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Question des réparations allemandes

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Les destructions à Reims en 1916, après les bombardements par l'artillerie allemande

La question des réparations allemandes se pose après la Première Guerre mondiale. L'armée allemande avait causé des dégâts importants sur le territoire belge et surtout français. En 1919, les vainqueurs exigeaient que l'Allemagne verse des indemnités financières pour réparer les dégâts.

Les difficultés financières de l'Allemagne après la guerre et la mauvaise volonté des gouvernements allemands pour régler la dette très importante qui lui avait été imposée, posent de gaves problèmes financiers aux pays qui devaient recevoir ces indemnités.

La France où le coût de la reconstruction est très élevé vu l'importance des destructions, tente par tous les moyens de faire payer l'Allemagne. La droite au pouvoir fait occuper militairement la riche région industrielle allemande de la Ruhr en 1923.

Mais le Royaume-Uni et les États-Unis, grands fournisseurs et clients de l'Allemagne, font pression sur la France pour que celle-ci accepte de renégocier les dettes allemandes. Le Cartel des gauches qui dirige la France de 1924 à 1926, est contraint de renégocier. Les paiements allemands vont s'étaler sur plusieurs années, pour cesser au moment de la crise économique de 1929.

La France ne pourra ainsi ne financer que 30% de ses réparations, le reste étant à sa charge.

Le montant des réparations[modifier | modifier le wikicode]

Les dégâts matériels[modifier | modifier le wikicode]

Destructions dans un village de la Somme

Ainsi 6 500 édifices publics et 225 000 maisons d'habitation ont été totalement détruits. S'y ajoutent 11 000 édifices publics et 350 000 maisons partiellement endommagés. Au total près de 1 500 000 personnes sont « sans-abris ».

Dans les campagnes 2,6 millions d'hectares sont devenus inutilisables par les dégâts des combats (tranchées, cratères d'obus...) et sont jonchés de débris divers comme des éclats d'obus ou des obus non explosés qu'il va falloir enlever. En 1919, la production agricole s'est effondrée dans les régions dévastées, la production de blé n'est plus que le tiers de celle de 1913, celle d'avoine a reculé de 70%, celle des pommes de terre de 40%. Des milliers d'hectares de forêts ont disparu. Le cheptel est diminué de 850 000 bovins, de 370 000 chevaux, de 900 000 moutons, de 330 000 porcs.

Les installations industrielles qui n'avaient pas été détruites pendant les opérations militaires ont été volontairement mises hors service pendant la retraite de l'armée allemande. Le bassin houiller du Nord-Pas de Calais ne produit plus que 4% de son niveau de 1913. La production de fonte dans le Nord et en Lorraine a diminué des trois quarts, celle de l'acier de 95%.

Les infrastructures de transport sont fortement endommagées. Il faudra refaire plus de 62 000 kilomètres de routes, 2 000 kilomètres de canaux, ainsi que 5 800 km de voies ferrées.

« L'Allemagne paiera ! »[modifier | modifier le wikicode]

L'article 231 du traité de Versailles signé en juin 1919 et que l'Allemagne a été contrainte de signer sans en avoir discuter les conditions (le « diktat », prévoit le problème des réparations de guerre). L'Allemagne et ses alliés (Autriche-Hongrie, Bulgarie et Turquie) y étant déclarés seuls responsables de la guerre doivent en payer le prix.

En juillet 1920, la Conférence de Spa fixe les pourcentages des versements allemands à recevoir : la France a droit à 52 %, le Royaume-Uni à 22%, 10% pour l'Italie, 8% pour la Belgique.

En janvier 1921, la Conférence de Paris fixe le montant des réparations à 226 milliards de marks-or qui devront être versés sur une période de 42 ans (jusqu'en 1963!).

Après des protestations allemandes, la conférence de Londres de mai 1921, fixe le montant des réparations 132 milliards de marks-or pour l'Allemagne, sur un total de 150 milliards. Les annuités seront de 2 milliards auxquels s'ajouteront 26% des revenus des exportations allemandes. Les Britanniques trouvent que la somme est trop élevée et risque d'asphyxier l'Allemagne ; en France, pays qui a le plus souffert de la guerre, la droite trouve que cela n'est pas assez, par contre la gauche redoute que trop de sévérité ne pousse les Allemands humiliés et ruinés à chercher une revanche.

Comptant sur les versements à venir des Allemands, le gouvernement français du Bloc National engage dès 1919 les travaux de reconstruction. Il assure également le paiement des pensions des veuves, des orphelins et des blessés de guerre qui se comptent par millions.

