Mots des poilus

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Poilus posant avec leur drapeau, 1918. Autochrome des Frères Lumière.

Les mots des poilus sont le reflet de la vie des soldats dans les tranchées, durant la Première Guerre mondiale.

Beaucoup de ces mots et expressions sont restés en argot ou en français courant.

La vie quotidienne[modifier | modifier le wikicode]

La « cagna » ou « guitoune »

Sorte d'abri de fortune ménagé dans les tranchées : la vie des soldats s'y organise, avec des lits construits en hauteur et superposés, pour gagner de la place et se protéger des parasites qui sont partout : rats, punaises, entre autres.

Les « totos »

Ce sont les poux, il faut s'en protéger et les détruire sans cesse, ce qui est est difficile.

La « popote »

C'est la cuisine roulante : elle est tenue par des « cuistots » et elle est très attendue. On y remplit sa gamelle.

La « gnôle »

C'est de l'eau-de-vie de fruits ou de grain : un alcool fort, mélange de différentes provenances, de qualité variable. C'est un remède contre le « cafard », qu'on a dans la tête.

Le « pinard »

Le vin est distribué largement aux poilus : c'est plus sain que l'eau, et la France en produit beaucoup. Et ça change les idées. Beaucoup de soldats sont revenus de la guerre avec des habitudes de boisson, difficiles à inverser.

Le « rata »

Une sorte de ragoût à base de haricots ou de pommes de terre. Nourrissant et apprécié de la troupe.

Le « singe »

C'est du bœuf cuit, en conserve, considéré comme répétitif, mais très bon. Il y a un ouvre-boîte prévu dans l'équipement des soldats.

Le « jus »

C'est le café, qui réchauffe bien les poilus. Quand il n'est pas bon, on dit que c'est du « jus de chaussette », mais on le boit quand même.

Le « gros gris »

C'est du tabac en paquet, pour la pipe, coupé très gros. On distribuait aussi des cigarettes de « troupe ». Ceux qui ne fumaient pas les revendaient aux autres.

Le paquetage et les armes[modifier | modifier le wikicode]

L'« as de carreau » ou « Azor »

L'« as de carreau », c'est le nom donné au sac à dos, à cause de sa forme carrée. On l'appelait aussi « Azor », car il était en peau de chien, disait-on.

« Rosalie »

C'est le nom parfois donné à la baïonnette, popularisé par une chanson de l'époque.

Le « Lebel »

C'est le fusil le plus courant, d'un modèle déjà ancien.

Le « 75 »

Le canon qu'on trouve partout, produit en grande quantité. Les douilles d'obus de 75 mm servent à faire des vases décorés ou toutes sortes d'objets.

Les « aéros »

Ce sont les aéroplanes, nom courant à l'époque pour les avions. Les poilus préfèrent prononcer aréo.

Les « saucisses »

Ce sont des ballons captifs d'observation, ainsi nommés pour leur forme allongée.

Les mots que les Poilus aiment bien[modifier | modifier le wikicode]

C'est un mélange d'argot de caserne et de mots de tous les patois de la France et de ses colonies.

  • Moi, toi, lui : bibi ou mézigue, tégnace, sécolle : c'est encore pour nos pommes !
  • un camarade : un poteau (sur lequel on s'appuie), puis un pote ;
  • les grades : cabot (caporal), pied (sergent), chef (sergent-chef), juteux (adjudant), pitaine ou piston (capitaine) ;
  • une lettre (très attendue) : une babillarde ;

Certains de ces mots nous sont encore familiers : pinard, toubib, zigouiller, clebs, boulot, rabiot ou rab, fayots ; ce type est un as ! ; la barbe (vous m'ennuyez) ; ça barde ; on s'est barré ; ça a foutu un de ces bazars ! ; de la bidoche (viande) ; le bidon ou bide (ventre) ; un bourrin, un chandail (tricot fermé, de « marchand d'ail »), il a du cran (courage).

Chansons de soldats[modifier | modifier le wikicode]

Littérature[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

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