Ostracisme (Grèce antique)

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Ostrakon (ὄστρακον) : tesson de poterie portant le nom de Thémistocle, fils de Néoclès. Musée de l'Agora antique d'Athènes.
Ostraka (ὄστρακα) athéniens du Ve siècle av. J.-C.. Sur celui du haut, on peut lire le nom de Périclès, fils de Xanthippe ; sur celui du milieu, le nom de Cimon, fils de Miltiade, et, sur l'ostrakon du bas, celui d'Aristide, fils de Lysimaque, hommes politiques athéniens très importants. Musée de l'Agora antique d'Athènes.

L'ostracisme est une pratique politique de la Grèce antique. Elle permettait d'éliminer chaque année, pour un temps donné, un homme politique que les citoyens jugeaient nuisible à la vie démocratique. Généralement, l'ostracisé devait s'exiler.

L'ostracisme à Athènes[modifier | modifier le wikicode]

À Athènes, l'ostracisme aurait été inventé par Clisthène à la fin du VIe siècle av. J.-C.. L'ecclésia, l'assemblée des citoyens, pouvait exiler un citoyen pour dix ans.

L'action se passait en deux temps. Généralement, en janvier, une première réunion de l'ecclésia décidait s'il y avait lieu ou non d'ostraciser un citoyen. En cas d'accord, la réunion suivante de l'ecclésia procédait au vote pour déterminer qui serait ostracisé. Les citoyens, sans discussion préalable, inscrivaient sur des coquilles (ὄστρακον / ostrakon veut dire « huître », « coquille d'huître »), ou plus pratiquement sur des tessons de poterie, les noms de ceux qu'ils voulaient ostraciser. Celui qui recueillait plus de 6 000 voix sur son nom était ostracisé. Il avait dix jours pour partir.

Les archéologues ont remarqué que, dans certaines occasions, les ὄστρακα / ostraka (c'est le pluriel d’ostrakon) portent des écritures peu nombreuses. On peut penser qu'il s'agit d'ostraka préparés à l'avance et distribués par un camp politique pour obtenir le départ du chef du camp adverse.

L'ostracisme n'était pas une peine infamante. L'ostracisé conservait ses biens et ses droits civiques, et sa famille n'était pas obligée de le suivre en exil. Souvent, l'ostracisé était rappelé avant la fin de son exil.

Le premier ostracisme pratiqué à Athènes date de -488. L'ostracisme a été abandonné à la fin du Ve siècle av. J.-C..

Quelques Athéniens ostracisés : Aristide en 482 av. J.-C., mais rappelé en -480, Thémistocle en -471 , Cimon en -461 et rappelé en -451, Alcibiade en -407.

L'ostracisme ailleurs dans le monde grec antique[modifier | modifier le wikicode]

La cité d'Argos utilisait un système analogue à celui d'Athènes.

On sait qu'à Éphèse, on utilisait l'ostracisme, mais on ne possède pas de détails sur la pratique.

À Syracuse, les inscriptions se faisaient sur des feuilles d'olivier.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Pierre Lévêque, L'aventure grecque, Armand Colin, 1964.
  • article de Wikipédia sur le même sujet
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