Problème irlandais au XIXe siècle

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Au XIXe siècle, le problème irlandais devient une question très importante pour le Royaume-Uni. Les Irlandais s'estiment brimés par la politique menée depuis Londres. Ils contestent la situation faite aux paysans par les propriétaires (les landlords anglais) et la centralisation des décisions à Londres. Après une vague d'attentats commis par la société secrète des Fenians, le gouvernement britannique de William Gladstone, dans les années 1870 améliore en partie la situation. Mais la tentative de mettre en place l'autonomie interne (le Home Rule) est rejetée par la majorité conservateurs-unionistes du parlement de Londres en 1886.

Le mécontentement des Irlandais[modifier | modifier le wikicode]

A Dublin, monument commémorant la grande famine de 1847.

Les Irlandais, qui sont en très grande majorité de confession catholique doivent payer des taxes à l'Église anglicane qui est la seule à être reconnue officiellement en Irlande.

Les Anglais (les landlords) sont les propriétaires du sol en Irlande. Les fermiers sont Irlandais et doivent payer des fermages très lourds. Les propriétaires transformant leurs domaines en herbages demandant moins de main d'œuvre, les fermiers sont fréquemment expulsés sans raison valable.

Depuis 1800, l'Acte d'Union oblige les Irlandais à envoyer leurs députés au parlement de Londres. Certains Irlandais réclament le Home rule, c'est-à-dire l'autonomie complète de l'île par rapport au Royaume-Uni

Les Fenians[modifier | modifier le wikicode]

De très nombreux Irlandais ont émigré aux États-Unis. À New York, certains d'entre eux ont fondé en 1858 une société secrète dite des Fenians (les Fenians sont des guerriers des légendes celtiques). Certains Fenians rentrés en Irlande tentent de soulever les paysans contre les propriétaires anglais. Ils agissent en provoquant des incendies de fermes, des attentats, aussi bien en Irlande qu'en Angleterre (en 1866, ils font sauter une prison de Londres afin de délivrer certains de leurs camarades emprisonnés). Mais l'Église catholique, très influente en Irlande refuse de les soutenir, et l'influence des Fenians reste limitée.

La politique de Gladstone face au problème irlandais[modifier | modifier le wikicode]

En 1868, William Gladstone, un libéral, devient premier ministre du Royaume-Uni. Il tente de résoudre le problème irlandais.

En 1869, il fait voter une loi qui fait perdre à l'Église anglicane son monopole religieux en Irlande. Une partie des biens anglicans sont donnés à des œuvres charitables et au clergé catholique.

En 1870, un loi contraint les propriétaires à indemniser les fermiers en cas de rupture du fermage, afin de tenir compte des améliorations apportées par le fermier.

Cependant les landlords montrent de la mauvaise volonté et augmentent les fermages au moment du renouvellement du bail. À partir de 1878, la crise agricole s'aggrave en Irlande.

La ligue agraire et Parnell[modifier | modifier le wikicode]

La Liberté de l'Irlande. Dessin paru à New York en 1866

Les Irlandais doivent donc continuer à se battre. Ils réclament le droit de conserver les exploitations sur lesquelles ils travaillent (Fixity of tenure), des fermages au montant équitable (Fair rent) et la liberté de négocier leur droit au bail au cas où d'eux-mêmes ils y renonceraient (Free sale). Ces idées sont défendues par la Ligue agraire.

Au parlement de Londres, le député irlandais Charles Parnell (pourtant fils d'un landlord) défend la cause des Irlandais. Adepte de l'obstruction parlementaire (par exemple lire de longs passages de la Bible lorsqu'il n'a plus d'arguments à faire valoir) il tente de faire progresser les revendications de ses compatriotes.

Revenu au pouvoir après les élections de 1880, Gladstone fait arrêter Parnell et dissout la Ligue agraire. Mais pour réduire le mécontentement, il cède sur les revendications irlandaises en 1881.

L'échec du Home Rule[modifier | modifier le wikicode]

La tension ne retombe pas pour autant. Les attentats se multiplient ; le secrétaire d'État pour l'Irlande est assassiné à Dublin le jour même où il arrive dans l'île. Aux élections de 1886, les députés "parnellistes" sont 85, et deviennent les arbitres du jeu parlementaire. Gladstone, redevenu premier ministre, se convertit au Home Rule. Il propose que les députés irlandais siègent à Dublin. Mais son projet est rejeté par les conservateurs. Une partie des libéraux menés par Joe Chamberlain, abandonnent Gladstone, ils forment le groupe Unionistes (qui sont partisans du maintien de l'Irlande dans le Royaume-Uni). Des élections anticipées en 1886, donnent une large majorité aux conservateurs (317) et à leurs alliés unionistes (75). Les libéraux gadstoniens n'obtiennent que 191 députés. Les Conservateurs forment le gouvernement et abandonnent définitivement le projet de Home Rule.

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