique et idéologique : le Nord est une dictature communiste inspirée de l'URSS tandis que le Sud, après avoir été une dictature militaire pro-américaine, est désormais une démocratie, toujours capitaliste. Cet article a pour but d'expliquer l'évolution des deux États et de leurs relations depuis la scission.

Chronologie[modifier | modifier le wikicode]

Avant 1948 : une Corée libérée mais divisée[modifier | modifier le wikicode]

Kim-Il-sung, leader de la résistance communiste contre le Japon et futur dictateur de la Corée du Nord.

À partir de la fin du XIXème siècle, la Corée, nation relativement isolée du reste du monde en espérant ainsi assurer sa tranquillité, est victime de la cupidité des pays alentour, souhaitant servir leurs intérêts géographiques et commerciaux : le Japon, la Russie, la Chine, les États-Unis et même de la France quelques années plus tôt. Le Japon va vaincre chacun de ses rivaux et accroître progressivement son influence sur la péninsule, jusqu'à l'annexer en 1910 : la Corée devient une colonie japonaise1. Cette colonisation est extrêmement difficile pour le peuple coréen : le Japon force soudainement le pays à se moderniser, à se développer, et à renoncer brusquement à son identité1. Les militaires japonais présents en Corée n'hésitent pas à fortement humilier les Coréens en les insultant, en tournant en ridicule leurs traditions et en les forçant à adopter les coutumes japonaises.

Humiliée, la Corée oppose à l'envahisseur une forte résistance, souvent sévèrement réprimée. Le 21 janvier 1919, l'ancien empereur de Corée, Kojong, meurt dans des circonstances mystérieuses, et le peuple coréen soupçonne les Japonais de l'avoir empoisonné. Cet événement déclenche, le 1er mars 1919, un soulèvement populaire qui provoque un regain de violence dans le pays occupé2. Durant les années suivantes, parmi les résistants, un jeune communiste du nom de Kim Il-sung va s'illustrer en menant des attaques réussies contre les colonisateurs3, tandis que le nationaliste Syngman Rhee prend la tête d'un « gouvernement provisoire » qui, en opposition à la domination japonaise, revendique l'indépendance de son pays4 et coordonne la résistance tout en combattant le Japon, allié de l'Allemagne nazie, durant la Seconde Guerre mondiale ; le Japon va d'ailleurs durcir encore sa politique en Corée durant la guerre en s'en servant comme réservoir à hommes, vivres, etc.

En 1945, après la défaite du Japon, le peuple coréen organise des manifestations de joie en vue d'une indépendance prochaine, un véritable soulagement pour ce pays après quarante-cinq ans d'occupation japonaise. Toutefois, les Alliés décident de découper la Corée, colonie japonaise, en deux zones : la zone nord sera occupée par les Soviétiques et la zone sud par les Américains5, lesquels s'empressent de tracer une limite pour inclure la capitale Séoul dans leur section. Cette limite correspond à peu près à la latitude du 38e parallèle nord. Adoubés par leurs alliés respectifs, Kim Il-sung et Syngman Rhee prennent chacun la tête de leur section et répriment durement toute opposition : Kim, à la tête d'un gouvernement communiste reconnaissant l'influence de Staline, fait éliminer les « ennemis de la révolution », c'est-à-dire les anti-communistes et les anciens collaborateurs avec le Japon3, tandis que Syngman, à la tête d'une dictature militaire de droite, réprime les communistes et autres nationalistes de gauche, mais décide au contraire de fermer les yeux sur le passé collaborateur de certains de ses concitoyens4.

La péninsule coréenne, désormais divisée en deux pays rivaux.

Incapables de s'entendre, les États-Unis et l'URSS ne parviennent pas à un accord de réunification de la Corée et renforcent même leur influence sur leurs sections. L'ONU, sur initiative américaine, ordonne la tenue d'élections législatives en 1947 : seul le Sud les organise, conduisant à l'élection de Syngman Rhee à la tête du pays, tandis que Kim Il-sung prend définitivement le contrôle du Nord5. Le 15 août 1948, la section Sud prend le nom de République de Corée, suivie le 9 septembre par le Nord, désormais République populaire démocratique de Corée, avec comme capitale Pyongyang. Il existe désormais deux États coréens extrêmement différents et sur lesquels les USA et l'URSS ont toujours une grande influence : la réunification est un échec5.

