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Palais du Belvédère

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Palais du Belvédère, vu du nord.
Palais du Belvédère, vu depuis la perspective du jardin.
Palais du Belvédère et son bassin, vu du nord.
Palais du Belvédère, vu depuis un bosquet de fleurs.

Le palais du Belvédère (en allemand : Schloss Belvedere) est un palais baroque situé à Vienne, en Autriche. Construit au début du XVIIIe siècle, il accueille une galerie de très célèbres œuvres d'art.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

La construction d'un somptueux palais princier[modifier | modifier le wikicode]

Un an après avoir lancé la construction de son palais d'hiver, le Stadtpalais (actuel ministère des finances autrichien), le prince Eugène de Savoie-Carignan entreprend la construction d'un grand palais de plaisance.

Pour diriger les travaux, son choix se porte sur l'architecte Lukas von Hildebrandt (1668 - 1745), qu'il avait rencontré lors d'un de ses voyages militaires et dont il savait grand bien. L'emplacement acheté, des friches en périphérie de la ville libres de toute contrainte, donne à l'architecte l'occasion de donner corps à ses idées les plus abouties.

Hildebrandt imagine un projet ambitieux : il dessine les plans d'un ensemble architectural composé de deux belvédères (wp) (palais en hauteur bénéficiant de grandes vues panoramiques). L'un plus surélevé et fastueux, le « belvédère supérieur », et l'autre plus sobre, le « belvédère inférieur » doivent offrir une vue imprenable sur la ville. Situés dans des directions opposées, les deux bâtiments sont séparés par un long jardin à la française, doté d'un grand bassin et autres fontaines en cascade peuplées de nymphes et autres dieux.

La construction du belvédère inférieur a commencé en 1712 et s'est achevée en 1717. À cette date, la réalisation des jardins a commencé, sous le commandement du paysagiste Dominique Girard, ancien élève de André Le Nôtre sélectionné pour son expérience dans le parc de Versailles.

Pendant que plombiers et jardiniers s'affairaient à l'extérieur, Hildebrandt commence, lui, la construction du second édifice, le belvédère supérieur. Les travaux avancent à grand train, si bien que dès 1719 le prince est en mesure d'organiser des réceptions officielles sur place. Après quelques problèmes de structures, la construction s'achève en 1723.

Le palais des Habsbourg[modifier | modifier le wikicode]

Lorsque le prince Eugène meurt en 1736, la question de son héritage suscite de nombreuses interrogations : en effet, le général n'avait ni épouse, ni enfants et n'avait pas laissé de testament. Au vu de l'immensité de sa richesse, la décision ne peut pas être prise à la légère : une commission du Roi réunie pour débattre de la succession désigne finalement sa nièce, Victoria.

Cependant, dès les premiers jours, la princesse montre un désintéressement pour ce grand palais. Elle y réside par intermittence jusqu'en 1744, date de son divorce, où elle préfère revenir à la cour de Turin. Marie-Thérèse d'Autriche, impératrice d'Autriche-Hongrie, manifeste alors son intérêt pour un rachat ; le contrat est signé un peu plus tard.

Le palais, peu utilisé à des fins résidentielles, reçoit une utilité inattendue : Marie-Thérèse, dans un élan humaniste certainement inspiré des Lumières, décide d'installer dans le belvédère supérieur la galerie d'art impériale et de le rendre accessible à tous. Il devient un des premiers musées publics dans le monde, tandis que le belvédère inférieur reprend ses fonctions de logements et accueille des personnalités telles que Napoléon.

En 1888, les collections d'art sont transférées au musée d'histoire de l'art de Vienne (wp) (en allemand : Kunsthistorisches Museum), construit pour la circonstance. En 1896, François-Joseph Ier d'Autriche décide que le belvédère supérieur sera désormais la résidence de son héritier au sombre destin, François-Ferdinand d'Autriche, tandis que le belvédère inférieur accueillera de nouveaux des œuvres d'art, mais plus modernes : des artistes comme Vincent van Gogh, Claude Monet ou encore le révolutionnaire Giovanni Segantini.

Le 15 mai 1995, le traité d’État autrichien qui met fin à l’occupation de l’Autriche par les Allemands est signé dans le palais du Belvédère. Malgré des déprédations importantes pendant la Seconde Guerre mondiale, le musée reste ouvert et, de nos jours, il est encore visitable. Un nombre de visiteurs sans cesse croissant s'y rend.

Œuvres[modifier | modifier le wikicode]

Le palais du Belvédère abrite une galerie d’art unique, la Galerie Österreichische. Parmi cette collection, on trouve des chefs-d'œuvres du courant de l’Art nouveau et de la Sécession de Vienne, genres modernes pour leur époque.

Gustav Klimt, grand artiste natif de Vienne, est particulièrement mis à l’honneur dans ce musée. Nombre de ses paysages y sont exposés, dont Allée dans le parc du Château Kammer ou encore le Pommier, si caractéristique du style pointilliste de Klimt.

On trouve aussi plusieurs de ses portraits, comme le fameux Judith I. Ce tableau est la représentation de la femme fatale, à la fois sensuelle, attirante, belle et séduisante ; et en même temps vile, dangereuse et cruelle. Elle tient d'ailleurs en bas du cadre la tête de Holopherne qu'elle a décapité selon le mythe.

Toutefois, la pièce maîtresse du musée est certainement le Baiser (1908-1909). Célèbre représentation de l’amour, cette huile sur toile montre deux amants s’embrassant. Leur corps se confond dans une forme dorée, pour signifier le caractère fusionnel de l’amour.

Seules les deux têtes se distinguent : celle de l’homme est grande et imposante tandis que celle de la femme est inclinée et passive. Autre opposition entre la féminité et la virilité, la robe de la femme est brodée de motifs circulaires alors que la cape de l'homme est parée de formes rectangulaires.

Les amants sont situés dans un cadre très vague, ce qui donne à la représentation une portée universelle et intemporelle. Cependant, on peut aussi reconnaître sous leurs pieds un parterre de fleurs, auquel cas le fond doré prend la forme du vide : les deux amants sont alors au bord d'un gouffre.

Le musée compte aussi quelques œuvres moins célèbres, comme des tableaux d'Egon Schiele. Les Mauvaises mères de Giovanni Segantini présente des femmes châtiées par des arbres, en proie aux déchirements des branches. Plongées au milieu d'un décor enneigé et désert, bordé au fond par des montagnes, elles ont près de leur sein un bébé.

Ces femmes sont punies d'avoir avorté : selon le peintre, elle ont manqué à leur devoir maternel en ne donnant pas naissance à leur enfant. L'auteur met en scène leur rédemption et les épreuves qu'elles doivent traverser pour expier leur faute. Cette vision, très nettement sexiste et cruelle, était commune à l'époque.

Vue panoramique[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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