Programme Apollo

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Logo du programme Apollo

Le programme Apollo est un programme spatial de l'agence spatiale américaine (NASA) destiné à explorer la Lune en y envoyant des hommes. Le programme a commencé en 1961 (avec le discours de John Fitzgerald Kennedy le 25 mai 1961) et s'est fini en 1972. En tout 27 hommes ont voyagé autour de la lune, et parmi eux 12 hommes ont marché sur la Lune.

Le contexte[modifier | modifier le wikicode]

Après la Seconde Guerre mondiale il y avait une rivalité entre les États-Unis et l'URSS. Chacun souhaitait montrer à l'autre sa supériorité dans le domaine militaire et estimait qu'il devait maîtriser ce qu'il se passe dans l'espace au voisinage de la terre.

Dans ce domaine, les soviétiques ont réussi les premier à envoyer un satellite en orbite autour de la terre le 4 octobre 1957 en lançant Spoutnik 1. Puis le 12 avril 1961, ils ont également été les premiers à envoyer un homme, Youri Gagarine, autour de la terre dans le vaisseau spatial.

C'est suite à ces deux succès que le président américain John Fitzgerald Kennedy décide de faire encore mieux en réussissant avant 1970 à envoyer deux américains sur la lune et à le ramener sur terre sains et saufs. Ensuite, le gouvernement américain a choisi de consacrer l'argent nécessaire pour que ce projet puisse être réalisé.

Quelques problèmes techniques à résoudre[modifier | modifier le wikicode]

Pour envoyer des hommes dans l'espace ou sur la lune, on a besoin de résoudre certains problèmes techniques qui existent aussi si on envoie des satellites autour de la terre ou des sondes automatiques sur la lune, ou plus loin que la lune.

S'éloigner de la terre[modifier | modifier le wikicode]

Si tu lance un caillou à l'horizontale, comme la terre attire les objets vers elle, en maintenant au sol ceux qui y sont déjà et en faisant tomber les autres, ton caillou atteindra le sol après avoir parcouru une certaine distance.

Si tu le lances plus fort, mais toujours à l'horizontale, il se déplacera plus vite et sera allé plus loin lorsqu'il touchera le sol.

Si tu étais capable de le lancer (peut être grâce à des explosifs) à la vitesse de cent mille kilomètres par heure, c'est à dire un peu plus de 27 kilomètres (2 à 3 fois la taille d'une grande ville) par seconde, ton caillou (en supposant qu'il n'ai pas été détruit par la force du lancer) partira à l'horizontale et sera toujours attiré par la terre. Mais comme la terre est ronde, il ne tombera pas assez vite pour rejoindre le sol et continuera son trajet presque en ligne droite en s'éloignant de plus en plus de la terre.

Entre les deux, il existe une vitesse : 28440 Kilomètres par heure, c'est à dire presque 8 kilomètres par seconde qui permet aux satellites et à la station spatiale internationale de tourner autour de la terre pendant des années sans s'en rapprocher ni s'en éloigner beaucoup.

Pour envoyer un vaisseau spatial au delà de l'orbite terrestre, par exemple sur la lune, il faudra lui donner une vitesse de plus de 8 kilomètre par seconde, c'est à dire plus de 30 fois la vitesse des avions à réaction. Pour atteindre cette vitesse, il faudra beaucoup d'énergie, et donc beaucoup de carburant. Mais ce carburant et les réservoirs qui le contiennent ont un certain poids qui alourdit la fusée. Celle-ci étant plus lourde, il faut encore plus d'énergie pour l'accélérer à la même vitesse.

Voyager dans le vide[modifier | modifier le wikicode]

Sur terre, il fait plus chaud au soleil qu'à l'ombre, puisque lorsqu'on n'est pas à l'ombre, on profite de l'énergie du soleil qui réchauffe. Toutefois, comme l'air de l'atmosphère terrestre est capable d'emmagasiner de la chaleur, le changement de température entre un endroit à l'ombre et un autre au soleil est lent et d'une amplitude limitée.