1948-1953 : une guerre fratricide[modifier | modifier le wikicode]

Article à lire Article à lire : Guerre de Corée

Les deux pays, désormais officiellement indépendants, restent tout de même l'un comme l'autre fidèlement soumis à leurs alliés, même si le contrôle de l'URSS sur le Nord est nettement moins souple que celui des États-Unis sur le Sud : en effet, chaque déclaration publique du Nord devait être préalablement approuvée par les autorités soviétiques, et Staline en personne a corrigé des passages de la Constitution nord-coréenne. Ces deux sociétés désormais très différentes sont encore sous le choc de la division de leur pays et souhaitent chacune reconquérir l'autre le plus vite possible.

Le Nord, confiant car bénéficiant de deux alliés de poids (l'URSS et la toute nouvelle Chine communiste de Mao Zedong), attaque le Sud dès 19505, et réussit à en conquérir la majorité avant d'être repoussée par l'armée de l'ONU qui, elle-même, conquiert la majorité du territoire nordiste avant d'être mise en difficulté par les nombreux soldats chinois envoyés par Mao5. En 1951, le général américain Douglas MacArthur demande à utiliser la bombe nucléaire contre la Corée du Nord : le président américain Harry Truman, craignant une Troisième Guerre mondiale, le remet vertement à sa place et le renvoie6. Les négociations sont alors privilégiées, mais n'aboutiront qu'après la mort de Staline en 1953, où un pacte de non-agression (et non un acte de paix) est signé entre les deux Corées rivales : par la suite, elles ne s'affronteront plus directement5. Le bilan humain est catastrophique : plusieurs millions de morts de tous les pays impliqués dont un grand nombre de civils, à cause des bombardements américains. Après un tel traumatisme, une réunification est totalement inenvisageable.

Après la signature de l'armistice est créée une « zone démilitarisée » (ou DMZ pour demilitarized zone), au long du 38e parallèle : il s'agit d'une zone tampon qui sépare les deux pays, où de nombreux soldats s'assurent, chacun de leur côté, que personne n'entre illégalement5.

1953-1979 : deux sociétés en reconstruction[modifier | modifier le wikicode]

De gauche à droite : Kim Il-sung, dictateur du Nord de 1948 à 1994 ; Syngman Rhee, dictateur du Sud de 1948 à 1960 ; Park Chung-hee, dictateur du Sud de 1961 à 1979.

Après la guerre, le Nord comme le Sud sont ravagés par les destructions et les pertes humaines. Aidé par l'URSS, la Chine et leurs alliés communistes, le Nord réussit contre toute attente à mieux tirer son épingle du jeu que son voisin : en effet, Kim Il-sung gère habilement les aides financières et parvient à redresser économiquement le pays, à reconstruire relativement rapidement Pyongyang et les autres villes détruites, et à mettre en place des réformes socialistes ambitieuses : la scolarité gratuite, l'égalité hommes-femmes, l'abondance de la nourriture...3 Ainsi, malgré une répression très sévère envers les opposants, le régime de Kim Il-sung bénéficie d'une adhésion massive de la part du peuple nord-coréen qui se satisfait amplement de ces avantages et se réjouit de l'amélioration de sa condition. À l'inverse, au Sud, Syngman gère mal les aides occidentales, la pauvreté perdure, l'économie stagne, une grande partie de la population vit dans la précarité et le régime militaire, corrompu, est très impopulaire4. La Corée du Nord est alors vue comme une sorte de « paradis communiste », un modèle que l'URSS met en avant à l'international pour rendre le communisme attirant, et il est sans conteste le pays avec la plus forte croissance annuelle au monde.

