Mucius Scaevola

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Matthias Stomer, Mucius Scaevola devant Porsenna, 1640. Musée d'art de Sydney.

Mucius Scaevola est un jeune héros du début de la République romaine.de la fin du VIe siècle av. J.-C.

Les légendes[modifier | modifier le wikicode]

Après la création de la République en -509, Porsenna, un roi étrusque, veut attaquer Rome car les Tarquin ont été expulsé récemment. Mucius Scaevola entre dans le camp ennemi et tue son secrétaire en croyant qu'il assassine le roi étrusque.

Puis il est conduit devant Porsenna. Devant celui-ci, le jeune romain prouve qu'il est prêt à se sacrifier pour Rome. Il met sa main droite dans le feu. Le roi étrusque est surpris par son courage et le laisse partir sans punition.

Scaevola lui déclare que 300 autres Romains sont prêts à se sacrifier pour le tuer. Le roi, pris de panique, ordonne de se replier avec son armée. Après avoir sauvé Rome, il est appelé Scaevola qui signifie "le gaucher" car sa main droite n'est plus utilisable. Il devient un héros légendaire car il incarne la vertu romaine, la "virtus Romana".

Comparaison à la mythologie[modifier | modifier le wikicode]

Les recherches en mythologie comparée de Georges Dumézil établissent un parallèle entre :

  • les personnages de Mucius Scaevola et Horatius Coclès dans leur lutte contre Porsenna,
  • les dieux Odin et Týr dans la mythologie scandinave,
  • les grands mythes opposant les Bons aux Mauvais dans le Mahâbhârata indien.

D'après Dumézil, sous l'apparence historique de l'épisode de la guerre contre Porsenna apparaît une recomposition proprement romaine d'un mythe indo-européen, celui du dieu Borgne et du dieu Manchot, que leur infirmité, loin de diminuer, qualifie au contraire pour accomplir leur fonction souveraine dans un domaine particulier. Il rapproche pour cela les légendes d'Horatius Coclès, le Borgne, et de Mucius Scaevola, le Gaucher, de la mythologie propre à deux grands dieux scandinaves, Odin, qui, borgne à la suite de la perte de son œil, immobilisait ses ennemis en les regardant, et Týr, manchot à la suite du serment qui permit d'attacher le loup Fenrir.

Ultérieurement Dumézil élargit son analyse en ajoutant principalement l’épisode de Clélie, ainsi que d'autres comparaisons mineures. Ces diverses comparaisons lui ont permis de penser que la première guerre de la République, celle de Porsenna, prolongerait, en forme héroïque, un morceau de mythologie indo-européenne, le même mythe que les Indiens avaient transformé en épopée, dans leur Mahâbhârata.

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