Organisation de l'Armée Secrète

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"L'Organisation de l'armée secrète" aussi connue en tant que OAS est une organisation politico-militaire française clandestine. Elle a été créée le 11 février 1961 pour défendre le fait que l'Algérie doit rester un département français. Elle a été active entre 1961 et 1962.

Les origines de l’OAS

Le discours du général de Gaulle du 16 septembre 1959 engendre une révolte des français d'Algérie du 24 janvier au 1er février 1960. Ce discours prône en effet la politique de l’autodétermination pour l’Algérie. Les Européens d’Algérie sont très surpris et ce discours ouvre trois portes pour l’Algérie, soit la francisation qui consiste à réunir la France et l’Algérie en un seul et même pays où tous les citoyens ont les mêmes droits, soit l'autonomie qui consiste en une fédération entre la France et l'Algérie, où la sécession qui conduit l’Algérie à l'indépendance. Cette politique est validée par l’Assemblée nationale le 15 octobre 1959.

Par la suite en février 1961, un groupe qui est parti se réfugier à Madrid à la fin de l'année 1960 pour échapper au procès de la semaine des barricades, se forme autour du général SALAN, de Pierre LAGAILLARDE et de Jean-Jacques SUSINI. Ensemble, ils créés l'OAS. Tous les généraux qui ont rejoint l'OAS considéraient De Gaulle comme un traître de la promesse de 1958 et aux engagements pris à l'égard des populations d'Algérie.

Le 22 avril 1961, le putsch des généraux à Alger s'effectue, suivi par environ deux cents officiers. Il consiste à envoyer des unités de parachutistes et de légionnaires, dirigés par les généraux CHALLE, SALAN, JOUHAUD et ZELLER pour tenir le serment qu'ils avaient fait sur l'Algérie qui doit rester française. Mais le putsch échoue car l’armée reste loyale au pouvoir métropolitain. Par la suite, la majeure partie des insurgés et citoyens rejoignent l’OAS. De plus Pierre LAGAILLARDE regroupe de diverses organisations antigaullistes, comme le Front pour l'Algérie française et France-Résurrection au sein de l’OAS.


Les principales actions de l’OAS

L'OAS étant une organisation qui n'a qu'un chef qui n'est pas officiel (général SALAN), était donc mal organisée. Mais c'est en métropole que vit le jour du seul projet stratégique cohérent, créé par le lieutenant-colonel Bastien Thiry (fusillé le 11 mars 1963). Pour vaincre la politique algérienne du général de Gaulle, il pensait qu’il fallait frapper à la tête. Il en découla divers attentats manqués, comme celui du Petit-Clamart, le 22 août 1962 où la voiture du président était visée mais cette attaque échoua.

En ce qui concerne la communauté européenne en Algérie : ils ont assassiné des leaders syndicaux pacifistes, ou des hommes politiques comme le chef de la SFIO locale William Levy etc. Cela visait à éliminer tous les partisans pieds-noirs qui voulait revendiquer l’indépendance de l’Algérie.

Le nombre de victimes de l’OAS reste très incertain, le politologue américain Rudolph J. Rummel considère que le nombre de victimes s'élève à au moins 12 500 (12 000 civils et 500 membres des forces de l'ordre) alors que l'historien français Rémi KAUFFER estime dans des travaux récents que l'OAS a assassiné entre 1 700 et 2 000 personnes. 85 % des victimes de l’OAS furent des musulmans subissant une politique d’« épuration » des quartiers, notamment à Oran.


Fin de l’OAS

Le bilan des condamnations et morts des membres de l’OAS est impressionnant : 119 membres ont été tués officiellement, 635 membres de l'OAS arrêtés en 1962, 224 jugés par la suite, 117 sont acquittés, 53 condamnés à une peine de prison avec sursis, 38 à une peine de prison ferme et 3 sont condamnés à mort fusillés.

Le général JOUHAUD qui est l'un des quatre généraux organisateurs du coup d’état d’Alger du 22 au 25 avril 1961, avec CHALLE, SALAN et ZELLER et ensuite l’adjoint du général SALAN à la tête de l’OAS, responsable de la région d’Oran est arrêté sous une autre identité « Mr. GERBERT ». Malheureusement pour lui pendant son interrogatoire il sera reconnu à cause de son grain de beauté qui était visible sur les photos. Il reconnait qu’il est bien JOUHAUD mais est gracié par de GAULLE à la suite de sa condamnation à mort le 13 avril 1962.

Ensuite le général DEGUELDRE est arrêté. Il est le créateur des commandos delta de l’OAS. Un légionnaire déserteur proche de lui se fait arrêter et donne des renseignements importants pendant son interrogatoire. Les gendarmes décident de faire une descente au 91, boulevard du Télemly. DEGUELDRE y est sous une autre identité mais malgré ses transformations physiques comme une nouvelle teinture il se fait embarqué et est reconnu par LACOSTE le gouverneur général et ministre de l'Algérie de février 1956 (gouvernement de Guy Mollet) à mai 1958 pendant son interrogatoire.

Enfin l’arrestation du chef de l’OAS : SALAN. Il est arrêté sous l’identité de Louis CARRIERE mais LACOSTE ne lâche pas l’affaire et l’embarque. Il est emmené à Paris ou le général de GAULLE dit : « Eh bien, ce n'est pas trop tôt ! ».

Ils furent remplacés par d’autres généraux mais ils n’étaient pas autant respectés. Ils ne seront plus actifs après 1962 et le 8 avril 1965 Gilles BUSCIA (un ancien parachutiste qui a participé à tous les combats pour l’Algérie française : Comités de Salut Public en 1958, putsch d’avril 1961, et l’OAS où il dirigea la branche « action » en Métropole) est arrêté : c'est la fin des opérations OAS.


http://babelouedstory.com/thema_les/histoire/12025/12025.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_l%27arm%C3%A9e_secr%C3%A8te
https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/OAS/135822
http://histoire-en-questions.fr/algerie-oas.html
http://www.les-lettres-francaises.fr/2016/06/lhistoire-indigne-de-loas/

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