Mais à une dizaine de kilomètres de la terre, on ne trouve presque plus d'air. A 100 kilomètres d'altitude, il y en a encore beaucoup moins et à 1000 km et au delà, c'est presque du vide. Il y a aussi du vide autour de la lune puisque la lune n'a pas d'atmosphère.

Dans le vide, la température peut varier de plusieurs centaines de degrés en quelques secondes lors d'un passage de l'ombre au soleil ou l'inverse. Au soleil, au voisinage de la terre ou sur la lune, la température peut monter jusqu'à 125 °C. À l'ombre, elle peut descendre en dessous de -170 °C. Les matériaux utilisés devront supporter ces changements de température.

Revenir sur terre sans brûler[modifier | modifier le wikicode]

Lorsqu'un vaisseau spatial revient sur terre, il se déplace à une très grande vitesse. Durant les dernier kilomètres, le frottement de l'air de plus en plus dense sur les parois du vaisseau va le ralentir, mais aussi le chauffer à plusieurs milliers de degrés. Il faudra que le vaisseau spatial supporte cette très haute température sans être détruit.

La fusée[modifier | modifier le wikicode]

Une fusée est composée de deux partie :

  1. Le lanceur qui est composé de gros moteurs, de réservoirs et de carburant et qui permet d'accélérer la fusée à une très grande vitesse.
  2. La charge utile qui est la partie de la fusée qui atteindra l'orbite terrestre une fois que le lanceur lui aura donné une vitesse suffisante, et ira éventuellement au delà grâce à ses propres moteurs.

Le lanceur[modifier | modifier le wikicode]

Le lanceur mis au point et utilisé pour le programme Apollo a pour nom Saturn V. C'était le plus gros et le plus puissant des lanceurs fabriqués à la fin des années 60 puisque le vaisseau spatial à envoyer autour de la lune, et une partie sur la lune, étaient beaucoup plus lourds que les satellites qu'on envoyait en orbite terrestre.

Le lanceur Saturn V est un lanceur à 3 étages comme la plupart des lanceurs du siècle dernier.

Le premier étage mesure 42 mètres de haut pour 10 mètres de diamètre. À vide, il pèse 130,4 tonnes, mais en remplissant un de ses réservoirs de kérosène (le carburant des avions) et l'autre d'oxygène liquide pour que le kérosène puisse brûler à haute altitude, même s'il n'y a presque plus d'air, l'ensemble pèse 2279 tonnes.

Le deuxième étage a le même diamètre que le premier et mesure 28,80 mètres de haut. Il pèse 36,5 tonnes à vide et 481 tonnes avec le plein qui est composé d'hydrogène et d'oxygène liquides. L'hydrogène et l'oxygène sont sous forme liquide pour pouvoir en mettre beaucoup dans les réservoirs, mais ça nécessite de les refroidir à des températures très basses : −183 °C pour l'oxygène et −253 °C pour l'hydrogène.

Le troisième étage mesure 17,90 mètres de haut pour 6,60 mètres de diamètre. Il pèse 11,3 tonnes à vide et 107 tonnes avec le plein qui est lui aussi composé d'hydrogène et d'oxygène liquides.

La charge utile[modifier | modifier le wikicode]

La charge utile est composée de la capsule Apollo qui héberge 3 astronautes durant tout le voyage, d'un module de service en dessous qui leur fournit de l'air, de l'eau, de l'électricité et peut propulser la charge utile pour des changements d'orbite une fois qu'elle est séparée du 3ème étage, et sous le module de service au moment du lancement, le LEM, qui est le module destiné à faire atterrir 2 des astronautes sur la lune, puis les ramener vers le capsule Apollo.

