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Première sécession de la plèbe

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Localisation du Mont Sacré, où se regroupèrent les soldats sécessionnistes en 494 av. J.-C.. Loin de Rome ...

La première sécession de la plèbe romaine se déroule en 495 - 494 av. J.-C. dans la seconde décennie après l'établissement de la République romaine en 509. C'est une sorte de grève des obligations militaires au cours de laquelle les plus pauvres des citoyens s'opposent aux citoyens les plus riches. Les pauvres cessent alors de vivre avec les riches en les quittant pour s'installer ailleurs.

Après l'établissement de la République en 509 av. J.-C. le gouvernement de Rome était confisqué par les familles les plus riches (les patriciens). Mais, surtout, ceux-ci prêtaient des moyens de survie aux citoyens endettés à cause des guerres continuelles, les emprunteurs pour la plupart appartenaient à la plèbe romaine. En cas de non-remboursement le prêteur avait le droit de confisquer les biens de l'emprunteur défaillant et pouvait le vendre comme esclave.

Mécontents d'une telle situation que les plus riches refusaient de changer, une partie des plébéiens, quittent Rome la privant ainsi des soldats nécessaires à la guerre. Ils se regroupent sur le Mont sacré, colline dédiée à Jupiter mais qui est à l'extérieur de la ville.

Après des négociations difficiles, l'accord se fait entre les patriciens et les plébéiens. Ces derniers obtiennent le droit d'élire des magistrats particuliers (les tribuns) qui peuvent s'opposer aux mesures des autres magistrats (tous des patriciens). La personne des tribuns est déclarée sacrée, donc ont ne peut attenter à leur vie, ni même interrompre leurs interventions orales dans les assemblées délibératives. Ces deux décisions leur assurent un grand pouvoir face aux patriciens.

Malgré cet accord les plébéiens devront continuer à se battre pendant des décennies pour obtenir l'application réelle des mesures en leur faveur.

L'origine du conflit entre les plébéiens et les patriciens[modifier | modifier le wikicode]

Ce à quoi devaient ressembler les soldats romains du Ve siècle av. J.-C.

En 509 av. J.-C., la monarchie des Tarquins (rois d'origine étrusque) est renversée. Le pouvoir passe alors aux mains des révoltés c'est-à-dire des familles romaines les plus anciennes (les patriciens) jusque là tenues à l'écart par les rois. Elles accaparent la direction des affaires politiques, religieuses et militaires en élisant les deux consuls annuels et en siégeant au sénat.

Ces familles sont le plus souvent propriétaires de grands surface de terres, qu'elles font cultiver par des ouvriers agricoles et des esclaves. Souvent elle produisent plus qu'elles ne consomment. Dans ces conditions elles peuvent prêter aux citoyens les plus pauvres (les plébéiens) qui sont contraints de s'endetter pour survivre.

À Rome tous les citoyens doivent le service militaire. Chaque année, sur décision du Sénat, au printemps, on mobilise une partie de la population. Les soldats s'équipaient à leurs frais. Les hommes les plus jeunes deviennent soldats et sont donc absents de chez eux. Ne pouvant participer aux travaux agricoles, ou artisanaux pour ceux qui vivent en ville, ils ne peuvent aider leur famille à réaliser les opérations agricoles nécessaires. Pendant les opérations militaires ils y a des morts, des blessés, des mutilés. À leur retour automnal dans leurs foyers, ces invalides ne sont pas d'une grande efficacité pour aider leurs familles. La production va diminuer, or elle est en très grande partie auto-consommée dans le cadre familial. Pour survivre les familles en difficultés doivent emprunter, avec l'espoir que de meilleures récoltes dans les années suivantes leur permettent de rembourser.

Mais dans les premières années de son existence, la République romaine doit affronter de multiples ennemis qui veulent soit récupérer le pouvoir (comme les Étrusques) ou bien s'emparer du territoire mis en valeur par les Romains ( comme les Èques, ou les Volsques...), Rome veut également contrôler la région environnante pour la sécurité de ses approvisionnements. La mobilisation continuelle des citoyens gênent leur participation régulière à la vie économique ; leurs dettes, non-remboursées s'accumulent.

Lorsque celles-ci deviennent trop importantes, et que l'espoir de récupérer ce qu'il a prêté s'amenuise, le prêteur peut alors faire confisquer à son profit les biens de l'emprunteur, le réduire en esclavage voire le faire mettre à mort. Les magistrats chargés de prononcer les peines et de les faire appliquer sont tous d'origine patricienne. Ils soutiennent le plus souvent les prêteurs, qui peuvent être de leur famille ou de leurs relations. Ils peuvent interpréter en leur faveur les lois, d'autant plus qu'à l'époque les lois ne sont pas écrites et de ce fait sont connues uniquement par ce qu'en disent les magistrats.

La lutte ouverte entre les plébéiens et les patriciens[modifier | modifier le wikicode]

Première opposition en 495[modifier | modifier le wikicode]

En 495, les Volsques marchent sur Rome à qui ils ont déclaré la guerre.

