Message to the Grassroots (1963)

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Malcom X dans les années 1960

Message to the Grassroots est un discours prononcé en novembre 1963 par Malcolm X.

Malcolm X est un Afro-Américain alors membre de Nation of Islam (qu'il quittera en 1964)1. Contrairement à Martin Luther King, il ne prône pas la réconciliation. Dans ce discours, il alimente la haine contre l'homme blanc et répond au racisme par le racisme.

Extraits du discours[modifier | modifier le wikicode]

We all agree tonight, all of the speakers have agreed, that America has a very serious problem. Not only does America have a very serious problem, but our people have a very serious problem. America's problem is us. We're her problem. The only reason she has a problem is she doesn't want us here. And every time you look at yourself, be you black, brown, red, or yellow - a so-called Negro - you represent a person who poses such a serious problem for America because you're not wanted. Once you face this as a fact, then you can start plotting a course that will make you appear intelligent, instead of unintelligent.

On s'accorde tous ce soir, tous les orateurs s'accordent, sur le fait que l'Amérique a un très sérieux problème. Non seulement l'Amérique a un très sérieux problème, mais notre peuple a un très sérieux problème. Le problème de l'Amérique, c'est nous. Nous sommes son problème. L'unique raison pour laquelle elle a un problème, c'est qu'elle ne nous veut pas. Et chaque fois que vous vous regardez, vous, que vous soyez noir, marron, rouge ou jaunes - appelé un Nègre - vous représentez une personne qui pose un sérieux problème à l'Amérique parce que vous êtes rejeté. Une fois face à ce constat, vous pouvez commencer une évolution qui vous rendra intelligent et non stupide.

[...] So we are all black people, so-called Negroes, second-class citizens, ex-slaves. You are nothing but a ex-slave. You don't like to be told that. But what else are you ? You are ex-slaves. You didn't come here on the « Mayflower. » You came here on a slave ship - in chains, like a horse, or a cow, or a chicken. And you were brought here by the people who came here on the « Mayflower. » You were brought here by the so-called Pilgrims, or Founding Fathers. They were the ones who brought you here.

[...] Ainsi, nous sommes tous des Noirs, appelés Nègres, citoyens de seconde classe, ex-esclaves. Vous n'êtes rien d'autre que des ex-esclaves. Vous n'aimez pas être désignés ainsi. Mais quoi d'autre êtes-vous ? Vous êtes des ex-esclaves. Vous n'êtes pas venus ici sur le Mayflower. Vous êtes venus ici sur un bateau d'esclaves - enchaînés, comme un cheval ou une vache ou un poulet. Et vous avez été amenés ici par des gens qui sont venus ici sur le Mayflower. Vous avez été amenés ici par ceux qu'on appelle pèlerins ou des Pères fondateurs. Ils étaient ceux qui vous ont amenés ici.

We have a common enemy. We have this in common : we have a common oppressor, a common exploiter, and a common discriminator. But once we all realize that we have this common enemy, then we unite on the basis of what we have in common. And what we have foremost in common is that enemy - the white man. He's an enemy to all of us. I know some of you all think that some of them aren't enemies. Time will tell.

On a un ennemi en commun. On a ceci en commun : on a un oppresseur commun, un exploiteur commun, et un discriminateur commun. Mais une fois qu'on a tous réalisé qu'on a cet ennemi commun, alors on s'unit sur la base de ce qu'on a en commun. Et ce qu'on a le plus en commun est cet ennemi - l'homme blanc. Il est notre ennemi à tous. Je sais, certains d'entre vous pensent que certains d'entre eux ne sont pas des ennemis. Le temps le dira.

Look at the American Revolution in 1776. That revolution was for what ? For land. Why did they want land ? Independence. How was it carried out ? Bloodshed. Number one, it was based on land, the basis of independence. And the only way they could get it was bloodshed. The French Revolution - what was it based on ? The land-less against the landlord. What was it for ? Land. How did they get it ? Bloodshed. Was no love lost ; was no compromise ; was no negotiation. I'm telling you, you don't know what a revolution is. 'Cause when you find out what it is, you'll get back in the alley ; you'll get out of the way. The Russian Revolution - what was it based on ? Land. The land-less against the landlord. How did they bring it about ? Bloodshed. You haven't got a revolution that doesn't involve bloodshed. And you're afraid to bleed. I said, you're afraid to bleed.