Au tout début du trajet, il y a aussi au dessus de la capsule Apollo, une tour de sauvegarde, qui est une mini fusée destinée à séparer la charge utile du lanceur au tout début du lancement afin de sauver l'équipage si un problème au début du lancement risque de faire exploser le lanceur. Après 2 minutes et demie de vol, cette tour de sauvegarde est larguée et retombe dans la mer.

Lorsque le lanceur a joué son rôle et que la charge utile est allé au delà de l'atmosphère terrestre, certaines manœuvres permettent de positionner le LEM au dessus de la capsule Apollo et à l'envers, c'est à dire que le haut de l'habitable du LEM est contre la partie haute (la plus étroite) de la capsule Apollo.

Déroulement d'une mission Apollo avec alunissage[modifier | modifier le wikicode]

Avant le décollage, la fusée (lanceur + charge utile) pèse environ 3040 tonnes. Le poids peut légèrement changer d'une mission à l'autre. Les moteurs du premier étage sont allumés quelques secondes avant le décollage. D'abord le moteur central, puis 2 moteurs latéraux, puis les 2 derniers moteurs. Si la poussée des moteurs mesurée est suffisante, la fusée peut décoller et s'élève dans le ciel d'abord verticalement puis en biais, en direction de l'est pour profiter de la vitesse de rotation de la terre sur elle-même.

La fusée Saturn V

Au bout de 2 minutes et demie, il n'y a plus de carburant dans le premier étage. La fusée est alors à 61 km d'altitude et se déplace à 8 600 km/h (presque 2400 mètres par seconde). Ce premier étage est séparé du reste de la fusée et continue avec son élan à monter jusqu'à 110 km d'altitude puis retombe dans l'océan atlantique à environ 560 km du lieu du lancement. Compte tenu de la vitesse à laquelle ce premier étage rentrera dans l'atmosphère, il est probable qu'à cause de l'échauffement, son métal fonde, puis soit transformé en vapeur avant d'atteindre la mer.

La fusée débarrassée de son premier étage est 4 fois moins lourde que juste avant le décollage. Le deuxième étage qui fonctionne pendant 6 minutes va l'emmener jusqu'à 185 km d'altitude à une vitesse de 24600 km/h (soit 6,3 km par seconde). Cette vitesse correspond aux 4/5 de la vitesse qu'il faudrait pour que la fusée reste en orbite autour de la terre. Entre temps, 30 secondes après le démarrage du 2ème étage, la tour de sauvetage qui ne peut plus servir à cette altitude a été larguée. Lorsque le 2ème étage n'a plus de carburant, il est séparé du reste de la fusée et retombe dans l'océan atlantique à environ 4200 km du lieu de lancement, c'est à dire plus près de l'Afrique que de l'Amérique.

À présent, ce qui reste de la fusée est presque 11 fois moins lourd que la fusée complète juste avant son lancement. Le troisième étage est allumé pendant 136 secondes (un peu plus de 2 minutes) pour mettre la fusée sur orbite autour de la terre. Elle y reste le temps de faire 2 tours et demie, ce qui permet aux astronautes de vérifier que tout fonctionne bien avant de rallumer le moteur du 3ème étage pendant 335 secondes (environ 5 minutes et demie) pour quitter l'orbite terrestre et partir en direction de la lune.

Quelques heures après, le module de service et le modules de commande (c'est à dire la capsule Apollo) se séparent du 3e étage. Après un demi tour, ils s'arriment au module lunaire (LEM).

CSM rotation in space.jpg CSM docking with LM.jpg CSM & S-IVB separation.jpg
Manœuvre d'amarrage du Module de commande et de service au Module lunaire durant le transit vers la Lune.

Ensuite, le troisième étage est séparé de la charge utile. Il continue de s'éloigner de la terre. À partir de la mission Apollo 13, ses restes de carburant sont utilisés permettent de modifier un peu sa trajectoire afin qu'il s'écrase sur la lune. Le choc produit sera mesuré par les sismographes déjà présents sur la lune et donnera des informations sur sa structure interne.