Finalement, au Sud, Syngman est chassé du pouvoir en 19604, et une démocratie se met en place. Celle-ci n'a guère le temps de s'épanouir : un an plus tard, Park Chung-hee, ancien soldat coréen de l'armée japonaise, renverse le nouveau président et impose son pouvoir, d'abord comme Premier ministre puis comme président de la Corée du Sud7. Bien que très autoritaire, il réussit, à l'image de Kim Il-sung, à
L'ancien siège de Hyundai à Séoul. Cette entreprise a prospéré grâce au « miracle économique » sud-coréen des années Park.
redresser la finance du pays (par des méthodes capitalistes et non communistes comme Kim) et à faire entrer la Corée du Sud dans le classement des vingt pays les plus riches du monde, ce qui lui assure une certaine popularité8. Il rassure le président américain Kennedy sur son adhésion au capitalisme et son rejet du communisme, ce qui lui vaut le soutien des pays alliés de l'Amérique8. Au même moment, Kim Il-sung réussit à jouer avec une certaine habileté de la nouvelle rivalité entre URSS et Chine : les deux pays surenchérissent en offres afin de rester l'allié préféré de la Corée du Nord. Jusqu'en 1975, celle-ci sera plus riche que son voisin sudiste, qui finira par la rattraper puis par définitivement la distancer grâce à l'efficacité économique de Park3. Ces années-là, alors que les deux régimes connaissent un grand dynamisme économique, les relations sont ultra-tendues : régulièrement, des espions de l'un des deux pays sont arrêtés dans l'autre. Un point critique est atteint en 1968, alors qu'un commando nord-coréen attaque le palais présidentiel à Séoul.

Dans les années suivantes, les Corées tentent tout de même de normaliser leurs relations, alors que la guerre froide semble moins féroce dans le reste du monde : des rencontres entre hauts responsables ont lieu dans le plus grand secret, et Kim Il-sung émet publiquement l'idée que la Corée soit réunifiée dans un pays fédéral, c'est-à-dire où les deux systèmes politiques et économiques pourraient coexister tout en ayant des relations très proches, afin que le peuple soit à nouveau réuni3. Cette idée plait au peuple coréen qui s'enthousiasme beaucoup de ces négociations, toutefois aucune décision concrète ne sera prise au final. Les diplomates sud-coréens, très impressionnés par l'autorité charismatique de Kim Il-sung, conseillent à Park Chung-hee de renforcer son pouvoir de la même façon : Park va ainsi devenir encore plus autoritaire, se déclare président à vie et tente à plusieurs reprises d'assassiner son principal opposant politique Kim Dae-jung, renforçant ainsi la popularité de celui-ci. Malgré ce rapprochement avorté, les tensions resurgissent vite : la femme de Park est assassinée par un agent nord-coréen en 1974, alors que c'était bien le président qui était la cible principale de l'attentat. Craignant que les États-Unis faiblissent dans leur soutien au Sud et qu'ils deviennent ainsi plus vulnérables, les Sud-Coréens tentent un temps de se procurer la bombe atomique. Ironie de l'Histoire, Park sera finalement assassiné en 1979 par... un Sud-Coréen, qui plus est un de ses proches : le chef de la police secrète9.

1979-1998 : Sud épanoui, Nord sur la défensive[modifier | modifier le wikicode]

Cérémonie de clôture des JO de Séoul en 1988.

Dans les années 1980, Kim Il-sung pressent la fin du monde communiste et adopte un comportement très méfiant et sceptique envers les autres pays, à commencer par ses anciens alliés dont il n'apprécie pas de les voir se convertir peu à peu au capitalisme. La Corée du Nord apparaît alors comme arriérée à cause de son refus de s'ouvrir au monde et de se moderniser, et elle faiblit grandement au profit de son voisin du Sud qui, lui, est au plus fort de sa puissance économique et diplomatique8. Kim Il-sung commence alors à former son fils aîné, Kim Jong-il, dans l'objectif qu'il reprenne le pouvoir après sa mort et perpétue le régime dans sa forme originelle. Pendant ce temps, au Sud, de grandes manifestations étudiantes renversent le régime des militaires10 ; en 1987 a lieu une élection présidentielle libre et les Jeux olympiques de Séoul l'année suivante permettent de prolonger l'euphorie, malgré l'absence boudeuse du Nord11.