Dès 1920, l'Allemagne commence les versements, mais fait des difficultés. Pour obtenir satisfaction l'armée française en mars 1920 occupe trois villes rhénanes (Düsseldorf, Duisbourg et Ruhrort). L'Allemagne reprend ses versements mais obtient une réduction de 40% de ses livraisons de charbon (destinées surtout à la France).

Les difficultés[modifier | modifier le wikicode]

En janvier 1922, les Britanniques acceptent de renégocier, le gouvernement français d'Aristide Briand est du même avis. Mais Alexandre Millerand, président de la République est contre toutes négociations avec l'Allemagne. Il obtient la démission de Briand qui est remplacé par Raymond Poincaré, adversaire acharné de l'Allemagne.

L'occupation de la Ruhr[modifier | modifier le wikicode]

Défilé de chasseurs alpins français dans une ville de la Ruhr en mars 1923

Fin 1922, les versements allemands prennent du retard. La France prévient l'Allemagne qu'elle prévoit d'envahir la Ruhr. Ce qui est fait le 11 janvier 1923. Immédiatement le gouvernement allemand suspend ses relations diplomatiques et appelle la population à la résistance passive (interdiction de toute aide matérielle aux troupes occupantes, refus des livraisons de marchandises). Les ouvriers allemands se mettent en grève, mais le gouvernement leur verse des indemnités et punit fiscalement les collaborateurs des Français. Il y a des violences et même des morts. Parallèlement la désorganisation de l'économie allemande abouti à une inflation gigantesque. Progressivement les industriels allemands dont les affaires déclinent retirent leur soutien au gouvernement. En septembre le nouveau gouvernement allemand dirigé par Gustave Streseman abandonne officiellement la résistance passive. Le nouveau gouvernement français du Cartel des gauches qui a besoin de l'appui des Anglo-saxons pour résoudre ses problèmes financiers, décide de négocier avec l'Allemagne. Les derniers soldats français évacueront la Ruhr enfin août 1925

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Occupation de la Ruhr.

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Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Crise de 1923 en Allemagne.

Le plan Dawes[modifier | modifier le wikicode]

En août 1924, les négociations aboutissent à l'adoption du plan Dawes. Il prévoit une période provisoire de cinq ans. L'Allemagne versera des annuités qui augmenteront progressivement de 1 à 2,5 milliards de marks-or (en fonction de son redressement économique). Les versement seront garantis par les revenus de l'industrie et des chemins de fer allemands.

Le plan Young[modifier | modifier le wikicode]

De 1924 à 1929, l'Allemagne tient ses engagements, mais pour cela elle doit emprunter à l'étranger et en particulier aux banques américaines. Comme le plan Dawes vient à expiration en 1929, on négocie un nouveau plan. Celui-ci, du nom du président de la commission qui l'a élaboré Owen Young, est très favorable à l'Allemagne. Il est signé en août 1929. Le montant total des réparations est réduit de 17%. L'Allemagne obtient un allègement d'un tiers du montant des annuités. Celles-ci sont réparties sur 59 années (jusqu'en 1988!). Il n'y avait plus de contrôle sur les revenus des chemins de fer ni ceux de l'industrie allemande.

Abandon des versements des réparations[modifier | modifier le wikicode]

Mais le 24 octobre 1929, le « Black friday », commence la crise économique mondiale. L'Allemagne fortement dépendante des capitaux américains est entrainée rapidement dans la tourmente. En juillet 1931, Herbert Hoover, président des États-Unis, fait suspendre pour un an l'ensemble des dettes dues par tous les gouvernements les uns vis à vis des autres

En juillet 1932, la conférence de Lausanne décide la fin du paiement des réparations. En représailles les Français ne remboursent plus leurs dettes de guerre aux États-Unis.

Les résultats[modifier | modifier le wikicode]

Au total, l'Allemagne n'a versé que 36 milliards de marks-or sur les 132 prévus en 1921. Pour payer sa dette l'Allemagne avait emprunté pour 33 milliards. La France en a reçu 9,5 milliards, ce qui fait que 70% du coût de la reconstruction restent à la charge du pays.

Le problème des réparations, ressenti comme injuste par les Allemands, provoque une agitation nationaliste continuelle en Allemagne (le putsch d'Hitler à Munich a lieu en novembre 1923). Les difficultés financières déstabilisent la République de Weimar. L'attitude rigide de Millerand et Poincaré isole la France par rapport à ses alliés britanniques et américains et de ne plus elle ne résout rien.

Le versement d'indemnités de guerre à également été imposé à l'Autriche, à la Hongrie, à la Bulgarie par les vainqueurs de 1918.

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