La charge utile qui contient les astronautes continue aussi son trajet vers la lune qui prend environ 3 jours. Le vaisseau spatial se place alors en orbite autour de la lune.

Deux des astronautes vont alors dans le module lunaire (LEM) qui se détache de la capsule Apollo et descend vers la lune pour alunir à un endroit qui a été choisi avant le début de la mission. La date de l'alunissage (et donc aussi la date de lancement de la fusée quelques jours avant) a elle aussi été choisie de manière à ce qu'il fasse jour sur le site d'alunissage, mais avec le soleil assez bas sur l'horizon, et un mouvement montant du soleil. Autrement dit, ça doit être le matin sur cette partie de la lune. Ça a comme avantage de produire des ombres allongées et donc de permettre aux astronautes de mieux voir les irrégularités du sol lunaire.

Les astronautes récupèrent des échantillons de roche lunaire qui seront ramenés sur terre et installent des appareils de mesure avec des cellules solaires pour les alimenter en électricité et une antenne pour que ces équipements communiquent avec la terre.

Le module lunaire d'Apollo 16.

Après la mission sur la Lune finie, les astronautes montent dans le LEM dont seule la partie haute (module de remontée) décolle pour rejoindre le module de commande resté en orbite. Les astronautes rejoignent le module de commande avec ce qu'ils ramènent de la lune, puis le module lunaire largué et abandonné en orbite lunaire.

Le module lunaire vu depuis le module de commande.

Ensuite, les moteurs du module de service sont rallumés pendant deux minutes et demie pour quitter l'orbite lunaire en direction de la terre. Le voyage retour dure 2 jours. Il est plus rapide que le voyage aller car la terre étant plus grosse que la lune, elle attire davantage les objets. À l'aller, l'attraction de la terre a ralenti le vaisseau spatial en direction de la lune durant la plus grosse partie du trajet, avant que l'attraction de la lune devenue proche l'accélère. Au retour, c'est l'inverse. Après avoir quitté l'orbite, l'attraction de la lune ralentit le vaisseau spatial qui veut s'échapper, mais assez rapidement, l'attraction de la terre devient plus forte et accélère le vaisseau spatial durant la plus grande partie du trajet.

Parti de la lune à la vitesse de 1 km par seconde puis ralenti jusqu'à la vitesse de 850 m par seconde, le vaisseau spatial se déplace à 11 km par seconde lorsqu'il arrive à proximité de la terre. Le module de service est alors largué et seul le module de commande sous le plancher duquel est placé un bouclier thermique capable d'encaisser une température de 3000 °C due aux frottements de l'air sera récupéré intact.

Le module de commande doit rentrer dans l'atmosphère sous un certain angle. Si l'angle est trop fort, il risque d'être ralenti trop vite par les frottements de l'air et de trop chauffer au point d'être détruit. Mais si l'angle est trop faible, il peut rebondir sur l'atmosphère et repartir dans l'espace alors qu'il n'a plus de moteurs pour se diriger.

À 7 km d'altitude deux petits parachutes permettent de réduire sa vitesse de 480 m par seconde à 280 m par seconde. Puis à 3 km d'altitude, les 3 parachutes principaux réduisent encore sa vitesse qui ne sera de de 10 mètres par seconde (36 km/h) lorsque la capsule touchera la mer.

Revenus sur la terre ferme, les 3 astronautes qui ont fait partie d'une mission lunaire ne peuvent pas reprendre de suite leur vie normale puisqu'ils sont mis à l'isolement en quarantaine pour le cas où ils auraient ramené de la lune des microbes ou virus inconnus sur terre.

Les missions du programme Apollo[modifier | modifier le wikicode]

Les missions préparatoires[modifier | modifier le wikicode]

Le programme Apollo, comme tous les programmes spatiaux, a nécessité la mise au point d'un lanceur et d'une charge utile qui n'avaient jamais été utilisés auparavant. Avant d'envoyer des hommes sur la lune, il faut vérifier que tout le matériel fonctionne parfaitement. C'est le but des premières missions.

