Noir

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Le noir est la sensation visuelle que l'on obtient lorsqu'un objet n'émet aucune lumière ; c'est-à-dire lorsque aucune lumière provenant de l'objet n'arrive à notre œil.

Un objet apparaît noir lorsqu'il absorbe tous les rayons lumineux qui arrivent à sa surface. Le blanc, au contraire, nous apparaît blanc car il réfléchit tous les rayons lumineux qui arrivent à sa surface. C'est pour cela que dans les pays chauds, les maisons sont peintes en blanc : les rayons du Soleil « rebondissent » sur les surfaces blanches.

En cosmologie, un trou noir est un objet très massif, tellement massif que les rayons lumineux ne peuvent s'en échapper car ils sont retenus par l'immense force de gravitation de ce trou noir.

Le noir est apparenté au deuil dans certaines cultures. Dans d'autres, c'est le blanc.

Le noir et la mort[modifier | modifier le wikicode]

Anubis et un mort se présentent devant le tribunal d'Osiris. Détail d'un papyrus égyptien

Le noir est souvent la première couleur citée dans les mythologies (souvent sous le nom de ténèbres, c'est-à-dire des lieux dépourvus de lumières).

Les hommes préhistoriques semblent déjà associer le noir et la mort. Dans de nombreuses sépultures on a retrouvé des pierres ou des objets noirs.

Dans la Bible, livre de la Genèse, le noir, les ténèbres, apparait dès les premiers versets. Le monde était dans le noir et était inerte. Le noir est donc assimilé à l'absence de vie et a donc dès l'origine un aspect négatif. Par la suite la couleur noire est utilisée pour dépeindre les méchants et les ennemis d'Israël.

Dans l'Égypte ancienne le noir est la couleur des divinités associées à la mort (c'est le cas d'Anubis, le dieu embaumeur et qui conduit le mort au tribunal d'Osiris).

Dans la mythologie grecque, la Nuit (Nyx), fille du Chaos, est une des premières divinités dans l'origine du monde. Elle est la mère d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre). Elle est aussi la mères des Parques et des Furies divinités liées à la mort. Pendant la nuit, vêtue de noir, elle parcourt le ciel sur un char tiré par quatre chevaux noirs. On lui sacrifiait des animaux noirs. Les Grecs conçoivent une partie des Enfers (le séjour des morts) comme des lieux sombres, souvent glacés et sans lumière (faute de soleil car situés sous terre ou dans le pays des Cimmériens, placé très au nord).

Chez les Romains de l'Antiquité, les magistrats qui participent à des funérailles abandonnent la toge blanche pour se revêtir d'une toge de couleur noire. Pendant l'Empire, dans les familles patriciennes, imitées rapidement par les autres, les parents du défunt s'habillent en noir (ou en brun) pendant une période plus ou moins longue après les funérailles.

Le noir et le christianisme[modifier | modifier le wikicode]

Comme pendant l'Antiquité, le noir est considéré comme une couleur fondamentale (avec le blanc, le jaune, le rouge, le vert, le bleu et le violet). Le noir occupe une des deux extrémités de l'échelle des couleurs, l'autre étant celle du blanc.

Dans le Nouveau testament, le noir est la couleur de Satan, le prince des ténèbres. Il est d'ailleurs souvent associé au rouge (couleur de l'Enfer où le feu brûle en permanence mais sans produire de lumière). Le noir symbolise donc le Mal, alors que le blanc (la lumière divine) symbolise le Bien. Le noir commence alors à s'opposer au blanc (qui jusque-là était opposé au rouge).

Cette utilisation du noir pour représenter le diable se poursuit pendant une grande partie du Moyen Âge. Le noir est aussi la couleur du péché d'avarice et de la colère. Le noir est pris comme couleur pour teinter l'habit des moines bénédictins de Cluny, pour ces derniers il est le signe d'humilité bien que l'ordre de Cluny soit le plus puissant et le plus riche de l'Europe chrétienne. Le noir est la teinte des tissus utilisés pour célébrer les temps de pénitence (l'avent et le carême), les messes des défunts et du vendredi saint.

Au XVIe siècle, les réformateurs protestants recommanderont à leurs coreligionnaires de se vêtir de noir.

