Parti ouvrier social-démocrate de Russie

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Le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), appelé aussi Parti social-démocrate des Travailleurs de Russie, est une organisation politique russe qui a existé de 1898 à 1918 (date à laquelle il devient le Parti communiste (bolchevik) de Russie). Les sociaux-démocrates voulaient changer le régime politique, économique et social de la Russie. Sa doctrine est basée sur le marxisme auquel à partir de 1903 s'ajoute le léninisme. En 1903, le POSDR se divise en deux factions : les bolcheviks et les mencheviks (qui en seront éliminés dès 1921).

Création du Parti social-démocrate russe[modifier | modifier le wikicode]

En mars 1898, moins de 15 délégués se réunissaient clandestinement à Minsk pour discuter et élaborer les règles de fonctionnement du Parti. Ils provenaient de différents groupes de révolutionnaires russes. Il n'y avait qu'un seul ouvrier, les autres délégués étaient des intellectuels et Lénine, alors exilé en Sibérie, n'y était pas présent. Le congrès n'adopta ni programme ni statuts pour le parti à construire. Quelques temps après la tenue du congrès, la police tsariste arrêta près de 500 militants et sympathisants (dont les 9 membres du comité central qui dirigeaient le parti).

Le POSDR s'oppose aux populistes russes (narodniki) qui rejoindront plus tard le Parti socialiste-révolutionnaire (ou SR). Alors que les naroniki s'adressent surtout aux paysans (qui constituent la plus grande partie de la population russe mais sont très pauvres et pour la plupart illettrés) les sociaux-démocrates pensent que la force révolutionnaire est les ouvriers, le prolétariat industriel alors peu nombreux en Russie mais très concentré dans des grandes usines, donc plus facile à toucher par la propagande politique.

Division du parti social-démocrate[modifier | modifier le wikicode]

Dès 1901 les membres du parti se divisent. Lénine, alors en exil à l'étranger, et ses partisans réunis autour du journal L' Iskra (L'Étincelle), sont convaincus que les sociaux-démocrates doivent mener la lutte politique contre le tsarisme, mais aussi la bourgeoisie russe s'opposent aux économistes qui pensent qu'ils faut prioritairement lutter pour une amélioration rapide des conditions de vie du prolétariat et laisser la bourgeoisie mener la lutte politique contre l'absolutisme du régime tsariste (quitte à s'y opposer une fois le prolétariat plus nombreux).

La rupture entre les sociaux-démocrates va naitre des divergences profondes sur l'organisation du parti. Dans sa brochure Que Faire ? parue en 1902, Lénine veut créer un parti de révolutionnaires professionnels, en nombre réduits, très bien formés politiquement, disponibles à tout instant, obéissant sans rechigner à la direction de l'organisation ( tendance bolchevique). Ses rivaux mencheviks (Martov et Trotski) veulent un parti de masse, qui s'adresse à un ensemble plus large de militants et de sympathisants. Si au congrès de Bruxelles-Londres en 1903 Lénine l'emporte, rapidement il devient minoritaire dans le parti qui jusqu'en octobre 1917 passe sous le contrôle des mencheviks.

Les Sociaux-démocrates dans la vie politique russe avant la révolution de 1917[modifier | modifier le wikicode]

Les délégués sociaux-démocrates au congrès de 1907. Les mencheviks sont dans les deux rangées du haut, les bolcheviks dans la rangée du bas

En janvier 1905, a lieu la première révolution russe. Pour calmer les troubles qui s'étendent en Russie, en octobre le tsar Nicolas est contraint de transformer le système de monarchie absolue en monarchie constitutionnelle. Une assemblée législative , la douma vote les lois, mais ne peut renverser le gouvernement qui dépend entièrement du tsar.

Comme la plupart des partis russes existant alors les sociaux-démocrates sont surpris par le déclenchement de cette révolution et par l'apparition spontanée des soviets qui sont des conseils regroupant les délégués des révolutionnaires qu'ils soient ouvriers, paysans ou soldats. Les mencheviks y voient les premiers pas dans la formation d'un parti de masse qui dans un premier temps pourra donner naissance aux syndicats ouvriers. Les bolcheviks d'abord réticents envers cette organisation peu structurée, s'y investissent progressivement en espérant que les soviets adopteront le programme politique des sociaux-démocrates, puis rejoindront le parti centralisé. À cette date le parti comprenait environ 20 000 adhérents (dont 12 000 mencheviks).

Les sociaux-démocrates ne se présentent pas aux élections législatives de 1906 qui mettent en place la Première Douma. Aux élections de la seconde douma, ils obtiennent 47 sièges de députés. Cette douma très critique vis à vis du gouvernement tsariste est vite dissoute (elle ne siège que de février à juin 1907) et la loi électorale est modifiée, d'une manière bon constitutionnelle, afin de désavantager les catégories paysannes et ouvrières. Les sociaux-démocrates ne sont plus que 19 à siéger dans la nouvelle douma ainsi élue. En 1912, les sociaux-démocrates se présentent divisés aux élections pour la quatrième douma. Les mencheviks ont 5 députés et les bolcheviks 7.

Les sociaux-démocrates et la révolution russe de 1917[modifier | modifier le wikicode]

En février 1917, les sociaux-démocrates sont très présents dans les soviets renaissants, en particulier de celui de Petrograd. Un menchevik est élu président de ce soviet. Lénine ne revient en Russie qu'en avril et prépare la prise du pouvoir par le parti (du moins par sa tendance bolchevik). Les sociaux-démocrates ne participent pas au gouvernement provisoire issus de la douma mis en place après l'abdication du tsar. Cependant les mencheviks acceptent de participer au gouvernement d' Alexandre Kerenski, un socialiste modéré qui veut poursuivre la guerre contre les Allemands et les Austro-Hongrois.

Lorsqu'en octobre 1917, les bolcheviks s'emparent du pouvoir, Lénine est désigné par ses camarades comme président du conseil des commissaires du peuple et Trotski, qui a rallié le camp bolchevik, devient ministre de l'Intérieur puis des Affaires étrangères. Les mencheviks passent dans l'opposition au nouveau gouvernement, ainsi que la plus grande partie des socialistes révolutionnaires.

En novembre les élections à l'Assemblée constituante qui doit décider de l'avenir de la Russie, sont très défavorables aux bolcheviks. Alors que près de 60% des Russes (hommes et femmes) votent, ils n'obtiennent que 168 sièges sur 703, les mencheviks n'en ont que 18, les socialistes révolutionnaires 299 ; les SR de gauche, les seuls alliés des bolcheviks, en ont 39.

En mars 1918, le Parti social-démocrate change de nom. Le courant bolchevik prend le nom de Parti communiste de Russie (bolchevik). Les mencheviks sont exclus des soviets en 1918, puis interdits d'existence en 1921 après la révolte de Kronstadt organisée par les opposants de gauche aux bolcheviks.

Pour compléter sur les partis politiques en Russie avant 1917[modifier | modifier le wikicode]

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