Les trois premiers vols sont des vols inhabités qui se déroulent dans le désordre. Ils utilisent le lanceur Saturn 1B qui est un peu moins puissant et un peu moins cher que le lanceur Saturn V.

Le premier vol a lieu le 26 février 1966 et s'appelle AS-201 et sera rebaptisé plus tard Apollo 1a. Il envoie le module de commande et le module de service à 450 km d'altitude; les moteurs du module de service sont testés avec succès pendant 80 secondes, puis les 2 parties se séparent et le module de commande est récupéré en mer. Toutefois, à cause d'une perte de données pendant sa descente, l'efficacité du bouclier thermique devra être retestée plus tard.

Le deuxième vol s'appelle AS-203 et décolle le 5 juillet 1966. Il deviendra plus tard Apollo 3. Il permet de tester à haute altitude le 2ème étage du lanceur Saturn 1B qui est destiné à être utilisé comme 3ème étage sur le lanceur Saturn V. La fusée est placée sur orbite à 190 km d'altitude autour de la terre et plusieurs allumages et extinction de ce moteur ont lieu avec succès. Il décident de faire des essais complémentaires, mais lors de la 5ème orbite soit environ 7 heures après le décollage, cet étage est détruit. Malgré tout, les essais qui ont permit de tester son bon fonctionnement se sont bien déroulés.

Le troisième vol appelé AS-202 puis Apollo 2 décolle le 25 août 1966. La fusée est lancé beaucoup plus à la verticale que toutes celles qui suivront monte jusqu'à 1142,9 km d'altitude avant de retomber. Ce vol permet de tester un retour dans l'atmosphère du module de commande à haute vitesse et est un succès. Il est décidé que le prochain vol AS-204 sera un vol habité qui sera appelé Apollo 1.

Mort de trois astronautes lors d'essais au sol[modifier | modifier le wikicode]

Le décollage d'Apollo 1 est prévu le 21 février 1967. Toutefois, le 27 janvier 1967, lors d'essais au sol simulant le lancement, l'un des astronautes perçoit une chaleur anormale en dessous de son siège. Peu après, un incendie se déclare dans la capsule et les 3 astronautes Virgil Grissom, Edward White, Roger Chaffee qui n'ont pas réussi à en sortir meurent asphyxiés.

Après cet accident, de nombreux défauts de conception sont corrigés sur la capsule Apollo et son module de service. Dans la capsule, les astronautes respiraient de l'oxygène pur à pression réduite, ce sera de l'air. Pour la même durée de voyage, la réserve d'air sera plus lourde à transporter mais moins dangereuse. L'ouverture de la porte de la capsule sera vers l'extérieur plutôt que vers l'intérieur. On évitera de mettre dans la capsule des matériaux inflammables et quelques défauts des circuits électriques seront corrigés.

Les trois missions suivantes du programme Apollo seront sans équipage.

Nouvelles missions sans équipage[modifier | modifier le wikicode]

La mission suivante s'appelle Apollo 4 et décolle le 9 novembre 1967. C'est la première qu'on utilise la lanceur Saturn V et le lancement se passe très bien. Le bon fonctionnement du lanceur est validé.

Apollo 5 est lancé le 22 janvier 1968, de nouveau avec une fusée Saturn 1B. Le module lunaire est testé pour la première fois en orbite terrestre (lors du lancement d'Apollo 4, c'était la seule partie du vaisseau remplacée par une maquette). Les moteurs de descente et de remontée fonctionnent bien. L'essai est un succès.

Apollo 6 est lancé le 4 avril 1968, de nouveau avec un lanceur Saturn V. Le lanceur fonctionne beaucoup moins bien que pour Apollo 4, mais cet essai permet de vérifier que la capsule Apollo supporte l'échauffement qui se produit si elle arrive dans l'atmosphère terrestre à la vitesse qu'elle aurait eu en revenant de la lune, c'est à dire 11 km par seconde.

