Navette spatiale Bourane

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La navette spatiale Bourane sur son lanceur Energia en maquette.

La navette spatiale Bourane (Бура́н « tempête de neige » en russe et Buran en anglais), ou aussi OK-1.01, est la première navette spatiale russe. C'est la navette la plus connue du programme Bourane car c'est la seule du programme qui ait connu l'espace et fait un vol orbital. Elle est la première d'une série de 5 navettes (uniquement deux d'entre elles ont été achevées).

Construite en 1986, elle a effectué son unique vol en mode automatique sans équipage le 15 novembre 1988. Elle a été accidentellement détruite le 12 mai 2002 par suite de l'effondrement du toit de son hangar dont l'architecture n'était pas adaptée à la pluie.

Construction[modifier | modifier le wikicode]

La construction de cette navette commence en 1986 et dure deux ans. Bourane est construite dans sa totalité à Moscou. Au début, elle se nomme Baïkal avant d'être renommée en Bourane peu de temps avant son premier vol1.

Vol orbital[modifier | modifier le wikicode]

La navette spatiale Bourane sur l'Antonov An-225, avion qui a été créé et utilisé pour transporter la navette.
La navette spatiale Bourane dans l'espace avec le soleil au fond.
La navette spatiale Bourane décolle avec son lanceur Energia.
La navette spatiale Bourane sur le lanceur Energia en train de décoller.
La navette spatiale Bourane décolle avec son lanceur Energia.

Transport[modifier | modifier le wikicode]

C'est l'avion Antonov An-225 Mriya qui permettra le transport de la navette du site de construction au site de lancement2.

Préparation[modifier | modifier le wikicode]

La préparation de ce premier vol est longue : commencée en même temps que la construction du projet Bourane (qui voulait attendre que la navette spatiale américaine fasse plusieurs missions avec parmi elles, la mission au cours de laquelle aura lieu la catastrophe de Challenger), elle dure 12 ans.

Officiellement, le décollage a lieu le 29 octobre 1988 mais, 51 secondes avant le décollage, une anomalie se déclenche au niveau du système de guidage. Ce problème retarde le lancement de la navette au 15 novembre 1988.

Le jour venu, les préparatifs se déroulent sans aucun problème. En revanche, les conditions météo sont très défavorables et le service météo envoie un signal avertisseur de tempête aux personnes concernées. En principe, des réacteurs sont censés se trouver sur la navette pour que lors de la descente, Bourane puisse reprendre de l'altitude s'il y avait un problème, mais ils ne sont pas installés pour ce vol. Bourane serait donc obligée de planer à l'atterrissage. Ceci dit, des ingénieurs ayant participé à ce projet de vol assurent que le vol sera un succès, car les conditions limites pour l'atterrissage de la navette ne sont même pas atteintes. Le lancement est finalement décidé.

Décollage[modifier | modifier le wikicode]

Le 15 novembre 1988, la navette spatiale Bourane effectue son premier vol qui sera le seul de tout le programme Bourane. Le décollage a lieu de nuit. À 6 h du matin (heure de Moscou), Bourane et le lanceur Energia s'arrachent de la plate-forme de lancement. Dès le décollage, Bourane effectue une rotation comme la navette spatiale américaine (qui utilise le pas de tir d'un ancien lanceur passé et qui a besoin de faire cette rotation pour se mettre sur la bonne orbite). Même si son pas de tir a été construit en même temps que le programme, Bourane fait la même manœuvre que la navette spatiale américaine. En effet, Bourane est censée la concurrencer.

Un peu plus de deux minutes après le décollage (140 secondes), les quatre boosters (premier étage du lanceur) se séparent en s'éjectant par deux de la partie centrale d'Energia (deuxième étage du lanceur), se séparent à nouveau pour retomber individuellement et des parachutes se déploient : les boosters sont réutilisables. Huit minutes après le décollage, le lanceur Energia se sépare de Bourane. C'est à ce moment-là que le lanceur pourrait larguer un satellite, mais ce ne sera pas le cas lors de ce vol (et donc jamais).

Contrairement à la navette spatiale américaine où le réservoir externe brûle et se détruit en rentrant dans l'atmosphère, le lanceur Energia tombe dans l'océan Pacifique sans brûler, car il n'est pas prévu pour l'être et mettrait plusieurs jours à brûler. Les moteurs de cette partie du lanceur ne sont pas réutilisables. La navette Bourane se met en orbite avec ses propres moteurs.

Vol[modifier | modifier le wikicode]

Durant son vol orbital, Bourane est inclinée à 51,6°. Elle effectue deux tours du monde (120 000 km), sans aucun problème. Après 1 heure 30 minutes de vol, Bourane se prépare à la manœuvre de désorbitage et à la rentrée dans l'atmosphère.

La navette spatiale Bourane en train d'atterrir. Sur ce gif animé ne figure pas l'avion d'accompagnement.