Entre 1989 et 1991, les régimes communistes s'effondrent un peu partout dans le monde, et les rares rescapés se convertissent généralement à une forme de capitalisme autoritaire. Après la réunification de l'Allemagne, le monde entier scrute la Corée dans l'espoir qu'elle se réunifie à son tour, mais Kim Il-sung ne veut alors pas entendre parler de réunification, craignant que, comme en Allemagne, il s'agisse en réalité d'une transformation de la dictature communiste en démocratie capitaliste. Bien que la Corée du Sud multiplie alors les signes de rapprochement, aboutissants sur un pacte de non-agression, le Nord se sent de plus en plus mis sous pression par les Américains et commence à songer à se doter de l'arme nucléaire pour assurer sa sécurité12. Le dictateur meurt en 1994, après près d'un demi-siècle de pouvoir absolu : les médias internationaux pensent alors que, privé de son Leader suprême, le régime nord-coréen va s'effondrer, ne parvenant plus à résister au poids de la situation internationale13. Le fils de Kim Il-sung, Kim Jong-il, hérite d'un pays déclinant et menacé : il décide alors de donner la priorité à l'armée, seul rempart selon lui contre le monde extérieur14. Le peuple est ainsi placé au second plan, et cela devient particulièrement grave lors de la grande famine de 1994-98 accompagnée d'une série de dramatiques inondations, durant lesquelles le peuple nord-coréen connait une pauvreté et une mortalité inouïes.

De gauche à droite : Kim Jong-il, dictateur du Nord de 1994 à 2011 ; Kim Dae-jung, président du Sud de 1998 à 2003.

Bien qu'abandonnés à leur sort par les autorités de Pyongyang, les Nord-Coréens résistent obstinément à la faim, élevés dans une logique de guerre permanente et de sacrifice. Au final, la Corée du Nord ressort de cette famine très affaiblie et doit faire face à une Corée du Sud qui, après une lourde crise, retrouve sa puissance économique grâce à la politique du nouveau président de gauche Kim Dae-jung, héros de l'opposition démocratique lors de la dictature de Park Chung-hee.

1998-2003 : une réunification manquée[modifier | modifier le wikicode]

Les prédécesseurs conservateurs de Kim Dae-jung étaient persuadés que les autorités nord-coréennes, à cause de la situation internationale, de la mort de Kim Il-sung et de la famine, allaient s'effondrer d'un jour à l'autre, et que le chaos qui s'ensuivrait permettrait au Sud de mettre la main sur le Nord. Tel n'est pas l'avis du nouveau président sud-coréen : impressionné par la résistance du peuple nord-coréen à la famine, il a compris que la population aurait pour longtemps, envers et contre tout, une fidélité absolue envers le régime. Il suppose alors que le seul moyen de parvenir à une réunification de la Corée, ou au moins à une paix durable, est de réconcilier les deux régimes que tout sépare.

En 1998, le fondateur du groupe technologique Hyundai, Sud-Coréen né au Nord, décide de conduire 1001 bœufs dans sa patrie d'origine, pour lui montrer sa reconnaissance15. Cette initiative permet d'apaiser les tensions entre Nord et Sud, et Kim Dae-jung saisit cette occasion pour convaincre le Nord de laisser des Sud-Coréens visiter les Monts Kumgang, trésor du patrimoine coréen situé au Nord ; pour la première fois depuis plusieurs décennies, il y a un réel avancement dans les relations inter-coréennes, et deux millions de Sud-Coréens se rendront dans les monts15. Encouragé par ce succès, Kim Dae-jung, appuyé par les présidents américain Bill Clinton, russe Vladimir Poutine et chinois Jiang Zemin, poursuit cette « politique du rayon de soleil » en proposant en 2000 une rencontre à Kim Jong-il, dans le but de parvenir à un accord économique16. Le dictateur nord-coréen saisit cette chance d'améliorer la condition de son pays après la grande famine. Kim Dae-jung est accueilli en grandes pompes
L'Arche de la Réunification, en Corée du Nord, symbolise le souhait d'unité du peuple coréen.
à Pyongyang par Kim Jong-il en personne, et les images des deux dirigeants discutant et riant ensemble, retransmises partout dans le monde, provoquent une immense vague d'espoir dans les peuples des deux pays : est-ce enfin la fin de la rivalité des frères ennemis ? Au final, l'ambitieux accord économique qui est conclu semble de nature à réconcilier définitivement les deux Corées, le Sud aidant désormais abondamment le Nord à surmonter ses difficultés : c'est le retour de la solidarité du peuple coréen. Kim Dae-jung, pour cette nouvelle victoire, recevra le Prix Nobel de la Paix en 200016.