Reprise des missions habitées[modifier | modifier le wikicode]

Les missions habitées reprennent avec Apollo 7. Walter Schirra, Donn Eisele, Walter Cunningham sont envoyés en orbite terrestre 11 octobre 1968 en utilisant un lanceur Saturn 1B. Ils restent en orbite pendant 11 jours et font des tests approfondis du module de commande. Puis il quittent leur orbite et retombent dans l'océan où ils sont sont récupérés sains et saufs.

Le lancement d'Apollo 8 a lieu le 21 décembre 1968 avec un lanceur Saturn V. L'équipage est composé de Frank Borman, James Lovell et William Anders. C'est la première fois que des hommes quittent le voisinage de la terre pour aller autour de la lune. Après un voyage de 3 jours, ils arrivent à proximité de la lune et tournent autour durant un peu plus de 20 heures le jour de noël. Ils repartent alors vers la terre et amérissent dans l'océan le 27 décembre. Le voyage retour est plus rapide que le voyage aller comme ça a été expliqué plus haut. Cette mission s'est déroulée sans emporter de module lunaire.

La mission Apollo 9 se déroule en orbite terrestre du 3 mars 1969 au 13 mars 1969. Les 3 astronautes doivent tester le bon fonctionnement du module lunaire (LEM). Le 7 mars, James McDivitt et Russell Schweickart entrent dans ce module lunaire alors que David Scott reste dans le module de commande. En effet, lors des missions Apollo sur la lune, l'astronaute chargé du pilotage du module de commande doit rester dans celui-ci. Le module lunaire est séparé du module de commande. Ses occupants le manœuvrent pendant 6 heure 1/2 avant de revenir s'amarrer au module de commande. La veille, ils ont fait 56 minutes de sortie extra véhiculaire pour tester une manœuvre de secours au cas où l'arrimage se passerait mal.

Apollo 10 est lancé le 18 mai 1969. Il s'agit de faire une dernière répétition d'une mission Apollo sur la lune sans s'y poser. Le LEM est piloté par Eugene Cernan avec également Thomas Stafford à son bord. Il descend jusqu'à 15,6 km de la surface de la lune, puis largue l'étage de descente et remonte rejoindre le module de commande où les attend John Young. Ils retournent ensuite vers la terre où ils arrivent le 26 mai 1969.

Les missions sur la lune[modifier | modifier le wikicode]

L'équipage d'Apollo 11.

Apollo 11 est lancé le 15 juillet 1969. Il se place en orbite lunaire le 19 juillet à environ 110 km d'altitude. Le 20, Neil Alden Armstrong et Edwin Aldrin vont dans le module lunaire (LEM), puis après 5 heures de vérification du matériel, ils séparent la LEM du vaisseau Apollo et actionnent ses moteur pour réduire sa vitesse en orbite et donc descendre en direction de la lune. Malgré tout, le LEM ne descend pas verticalement (comme un hélicoptère), mais en biais, comme un avion. De ce fait, ce n'est qu'au dernier moment qu'ils voient l'endroit à ils vont alunir. Mais finalement le LEM se pose à 21 h 17, heure française à 7 km du lieu prévu à l'origine. Avant de sortir du LEM, il faut notamment enlever l'air qu'il contient avant d'ouvrir la porte, car il n'y a pas d'air sur la lune. Les préparatifs pour la marche sur la lune prennent 3 heures et demie. Ensuite, Armstrong descend du module lunaire et une fois au sol, prononce une phrase devenue célèbre Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité. Aldrin le rejoint. Ils plantent le drapeau américain et installent des appareils de mesure scientifique, prennent quelques photos et récupèrent également 21,7 kg de roche et de sol lunaire. La sortie du LEM a duré 2 heures et demie avant qu'il y reviennent. Ils dorment un peu puis se préparent à redécoller. leur séjour sur la lune a duré 21 heures 38. Il rejoignent alors la capsule Apollo où les attend Michael Collins. Le retour sur terre a lieu le 24 juillet 1969, mais ils devront tous les trois rester à l'isolement pendant 21 jours pour le cas où ils ramèneraient des virus inconnus.

