Philippe II de Macédoine

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Monnaie en argent représentant Philippe de Macédoine. Fin du IVe siècle avjc

Philippe II de Macédoine (vers 382-336 av. J.-C.) est un roi de Macédoine qui régna de 356 av. J.-C. jusqu'à sa mort.

Sous son règne, le royaume de Macédoine imposa sa domination à la Grèce (victoire de Chéronée, 338 av. J.-C.) et à la plus grande partie des Balkans. Il est le père d'Alexandre le Grand.

Le royaume de Macédoine[modifier | modifier le wikicode]

La Macédoine est un pays montagneux des Balkans en bordure de la mer Égée. Il y a quelques plaines fertiles. (Sa superficie est d'environ 30 000 km2). Sa capitale est Pella. Au IVe siècle av. J.-C., les Macédoniens sont environ 500 000. Bien que les macédoniens parlent une langue proche du grec, les Grecs les considèrent comme des barbares, c'est-à-dire non-intégrés au monde grec. Seules la noblesse et la famille royale macédoniennes sont imprégnées de civilisation grecque.

Philippe est le troisième fils du roi Amyntas III. Philippe a été éduqué à Thèbes en Grèce où il était retenu comme otage. Il y étudie les réformes militaires du général thébain Épaminondas. À la mort de son frère Perdicas III il devient régent pour le compte de son neveu Amyntas IV.

Le conquérant[modifier | modifier le wikicode]

L'extension de la Macédoine et les pays contrôlés pendant le règne de Philippe II

Devenu roi en 356 av. J.-C., il crée une armée nouvelle. Les fantassins forment les phalanges. La phalange macédonienne comprend 4 000 soldats marchant au coude à coude sur 16 rangs en profondeur et disposent de lances (les sarisses) longues de 5 à 6 mètres. Les six premiers rangs attaquent, la lance à l'horizontale. Cette muraille de pointes, enfonçant l'ennemi, est quasiment impénétrable. Les nobles macédoniens constituent une cavalerie lourde (les hétaires), plus nombreuse et mieux équipée que celle des autres armées grecques. La cavalerie est chargée de percer les lignes ennemies. Les Macédoniens disposent d'armes de siège perfectionnées.

Philippe commence par assurer ses frontières nord contre divers peuples balkaniques. Par la guerre ou la corruption, Philippe se rend maître de la Thrace, de la Thessalie, de la Chalcidique, au dépens des Athéniens. Il parvient à contrôler le détroit des Dardanelles qui permet l'approvisionnement des cités grecques en blé provenant du Pont-Euxin (mer Noire). Les mines d'or et d'argent du Pangée lui fournissent les moyens financiers nécessaires pour équiper son armée et corrompre les dirigeants adverses.

Le lion de Chéronée, monument élevé par les Thébains à la mémoire des soldats tombés lors de la bataille.

Puis, en -340, Philippe s'attaque à la Grèce. Celle-ci est divisée depuis les guerres du Péloponnèse qui ont vu s'affronter durement Athènes, Sparte et Thèbes et leurs alliés respectifs. À Athènes, l'orateur Démosthène tente difficilement de persuader ses concitoyens du danger macédonien. Thèbes, alors la cité dominante de la Grèce, accepte de s'allier à Athènes. Les débuts de la guerre sont difficiles, mais Philippe écrase ses adversaires à la bataille de Chéronée, en Béotie, en 338 av. J.-C.. Philippe châtie Thèbes, mais Athènes conserve son indépendance. Elle est cependant sous le contrôle macédonien, car elle dépend du blé du Pont-Euxin.

Philippe oblige les cités grecques (sauf Sparte qui refuse et perd une partie de ses possessions) à adhérer à la ligue de Corinthe dont il est le chef. Les cités grecques conservent leurs institutions particulières, mais elles ne peuvent plus se faire la guerre, et la piraterie est interdite.

En -337, Philippe obtient que les cités grecques déclarent la guerre à l'empire perse et lui confient le commandement de l'armée pour laquelle les cités fournissent des contingents de soldats.

Il meurt assassiné, peut-être à l'instigation de son épouse, Olympias, répudiée depuis peu. Son fils, Alexandre le Grand, lui succède, poursuivant amplement son « œuvre » de conquête...

Tombe de Philippe II[modifier | modifier le wikicode]

La tombe de Philippe II a été découverte en 1977 dans l'antique nécropole royale d'Aigéai, ancienne capitale du royaume macédonien.

L'examen des restes du roi a montré un homme âgé d'une quarantaine d'années, ayant reçu une blessure à la main gauche, souffrant de sinusite et d'une pleurésie sans doute consécutive à une tuberculose. Le squelette fait aussi apparaître une dégénérescence de la colonne vertébrale et un épaississement du tibia attribué à une longue pratique de l'équitation. On a pu également déceler un grave traumatisme crânien du côté droit : or, les sources antiques nous apprennent que le roi fut grièvement blessé par une flèche, lors d’une campagne militaire, et qu’il y perdit l’œil droit.

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