Atterrissage[modifier | modifier le wikicode]

Au moment de la rentrée dans l'atmosphère, la liaison avec la navette est coupée. Après 20 minutes, la liaison revient. L'approche finale se fait automatiquement. Un avion, un MIG-25, s'envole et s'approche de Bourane lorsqu'elle est encore à 7 km du sol pour la filmer durant l'atterrissage qui est marqué par les figures faites entre la navette et l'avion. Bourane touche doucement la piste d'atterrissage, déploie ses parachutes, se fait survoler par l'avion d'accompagnement avant de s'immobiliser en même temps que lui.

La navette spatiale Bourane atterrit avec l'avion d'accompagnement qui passe par dessus.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Ce vol, en particulier l'atterrissage, cause une vive émotion en Union soviétique et une explosion de joie chez toutes les personnes ayant participé à ce vol. À noter que beaucoup de monde intéressé par les navettes spatiales et qui connaissent Bourane trouvent cet atterrissage magnifique3 et même certains affirment (c'est-à-dire d'après eux, mais rien ne le prouve) qu'aucun pilote ne pourrait faire de meilleur atterrissage (ce qui signifierait qu'aucun des 137 atterrissages de la navette spatiale américaine n'aurait pu égaler cet unique atterrissage de Bourane en termes de précision et d'élégance)4.
Bourane possède 38600 tuiles de protection pour la rentrée dans l'atmosphère. Sur toutes ces 38600 tuiles, seules 7 ont été arrachées. Le bouclier thermique a donc très bien résisté à la rentrée dans l'atmosphère.
Cet unique vol de Bourane a démontré la possibilité d’utiliser la navette pour des missions non habitées5.

L'après-Bourane et la destruction[modifier | modifier le wikicode]

Des débris de la navette spatiale Bourane après l'effondrement du hangar 112.
Des débris du lanceur Energia après l'effondrement du hangar 112.

Après la fin du programme Bourane, la navette du même nom est déposée sur une maquette d'un lanceur Energia aux mêmes dimensions qu'un vrai, dans un hangar librement ouvert aux visites : le hangar 112. Celui-ci se trouve à Baïkonour, au Kazakhstan, pays dont la navette est devenue la propriété.

Depuis l'annulation du programme Bourane, le hangar 112 est nettement moins bien entretenu qu'autrefois. Les priorités du Kazakhstan ne sont pas sur l'entretien de la navette soviétique et de son hangar. Seul le strict minimum est entretenu.

Baïkonour est une région aride. L'été, il fait très chaud. L'hiver, il fait très froid. Le toit du hangar possédait une mousse isolante qui lui permettait de résister à ces températures très variables. Cette mousse se comportait comme une éponge (pour rappel, le lieu est aride : il ne pleut que quelques jours par an). Un jour où il a beaucoup plu, le 12 mai 2002, le toit du hangar s'est effondré sous le poids de l'eau, tuant sept ouvriers (qui tentaient de consolider le toit et d'empêcher son effondrement) et détruisant complètement la navette spatiale Bourane avec son lanceur Energia. Il ne s'agit donc pas d'un accident spatial, mais d'un accident de chantier6.

Par conséquent, et pour éviter de perdre une seconde navette dans un accident de ce type, la plupart des autres engins de l'ancien programme sont déplacés de leur hangar dont la navette spatiale Ptichka, Baïkal7 et l'orbiteur 2.02... Aujourd'hui, la seconde navette spatiale, Ptichka, est le seul orbiteur complet du programme Bourane soviétique.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Bouranelancementbout.jpg

États-Unis États-Unis : Navette spatiale américaine (retraitée) - Enterprise OV-101 (démonstrateur exposé au musée) • Pathfinder OV-098 (maquette) • Columbia OV-102 (détruite en vol) • Challenger OV-099 (détruite en vol) • Discovery OV-103 (retraitée au musée) • Atlantis OV-104 (retraitée au musée) • Endeavour OV-105 (retraitée au musée)
Union soviétique Union soviétique : Bourane (annulée) - OK-M OK-0.01 (démonstrateur) • OK-GLI OK-0.02 (démonstrateur exposé au musée) • OK-KS OK-0.03 (démonstrateur) • OK-MT OK-0.04 (démonstrateur) • OK-TVA OK-0.05 (démonstrateur) • OK-TVI OK-0.06 (démonstrateur) • OK-0.08 (démonstrateur) • OK-ML1 OK-0.15 (démonstrateur) • Bourane OK-1.01 (détruite au sol) • Ptichka OK-1.02 (entreposée au hangar) • Baïkal OK-2.01 (stationnée en aéroport) • OK-2.02 (entreposée et abîmée) • OK-2.03 (désassemblée)
France France : Hermès (abandonnée)
Russie Russie : Kliper (abandonnée)

(Pour modifier le modèle, cliquez ici.)
Article mis en lumière la semaine du 5 septembre 2011.
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