Apollo 12 est lancé le 14 novembre 1969. Bien que la météo prévoie de la pluie et des nuages à 3 000 mètres d'altitude, Il n'y a pas d'orage de prévu. Pourtant, la fusée est frappée par la foudre 36,5 secondes puis 52 secondes après son lancement. Les mesures sur le fonctionnement de la fusée transmisses au sol deviennent fausses jusqu'à ce qu'un équipement soit connecté à une alimentation électrique de secours. Le reste du trajet vers la lune se passe sans incident. Après la mer de la tranquillité pour Apollo 11, le site d'alunissage pour Apollo 12 s'appelle l'océan des tempêtes. Ils doivent se poser près de la sonde Surveyor 3 arrivée 2 ans 1/2 plus tôt. Ils passent à moins de 40 mètres de cette sonde mais Charles Conrad préfère se poser un peu plus loin à 163 mètres pour éviter que la poussière soulevé endommage la sonde. Dès le début de la première sortie, la caméra qui devait filmer les 2 astronautes est endommagée. En conséquence, ces sorties ne seront pas télévisées. Avec Alan Bean; ils restent sur la lune pendant 31 heures et demie durant lesquelles ils sortent du vaisseau deux fois et passent 7 H 3/4 à l'extérieur. Ils ramènent 34,1 kg de roche lunaire à la capsule Apollo où les attend Richard Gordon. Le retour sur terre a lieu le 24 novembre.

Apollo 13 a décollé le 11 avril 1970 avec à son bord Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise. 56 heures après le lancement alors qu'ils ont fait la moitié du trajet vers la lune, un réservoir d'oxygène liquide explose dans le module de service. La pression dans l'autre réservoir d'oxygène diminue. Cet oxygène sert à la fois pour respirer, pour produire de l'eau avec l'hydrogène embarqué, et pour produire de l'électricité dans une pile à combustible. La situation est critique et il est décidé d'utiliser le module lunaire à la fois comme source d'eau, d'air et d'électricité, et comme moyen de propulsion pour revenir vers la terre. Après avoir séjourné à trois dans le module lunaire prévu pour 2 personnes, ce n'est qu'à proximité de la terre qu'ils reviennent dans la capsule Apollo dont le chauffage avait été coupé pour économiser la charge des batteries. En effet, seule la capsule Apollo, grâce à son bouclier thermique pourra supporter l'échauffement lors de la rentrée dans l'atmosphère. L'amerrissage dans l'océan indien a lieu le 17 avril. L'équipage est sauvé.

Apollo 14 est lancé le 31 janvier 1971. Un réservoir d'oxygène supplémentaire a été rajouté au module de service pour éviter d'en manquer si le problème d'Apollo 13 devait se reproduire. Au début du trajet vers la lune, la capsule Apollo a du mal à s'accrocher au module lunaire. Les astronautes doivent faire plusieurs essais et augmenter la vitesse d'arrivée de la capsule à proximité du module lunaire pour que le verrouillage ait lieu. La suite du trajet vers la lune se passe bien, mais peu après la séparation du module lunaire du vaisseau Apollo, la NASA détecte un appui intermittent sur le bouton d'annulation de la descente vers la lune alors que les astronautes n'ont pas appuyé dessus. Edgar Mitchell doit reprogrammer l'ordinateur de bord pour qu'il ne tienne pas compte de ce bouton. Le site d'alunissage choisi pour son intérêt géologique est celui initialement prévu pour Apollo 13. Alan Shepard et Edgar Mitchell séjournent 1 jour et 9 heures 12 sur la lune pendant lesquelles ils sortent 2 fois et passent environ 9 H 20 hors du vaisseau. Ils récupèrent 42,9 kg de roches lunaire. Pour la première fois, ils disposent d'une brouette pour les transporter plus facilement. Puis ils repartent pour rejoindre Stuart Roosa dans la capsule Apollo. Le retour sur terre a lieu le 9 février 1971.