Le but de tout ce processus de rapprochement est bien évidemment une réunification dans les prochaines décennies, qui serait gagnant-gagnant : le Nord bénéficierait de la puissance financière du Sud, tandis que ce dernier pourrait profiter de la main d’œuvre travailleuse et disciplinée nordiste. Hélas, en 2001, le nouveau président américain George W. Bush décide, suite aux attentats du 11 septembre, d'adopter une politique très agressive vis-à-vis des dictatures. Bush va même jusqu'à s'en prendre directement, dans l'un de ses discours, à la Corée du Nord, et la classe dans un « Axe du Mal »17. Il anéantit ainsi le rapprochement opéré par Bill Clinton : Kim Jong-il, vexé et craignant une attaque américaine, rompt l'accord économique avec son voisin et revient à une politique agressive, où il engage de nouvelles recherches pour se doter de la bombe nucléaire, seul moyen selon lui d'assurer la sécurité de son pays. En 2003 à Kaesong, ville située au Nord, une zone économique spéciale est ouverte, où collaborent les Corées18 : elle symbolise la possible union qui, sans l'agressivité américaine, aurait pu se consolider entre les deux pays. En effet, ni Kim Dae-jung ni son successeur Roh Moo-hyun ne réussiront à faire oublier l'injure du président des États-Unis.

2003-2016 : des relations au plus bas[modifier | modifier le wikicode]

Kim Jong-il peut compter sur le soutien de ses alliés. Ici, avec le président russe Vladimir Poutine.

Dans les années suivantes la rupture de l'accord, les tensions subsistent entre les deux Corées : le Nord poursuit obstinément ses recherches nucléaires et plusieurs querelles éclatent à la frontière, faisant plusieurs victimes en quelques années. Kim Jong-il, à la santé déclinante, commence à former son fils préféré Kim Jong-un à la pratique du pouvoir, tandis que les présidents sud-coréens tentent chacun à leur tour de renouer des relations cordiales avec la Corée du Nord, sans réel succès. En 2009, les conservateurs sont de retour au pouvoir ; contrairement à leurs prédécesseurs de gauche, ils souhaitent affaiblir au maximum le Nord en pariant sur un très hypothétique effondrement du régime. Lors d'une visite aux Monts Kumgang, une touriste sud-coréenne est abattue par un soldat pour s'être éloignée de la zone autorisée19 : à partir de ce moment-là, les autorités du Sud refusent toute négociation avec le Nord, accusant celui-ci d'utiliser les aides financières pour le nucléaire plutôt que l'alimentation des habitants.

En 2011, Kim Jong-il meurt et laisse la place au jeune Kim Jong-un20. Celui-ci, alors qu'il apparaît au départ comme un pacificateur soucieux du progrès économique de son pays, se révèle être nettement plus instable que son père et son grand-père : non seulement il reprend de plus belle les essais nucléaires et ne se prive pas de le faire savoir21, mais en plus il menace avec toujours plus d'agressivité ses ennemis : la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis. Il est aussi critiqué pour ses nombreuses exécutions, allant jusqu'à faire tuer son propre oncle22. En 2013, la fille de Park Chung-hee, Park Geun-hye, conservatrice, arrive au pouvoir au Sud : elle est favorable à une réconciliation et à une coopération économique sur le modèle de l'accord entre Kim Dae-jung et Kim Jong-il23. Hélas, ces appels sont totalement ignorés par Kim Jong-un, qui s'isole dans son agressivité au point de perdre progressivement le soutien de ses alliés traditionnels, la Chine et la Russie, qui continuent malgré tout à protéger le pays des sanctions de la communauté internationale.