Le noir, couleur à la mode[modifier | modifier le wikicode]

Le noir ou sable en héraldique

À partir du XIIe siècle, le noir perd une partie de son caractère diabolique. Il devient une couleur importante dans les blasons (environ 20% des blasons contiennent une figure noire. Le rouge est répandu à 60%). En héraldique, le noir se nomme « sable » . Cette dénomination provient d'un mot slave, sabol qui désigne la martre zibeline, petit animal des régions froides qui a une fourrure sombre qui est la plus recherchée par les puissants de ce monde. Le noir est surtout employé dans les armoiries des pays de l'Europe du nord et germanique (ainsi le blason de l'empereur du Saint-Empire romain germanique est "d'or à l'aigle de sable").

Philippe le Bon et sa cour en 1447

Le noir devient la couleur des costumes professionnels des juges, des magistrats, des professeurs d'université.

Les lois somptuaires du XIVe siècle apportent un nouveau public pour le noir. Pour lutter contre l'importation de matières colorantes très coûteuses pour teindre en rouge, cette couleur est réservée à la noblesse. Les non-nobles riches (les banquiers, les marchands...) se rabattent alors sur les vêtements teints en noir (en particulier sur les fourrures en zibeline). Les teinturiers parviennent alors à produire des noirs de très haute qualité. Les princes, d'abord en Italie du Nord puis partout en Europe, sont séduits par cette couleur et l'adoptent. Ainsi le très puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon passe la plus grande partie de sa vie dans des vêtements noirs. L'empereur germanique et roi d'Espagne, Charles Quint, descendant de Philippe le Bon, est aussi un adepte du noir. La plupart des cours royales d'Europe vont adopter cette couleur, qui restera à la mode jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Le règne de Louis XIV va mettre fin à cette domination vestimentaire.

Fabriquer du noir[modifier | modifier le wikicode]

Mégalocéros. Fresque en noir de la grotte de Lascaux

Le noir des peintres[modifier | modifier le wikicode]

Le plus souvent le pigment noir est créé de matière artificielle par la combustion d'un corps contenant du carbone.

Les hommes préhistoriques fabriquaient du noir en brûlant des écorces, des noyaux, des os, des bois de cervidés ou de l'ivoire (cas des fresques de la grotte de Niaux dans l'Ariège). Ils utilisaient aussi de l'oxyde de manganèse (cas de la grotte de Lascaux).

Les Grecs et les Romains obtenaient du noir grâce au noir de fumée, mais aussi en calcinant des sarments de vigne ou de l'ivoire (ce qui donne de très beaux noirs mais qui revient très cher).

Au Moyen Orient, le noir est obtenu à partir du bitume dont la couleur naturelle est noire.

Le noir des teinturiers[modifier | modifier le wikicode]

La teinture noire a été très difficile à obtenir. L'usage des bains au charbon de bois ou au noir de fumée donnait une répartition irrégulière sur les tissus. Puis on a eu recours aux bains avec des écorces ou des racines riches en tannins (aulne, noyer, châtaigner...). Mais la couleur passait au plus pâle à la suite des lavages répétés. Afin de mieux fixer la couleur sur les fibres on utilisait des boues riches en sel de fer qui jouaient le rôle de mordant.

L'utilisation de la noix de galle permet de foncer le noir et de le stabiliser. Mais cette opération nécessite de très forte quantité de noix ce qui en fait un procédé très cher.

La difficulté de produire de beaux noirs, réserve cette couleur aux vêtements du peuple ou pour les deuils.

Pour obtenir de beaux noirs on peut commencer par teindre en bleu puis à plonger le tissu dans un bain d'écorece de noyer d'aulne et de châtaigner).

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

  • Avoir un œil au beurre noir : avoir un œil entouré d’une ecchymose, c’est-à-dire une marque bleuâtre, apparue à la suite d’un choc ;
  • Travailler au noir : travailler de manière illégale, sans être déclaré.
  • marché noir, marché parallèle et illégal de produits surtout alimentaires dont la vente n'est pas déclarée à l'administration, il existe surtout pendant les périodes de disette.
  • une colère noire :
  • Avoir les idées noires ou Broyer du noir : avoir des idées tristes, être mélancolique.
  • Une caisse noire, argent en dehors de la comptabilité légale d'une entreprise, d'une administration ... et qui peut être employé sans contrôle.
  • la bête noire, la personne pour qui on a le plus d'aversion ou de haine.
  • la veuve noire, le surnom de la mygale.
  • un petit noir, un café
  • Être noir: être ivre.

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • Noir, histoire d'une couleur. Michel Pastoureaux. Le Seuil. Collection Points. Un livre passionnant comme celui sur le bleu.
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