Apollo 15 décolle le 26 juillet 1971. À partir de cette mission, le module lunaire transporte un véhicule Rover et davantage d'oxygène pour permettre des séjours plus longs sur la lune. plusieurs expériences scientifiques sont réalisées durant le trajet vers la lune. David Scott et James Irwin passent 2 jours et 18 heures sur la lune. Ils sortent 3 fois du module lunaire, parcourent plus de 28,2 km à bord de leur véhicule et ramènent 76 kg de roches lunaires. La durée totale de leurs sorties hors du module lunaire est de 18 H 36. Pendant ce temps là, Alfred Worden attend leur retour dans le module de commande. Avant de partir vers la terre, ils larguent un petit satellite destiné à mesurer la gravitation et le champ magnétique de la lune. Le retour sur terre a lieu le 7 août 1971.

John Young et le véhicule lunaire durant la mission Apollo 16.

Apollo 16 est lancé 16 avril 1972 avec un mois de retard à cause d'anomalies constatées sur les combinaisons spatiales de l'équipage, le mécanisme de séparation du vaisseau Apollo et les batteries du module lunaire. Le lancement se passe très bien jusqu'à la mise en orbite autour de la terre, puis les astronautes détectent quelques anomalies qu'ils corrigent avant d'aller vers la lune. Il y aura d'autres problèmes détectés sur le module lunaire, mais John Young et Charles Duke entament la descente vers la lune et se posent à moins de 300 m du point choisi. Ils séjournent 71 heures (presque 3 jours) sur la lune et font 3 sorties pour une durée totale de 20 H 1/4 durant laquelle ils ont parcouru presque 26,7 km avec leur Rover, récupéré 95,4 kg de roches lunaire et installé pas mal d'appareils scientifiques. Le décollage du 2ème étage du module lunaire est filmé par la caméra du Rover. Ils retrouvent Ken Mattingly dans la capsule Apollo quelques heures après. Comme lors de la mission Apollo 15, ils larguent un petit satellite en orbite lunaire. Puis c'est le retour vers la terre où ils arrivent le 27 avril 1972.

Apollo 17 est lancé 7 décembre 1972. Eugene Cernan et Harrison Schmitt, qui est géologue se posent sur la lune le 11 décembre. Ils y restent 3 jours et 3 heures avant de redécoller. Entre temps, ils sont allé visiter 3 endroits autour de leur point d'alunissage, chacun pendant un peu plus de 7 heures, ont parcouru 36 km avec leur rover et ramené 110 kg de roches lunaires. Avec Ronald Evans, il reviennent sur la terre le 19 décembre 1972. La mission s'est déroulée du début jusqu'à la fin sans gros problème technique.

Arrêt programme Apollo plus tôt que prévu[modifier | modifier le wikicode]

Avant que des hommes aillent sur la lune, il était prévu que les missions Apollo se poursuivent jusqu'à Apollo 20. Mais le 4 janvier 1970, la mission Apollo 20 a été annulée pour économiser de l'argent. Le 2 septembre 1970, les missions Apollo 18 et Apollo 19 ont été annulées pour le même raison. Mais certaines expériences scientifiques prévues à partir d'Apollo 18 ont été réalisées à l'occasion des missions allant d'Apollo 15 à Apollo 17.

Depuis la fin du programme Apollo, il n'y a pas eu pendant 50 ans d'autre tentative pour envoyer des hommes sur la lune, mais le programme Artemis devrait permettre d'en envoyer de nouveau.

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vidéos[modifier | modifier le wikicode]

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