De gauche à droite : Kim Jong-un, dictateur du Nord depuis 2011 ; Park Geun-hye, présidente du Sud de 2013 à 2017.
Dans le reste du monde et particulièrement en Occident, Kim Jong-un fait plus rire que trembler : il est vu comme un dirigeant arriéré, agressif et totalement ridicule24, et fait l'objet de très nombreuses caricatures25,26,27. Au même moment, des témoignages de réfugiés nord-coréens passés au Sud commencent à être étudiés et médiatisés ; ils sont à l'origine d'une prise de conscience sur l'ambiance de cauchemar subsistant dans ce pays et sur la grande pauvreté du peuple nord-coréen, surtout rural, depuis la famine de 1994-98. Parmi ces témoignages, on peut citer Je voulais juste vivre de l'activiste pour les droits de l'Homme Yeonmi Park, sorti en 2015, où la jeune femme raconte comment elle a fui la Corée du Nord avec sa mère dans les années 200028. En 2016, de nouveaux essais nucléaires se distinguent des autres par leur nombre, leur régularité et les menaces incessantes de guerre nucléaire qui les accompagnent29. Kim Jong-un ira même jusqu'à insulter personnellement la présidente sud-coréenne30 et menacer la Chine, pourtant nettement plus puissante que la Corée du Nord dans le domaine nucléaire31. L'ONU adopte alors contre la Corée du Nord les plus dures sanctions depuis 20 ans32. En effet, Xi Jinping et Vladimir Poutine, présidents chinois et russe, ne s'y opposent désormais plus ; la Corée du Nord n'a jamais été aussi isolée depuis sa fondation. De la même façon, il n'y a jamais eu aussi peu de chances de réunification, l'agressivité de Kim Jong-un et la fermeté de Park Geun-hye coupant court à toute négociation. Fait inédit : pour la première fois, même la Chine et la Russie privilégient la sécurité de la Corée du Sud à leurs liens avec le Nord.

Depuis 2017 : nouveau réchauffement des relations[modifier | modifier le wikicode]

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Aspects récurrents[modifier | modifier le wikicode]

La « réunification » ?[modifier | modifier le wikicode]

Le drapeau de la Corée réunifiée.

Depuis la séparation du Nord et du Sud, la Corée est obsédée par son souhait de réunification. En effet, le peuple coréen partage la même langue (malgré des modifications spécifiques de chaque côté, dus aux soixante-dix ans de séparation), la même Histoire, les mêmes traditions, la même mythologie, ... Toutefois, cette réunification n'a jamais pu voir le jour, même si elle avait été très bien engagée en 2000, lors des négociations entre Kim Jong-il et Kim Dae-jung16.

Dans un premier temps, les deux Corées sont persuadées que la réunification de la Corée doit se faire par la force, avec l'un des deux camps qui s'empare de l'autre et lui impose son idéologie : c'est comme cela que ça s'est passé pour le Vietnam (lire Guerre du Vietnam). La guerre de Corée est l'aboutissement de cette idée, mais elle se solde par un terrible échec, et ne va au final qu'exacerber les tensions5. Durant les décennies suivantes, aucun des deux pays ne songera réellement à la réunification, avant la détente des relations. À ce moment-là, Kim Il-sung propose l'idée que les deux Corées soient réunies dans un seul pays fédéral. Pour expliquer rapidement, ce serait comme un pays avec deux grosses régions indépendantes l'une de l'autre, ce qui permettrait la coexistence des deux systèmes politiques et économiques, mais qui seraient tout de même très proches : ainsi le peuple coréen serait de nouveau uni malgré ses différences3. Cette idée sera pendant longtemps celle qui sera privilégiée, en particulier lors du retour de la démocratie au Sud. Il faudra attendre l'élection de Kim Dae-jung à la tête de la Corée du Sud pour que ce projet commence à être appliqué : le nouveau chef d’État sud-coréen va réussir à détendre les relations avec Kim Jong-il et à rapprocher
Un poste de surveillance sud-coréen de la « zone démilitarisée » qui sépare géographiquement les deux pays.
les deux pays économiquement pour créer les conditions d'une réunification qui serait effective dans les prochaines décennies16. Ce projet sera anéanti par l'intervention inappropriée de George W. Bush dans les affaires coréennes17 puis la politique ultra-agressive de Kim Jong-un, dictateur de la Corée du Nord depuis 2011.

