Parti constitutionnel démocrate

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Le Parti constitutionnel démocratique (ou KD selon les initiales en Russe couramment appelé cadet selon la prononciation française) est un parti politique russe qui a existé entre 1905 et 1917. Il a joué un rôle important dans l'histoire russe entre ces deux dates.

Les Cadets défendaient une politique libérale dans le domaine politique car ils étaient partisans de la liberté de pensée et d'organisation des partis politiques, alors que la Russie de l'époque avait de fortes tendances absolutistes. Dans le domaine économique, ils sont favorables à la propriété privée des moyens de productions donc au capitalisme.

Après la révolution de février 1917, qui renverse le pouvoir tsariste, ils forment l'essentiel du gouvernement provisoire qui veut continuer la guerre contre les Allemands et qui souhaite repousser à la paix la mise en place d'un nouveau régime politique. Ils s'allient aux socialistes modérés. Ils ne veulent pas de réformes sociales réclamées en particulier par les paysans et les ouvriers qui sont alors soutenus par d'autres partis russes comme les socialistes révolutionnaires et les sociaux-démocrates. Les cadets sont progressivement écarté du pouvoir par les socialistes modérés. Après la révolution d'octobre 1917 où les bolcheviks s'emparent du pouvoir, les cadets soutiennent le camp des Blancs (partisans d'un retour au tsarisme) pendant la guerre civile russe qui les opposent aux Rouges (partisans du communisme).

Origine du parti KD[modifier | modifier le wikicode]

Le parti cadet a été créé en 1905 après que le tsar Nicolas II ait accordé une constitution. Les cadets recrutent parmi les bourgeois, les intellectuels, les professions libérales qui sont des groupes sociaux très peu importants numériquement dans la Russie de l'époque. Ils veulent installer une démocratie en Russie (qui jusqu'alors était une monarchie absolue). Les cadets veulent le suffrage universel (y compris féminin) et l'élection d'une assemblée constituante qui déciderait de la forme du régime politique en Russie.

Les cadets de 1905 à 1914[modifier | modifier le wikicode]

Aux élections d'avril 1906 pour la première douma de l'empire russe, qui est une assemblée législative, les cadets nombreux dans les villes obtiennent 37 % des voix de la population urbaine et plus de 30 % des sièges (179 sur 478). Ils s'allient aux socialistes modérés (les troudoviks) pour former la majorité de la douma. S'opposant sans arrêt au gouvernement qui a du mal à jouer le jeu parlementaire nouveau en Russie, la douma est dissoute par le tsar dès juillet.

Répondant à ce coup de force du gouvernement , 120 cadets, 80 troudoviks et des députés sociaux-démocrates partent pour Vyborg dans le Grand-Duché de Finlande (annexé par les Russes) et y signent le Manifeste de Vyborg. Dans ce texte ils appellent à la résistance passive et au non-paiement des impôts. L'appel reste sans effet parmi la population russe. Par contre le gouvernement interdit aux signataires de se présenter à de nouvelles élections. Afin de pouvoir continuer à faire de la politique les cadets renoncent à leurs idées républicaines et se rallient à l'idée de monarchie constitutionnelle mais non-parlementaire, car le gouvernement ne dépend que du tsar et la douma ne peut le renverser.

La deuxième Douma siège dès le 20 février 1907, les Cadets n'y ont plus qu'une centaine de députés, mais ils forment le groupe le plus nombreux. Ils sont vite débordés par l'action des groupes politiques plus à droite ou plus à gauche qu'eux. En mai 1907 ils refusent de voter la condamnation des violences révolutionnaires. Le gouvernement en prend prétexte pour dissoudre début juin la deuxième Douma.

Le gouvernement modifie illégalement la loi électorale afin de favoriser considérablement les électeurs les plus riches. Dans la troisième douma les cadets n'obtiennent que 54 sièges de députés. Modérant leurs revendications en 1908, ils votent une loi dénonçant la violence révolutionnaire. Avec l'appui des troudoviks et de certaines octobriste ils parviennent à faire voter des lois favorables à la liberté religieuse, à la liberté de la presse et à la création de syndicats de salariés. Ils s'opposent aussi à la russification de la Finlande voulue par le gouvernement. Cependant le gouvernement parvient grâce au soutien de l'autre assemblée législative et au veto du tsar a faire annuler ces lois. L'évolution pacifique du régime tsariste vers plus de démocratie, défendue par les cadet est donc un échec. Le parti, qui perd des adhérents, se divise, certains demandant d'être plus combatifs contre le gouvernement, d'autres souhaitant se rapprocher de la droite favorable au régime autoritaire du tsar.

Les cadets face à la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Pendant l'été 1914, le parti cadet soutient la politique agressive du gouvernement russe et dès la guerre une fois déclarée il décide de pratiquer l'Union sacrée (pas de critique contre l'action gouvernementale). Les cadets restent cependant exclus de la direction des affaires.

Les nombreuses et désastreuses défaites russes de 1915 et 1916, poussent les cadets à demander un nouveau gouvernement plus représentatif de la population mais ne l'obtient pas. En octobre 1916 il accuse les ministres de trahison en les soupçonnant de germanophilie (la tsarine qui est très influente dans la politique suivie est d'origine allemande). Cependant le rejet de la guerre par une partie de plus en plus nombreuses de la population fait que les cadets craignent des troubles de grande ampleur (en 1905, la défaite contre le Japon avait été une des causes de la révolution).

Les cadets pendant la révolution de 1917[modifier | modifier le wikicode]

Dès le renversement du tsar, les partis les plus à droite disparaissent et le parti cadet tente de gouverner la Russie avec l'appui des députés octobristes et des socialistes modérés. Les cadets occupent des postes très importants dans le nouveau gouvernement, issu de la douma, qui est considéré comme provisoire. Décidés à continuer la guerre contre l'Allemagne, ce gouvernement est reconnu par les gouvernements alliés (en particulier la France et le Royaume-Uni).

Mais le gouvernement provisoire doit disputer la réalité du pouvoir avec les soviets qui se sont recréés depuis février 1917, en particulier le soviet de Petrograd (qui regroupe les ouvriers et les soldats révolutionnaires).

Les cadets décident de mettre en place plus de libertés d'organisation aux autorités locales, qui doivent faire face à l'agitation provoquée par les soviets. Ils accordent l'autonomie à la Pologne (qui fait partie de l'empire russe), mais la mesure a peu de portée car à cette date la Pologne est sous le contrôle de l'armée allemande. La décision de continuer la guerre, connue dès le 26 avril, mécontente les soldats qui sont à bout de souffle et qui souhaitent regagner leurs villages afin de participer au partage des terres des nobles qui a commencé sans attendre les décisions gouvernementales (le gouvernement provisoire est défavorable à cette mesure).

Malgré l'accord de gouvernement conclut les 4 et 5 mai avec les socialistes modérés, les ministres cadets sont débordés et après l'insurrection ratée de juillet 1917, quittent définitivement le gouvernement qui sous la conduite du socialiste modéré Alexandre Kérenski tente de poursuivre la guerre. La prise du pouvoir par les bolcheviks le 25 octobre 1917 fait disparaître le parti cadet qui est interdit. Après la victoire définitive des bolcheviks à l'issue de la guerre civile russe, les dirigeants du parti cadet émigrent vers l'Europe occidentale.

Pour compléter sur les partis politiques en Russie avant 1917[modifier | modifier le wikicode]

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