Pour protester contre les difficultés que leur font les patriciens, les emprunteurs (débiteurs) s'enchainent symboliquement et se regroupent sur le Forum Romanun. Rapidement d'autres citoyens les rejoignent. Les patriciens sont divisés sur la conduite à tenir. Le consul Appius Claudius Sabinus Regillensis, veut réprimer sans pitié la révolte des plébéiens, mais son collègue Publius Servilius Priscus Structus souhaite une entente avec les rebelles. Servillius Publius promet que le problème des dettes sera examiné par le Sénat (qui fait les lois) une fois la guerre terminée. En conséquence il ordonne que les poursuites contre les citoyens endettés et leurs familles soient suspendues pendant la durée de la guerre (il faut que les citoyens soient libres de leur personne pour répondre à la mobilisation militaire).

Pour échapper à l'emprisonnement lié aux dettes, les citoyens rejoignent l'armée. Le consul vainc les Volsques, les Sabins et les Aurunces. Le danger étant écarté les soldats sont démobilisés. Ils attendent que le Sénat se penche sur leurs problèmes. Mais le consul Appius Claudius, soutenu par de nombreux patriciens, fait emprisonner les citoyens endettés. Le second consul ne réagit pas.

En guise de représailles, lors de la dédicace du temple de Mercure, les citoyens pauvres refusent cet honneur aux deux consuls (qui sont les généraux en chef et les chefs de l'État) , comme c'était la tradition, et l'accordent à un simple centurion (officier subalterne) de l'armée. Les deux consuls, haïs par de très nombreux citoyens, quittent leur fonction à la fin de l'année.

Seconde opposition en 494[modifier | modifier le wikicode]

Cependant la guerre continue contre les Volsques et leurs alliés les Èques. Les nouveaux consuls doivent former une nouvelle armée. Les citoyens refusent d'obéir aux ordres des consuls et du Sénat. Un ancien dictateur (magistrat temporaire qui dispose des pleins pouvoirs, y compris le droit de vie et de mort sur tous les Romains qui s'opposeraient à ses ordres) suggère d'arrêter les saisies de biens pendant la durée de la guerre, tandis qu'Appius Claudius demande que la loi soit appliquée avec rigueur et réclame la nomination d'un dictateur par le Sénat afin de restaurer l'autorité des magistrats, ses amis soutiennent sa candidature pour ce poste. Mais le Sénat ne voulant pas augmenter la colère populaire alors que la situation militaire est critique, lui préfère Manius Valerius Volusus Maximus, populaire car membre de la gens Valerii qui a pour héros ancestral Publius Valérius Publicola, « l'ami du peuple ». Le nouveau dictateur pour calmer les plébéiens propose qu'on ne poursuive pas les débiteurs pendant la guerre.

Le dictateur et les consuls parviennent à constituer une armée et à vaincre les Volsques, les Éques et les Sabins. Une colonie romaine est créée dans la ville volsque de Velitrae. Mais de retour à Rome le dictateur ne parvient pas à convaincre le sénat d'améliorer le sort des débiteurs. Il démissionne.

La sécession de 494[modifier | modifier le wikicode]

Contrairement à la tradition, les soldats vainqueurs ne sont pas renvoyés chez eux, ce qui dans ce cas les aurait soumis immédiatement aux poursuites pour dettes. Les soldats restent donc « sous les armes ». Mécontents de cette situation, sans en avoir reçu l'ordre des consuls, les soldats décident de quitter Rome et de se regrouper dans un autre site éloigné de la ville, le Mont sacré. Là ils prononcent le serment de se donner des représentants élus annuels (les tribuns du peuple) dont la personne serait inviolable, nul patricien ne pourrait devenir tribun. C'est la lex sacrata qui ne pourra jamais être abrogée (annulée), donc elle est considérée comme éternelle, ce qui est une exception dans le droit romain. Les plébéiens élisent deux tribuns qui en cooptent trois autres.

Rome se trouve donc sans défense. Les dirigeants craignent que d'autres citoyens ne rejoignent les soldats rebelles. Ils décident d'envoyer un des leurs, Agrippa Menenius Lanatus, en ambassade auprès des sécessionnistes. Pour convaincre les rebelles de regagner Rome, Menenius leur raconte l' apologue des membres et de l'estomac. La cité de Rome ne peut exister sans la présence des plébéiens (les membres) qui travaillent et défendent la ville. Mais ces membres ne peuvent vivre en dehors de la ville organisée et dirigée par les patriciens (l'estomac, organe qui est rempli par les produits résultant du travail des membres, qui peut sembler parasitaire mais qui est nécessaire pour alimenter les membres). La solidarité et la complémentarité entre les deux groupes sont donc vitales pour Rome.

Le retour des soldats dans Rome a lieu après de nouvelles élections consulaires. La guerre contre les Volsques peut alors reprendre. En 493, le Sénat accepte la création officielle des tribuns de la plèbe, à qui on accorde le droit de veto sur toutes les décisions des autres magistrats, y compris d'un autre tribun. Les agresseurs d'un tribun ( y compris les autres magistrats de tout rang) verraient ses biens confisqués, pourraient être tués et leurs personnes seraient maudites (vouées aux dieux, une des punitions les plus terribles aux yeux des Romains). De fait les tribuns devenaient inviolables. Il est également promis que les lois seraient désormais écrites donc consultables par tous.

Malgré ces avancées « démocratiques », de nombreuses années passeront avant que les plébéiens obtiennent l'égalité de droit avec les patriciens.

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