Une telle réunification est-elle possible sur le plan pratique ? Économiquement, elle serait bénéfique aux deux Corées : la Corée du Nord pourrait profiter de la puissance économique du Sud tandis que celui-ci aurait accès à une main-d’œuvre abondante et de qualité, ainsi qu'aux longues frontières avec la Chine et aux ressources naturelles nombreuses du Nord33. Mais elle serait très difficile à appliquer : l'écart de richesse entre le Nord et le Sud est énorme, et la Corée du Sud devrait sans doute dépenser de lourdes sommes pour combler ce déficit34. De plus, les pays environnants n'ont pas intérêt à une réunification : jusqu'à récemment, la Corée du Nord servait à la Chine de « tampon » géographique contre les pays occidentaux et, tout comme la Russie et le Japon, elle n'a pas réellement intérêt à voir une Corée réunifiée devenir une grande puissance économique qui pourrait la concurrencer pour les raisons citées ci-dessus33. Avec l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un au Nord, une réunification pacifique est devenue totalement inenvisageable, d'autant plus que les jeunes Sud-Coréens ont de moins en moins d'intérêt pour le retour à une Corée unie qu'ils n'ont jamais connue33.

La menace nucléaire[modifier | modifier le wikicode]

L'arme nucléaire revient très régulièrement dans l'histoire des relations inter-coréennes, et ce dès la guerre de Corée en 1950 : en effet, le général américain Douglas MacArthur propose de l'utiliser contre la Corée du Nord5. Cette perspective choque tant que le président Truman renvoie MacArthur et préfère passer à la négociation. Dans les décennies suivantes, les deux Corées font chacune quelques recherches et quelques tests mais cela n'entraînera pas de crise grave. Le président sud-coréen Park Chung-hee songera un temps à doter son pays de la bombe.

Une fusée utilisée par la Corée du Nord pour ses tests nucléaires.

En 1994, Kim Il-sung pense très sérieusement à se doter de la bombe nucléaire afin de préserver le Nord de la chute du communisme12, mais l'ancien président américain Jimmy Carter, soutenu par Bill Clinton, parvient à le convaincre de ne pas continuer ces recherches en privilégiant la négociation. Bill Clinton fera de même pendant tout le reste de son mandat jusqu'en 2000. Cette dernière année marque l'élection de George W. Bush, dont l'agressivité convaincra Kim Jong-il d'aller au bout de la démarche avortée de son père ; il sera confirmé dans sa pensée par la guerre en Irak menée par les États-Unis, où le dictateur Saddam Hussein sera condamné à mort.

Un premier essai nucléaire a lieu en 2006 et un second en 2009. Bien que Kim Jong-il déclare ne vouloir utiliser ces armes qu'en cas d'attaque contre son pays, la communauté internationale le soupçonne de vouloir directement attaquer la Corée du Sud et l'ONU prend à chaque essai des mesures pour sanctionner le régime, même si la Chine (d'ailleurs soupçonnée d'avoir aidé la Corée du Nord à ses débuts nucléaires) et la Russie réussissent généralement à les minimiser. Ce scénario se reproduit en 2013, pour la première fois sous le règne de Kim Jong-un, ce dernier allant plus loin dans la provocation et la menace21.

En janvier 2016, un nouvel essai nucléaire se produit : pour la première fois, Kim Jong-un prétend qu'il s'agit d'un test réussi de bombe H, nettement plus puissante que la bombe A utilisée précédemment. Les spécialistes déclarent alors qu'il est à peu près impossible qu'il s'agisse réellement d'une bombe H et qu'il ne s'agit sans doute que d'une simple bombe A. Kim Jong-un maintient toutefois ses propos et se lance dans une série de provocations contre la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis29. Cette fois-ci, il perd le soutien de la Chine et de la Russie qui votent à l'ONU pour de très dures sanctions ; Kim commence alors à menacer aussi la Chine, détruisant ainsi les bonnes relations qu'ont toujours possédées les deux pays31,35.

Pour aller plus loin...[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources et références[modifier | modifier le wikicode]

Documentaire[modifier | modifier le wikicode]

Articles Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Plusieurs articles sur Wikipédia ont servi d'inspiration à celui-ci :

Articles de presse et sites Internet[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 et 1,1 Chronologie de la Corée sous occupation japonaise, Clio
  2. Kojong, Les carnets de Marine
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3, 3,4 et 3,5 Kim Il-sung, Dictateurs.fr
  4. 4,0, 4,1, 4,2 et 4,3 Syngman Rhee, président controversé, Asia
  5. 5,0, 5,1, 5,2, 5,3, 5,4, 5,5, 5,6, 5,7 et 5,8 Guerre de Corée, Larousse.fr
  6. Guerre de Corée : comment l'arme nucléaire a failli être utilisée par les Américains, Association d'amitié franco-coréenne
  7. 17 mai 1961 : renversement du gouvernement en Corée du Sud, Perspective monde
  8. 8,0, 8,1 et 8,2 La gazette de Séoul - Les années Park, Slate blogs
  9. 26 octobre 1979 : assassinat du président Park Chung-hee, Perspective monde
  10. Le soulèvement démocratique de juin 1987 en Corée du Sud, Association d'amitié franco-coréenne
  11. 17 septembre 1988 : ouverture des Jeux olympiques de Séoul, Perspective monde
  12. 12,0 et 12,1 La dernière folie de Kim Il-sung, L'Express
  13. 8 juillet 1994 : décès du président nord-coréen Kim Il-sung, Perspective monde
  14. Corée du Nord : le « Jurassic Park » du stalinisme, Les Échos
  15. 15,0 et 15,1 L'étrange diplomatie du tourisme en Corée, Le Figaro
  16. 16,0, 16,1, 16,2 et 16,3 13 juin 2000 : tenue d'une rencontre historique entre les chefs d'État des deux Corées, Perspective monde
  17. 17,0 et 17,1 Washington, l'"Axe du Mal" et l'Irak, Le Monde
  18. Le complexe intercoréen Kaesong, otage des tensions Nord-Sud, Libération
  19. Une touriste sud-coréenne tuée par balle en Corée du Nord, L'Express
  20. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il est mort, Le Figaro
  21. 21,0 et 21,1 La Corée du Nord confirme son 3ème essai nucléaire, Le Figaro
  22. Corée du Nord : les exécutions en série de Kim Jong-un, Le Point
  23. Interview de Park Geun-hye : «La France est le meilleur partenaire de la Corée», Le Figaro
  24. Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ?, Libération - l'An 2000
  25. Parodie du clip "Gangnam Style" du Sud-Coréen Psy, mettant en scène Kim Jong-un, YouTube
  26. "The Adventures of Kim Jong-un", court-métrage américain ridiculisant Kim Jong-un, YouTube
  27. Bande annonce du jeu vidéo "Glorious Leader !" annulé pour piratage, YouTube
  28. Échappée de Corée du Nord, Yeonmi Park raconte son épopée dans un livre, TF1.fr
  29. 29,0 et 29,1 Pourquoi le nucléaire n'est pas un simple caprice de Kim Jong-un, L'Obs
  30. AdTech Ad Park Geun-Hye insultée, Séoul réagit, Tribune de Genève
  31. 31,0 et 31,1 La Corée du Nord menace la Chine d'une «tempête nucléaire», Direct Matin
  32. Les lourdes sanctions contre la Corée du Nord viennent d'être appliquées pour la première fois, RTL
  33. 33,0, 33,1 et 33,2 Corées: si le Nord et le Sud ne faisaient plus qu’un, RFI
  34. La réunification de la Corée coûterait au moins 500 milliards de dollars, RTL
  35. La Chine impose des sanctions commerciales contre la Corée du Nord, La Tribune
Article mis en lumière la semaine du 31 juillet 2017.
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