Regardez la révolution américaine de 1776. Cette révolution était pour quoi ? Pour la terre. Pourquoi voulaient-ils la terre ? Pour l'indépendance. Comment l'ont-ils obtenue ? Par effusion de sang. Primo, elle se fondait sur la terre, la base de l'indépendance. Et la seule manière dont ils pouvaient l'obtenir, c'était par l'effusion de sang. La Révolution française - c'était fondé sur quoi ? Sur les sans-terre contre les seigneurs. C'était pour quoi ? La terre. Comment l'ont-ils obtenue ? Par l'effusion de sang. Aucun amour perdu ; aucun compromis ; aucune négociation. Je vous dis, vous ne savez pas ce qu'est une révolution. Car, quand vous découvrez ce que c'est, vous retournez dans la ruelle ; vous changez de chemin. La Révolution russe - c'était fondé sur quoi ? Sur la terre. Sur les sans-terre contre les seigneurs. Comment l'ont-ils prise ? Par l'effusion de sang. Il n'existe aucune révolution qui n'implique pas l'effusion de sang. Et vous avez peur de saigner. J'ai dit, vous avez peur de saigner.

Long as the white man sent you to Korea, you bled. He sent you to Germany, you bled. He sent you to the South Pacific to fight the Japanese, you bled. You bleed for white people. But when it comes time to seeing your own churches being bombed and little black girls be murdered, you haven't got no blood. You bleed when the white man says bleed ; you bite when the white man says bite ; and you bark when the white man says bark. I hate to say this about us, but it's true. How are you going to be nonviolent in Mississippi, as violent as you were in Korea ? How can you justify being nonviolent in Mississippi and Alabama, when your churches are being bombed, and your little girls are being murdered, and at the same time you're going to violent with Hitler, and Tojo, and somebody else that you don't even know ?

Quand l'homme blanc vous a envoyé en Corée, vous avez saigné. Il vous a envoyé en Allemagne, il vous a saigné. Il vous a envoyé dans le Pacifique Sud pour combattre les Japonnais, vous avez saigné. Vous avez saigné pour l'homme blanc. Mais quand le temps vient de voir vos églises bombardées et vos petites filles noires assassinées, vous ne saignez pas. Vous saignez quand l'homme blanc demande de saigner ; vous mordez quand l'homme blanc demande de mordre ; et vous aboyez quand l'homme blanc demande d'aboyer. Je déteste dire ça de nous, mais c'est vrai. Comment pouvez-vous être non violents dans le Mississippi, aussi violents que vous étiez en Corée ? Comment pouvez-vous justifier votre non-violence dans le Mississipi et l'Alabama, quand vos églises sont bombardées, et quand vos petites filles sont assassinées, et en même temps, devenir violent contre Hitler, Tojo ou n'importe qui d'autre que vous ne connaissez même pas ?

[...] A revolution is bloody. Revolution is hostile. Revolution knows no compromise. Revolution overturns and destroys everything that gets in its way. And you, sitting around here like a knot on the wall, saying, « I'm going to love these folks no matter how much they hate me. » No, you need a revolution. Whoever heard of a revolution where they lock arms, as Reverend Cleage was pointing out beautifully, singing « We Shall Overcome ? » Just tell me. You don't do that in a revolution. You don't do any singing ; you're too busy swinging. It's based on land. A revolutionary wants land so he can set up his own nation, an independent nation. These Negroes aren't asking for no nation. They're trying to crawl back on the plantation.

[...] Une révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît aucun compromis. La révolution renverse et détruit toute chose qui passe sur son chemin. Et vous, assis là comme un nœud sur le mur, disant :« Je vais aimer ces gens, peu importe combien ils me détestent. » Non, vous avez besoin d'une révolution. Qui donc a entendu parler d'une révolution où l'on met sous clé les armes, comme le révérend Cleage l'a admirablement fait remarquer, en chantant : « Nous allons vaincre » ? Dites-le moi un peu. Vous ne faîtes pas ça dans une révolution. Vous ne chantez pas ; vous êtes trop en plein boum. C'est fondé sur la terre. Un révolutionnaire veut la terre pour pouvoir installer sa propre nation, une nation indépendante. Ces Nègres ne demandent aucune nation. Ils essaient de revenir à la plantation en rampant.

When you want a nation, that's called nationalism. When the white man became involved in a revolution in this country against England, what was it for ? He wanted this land so he could set up another white nation. That's white nationalism. The American Revolution was white nationalism. The French Revolution was white nationalism. The Russian Revolution too - yes, it was - white nationalism. You don't think so ? Why you think Khrushchev and Mao can't get their heads together ? White nationalism. All the revolutions that's going on in Asia and Africa today are based on what ? Black nationalism. A revolutionary is a black nationalist. He wants a nation. I was reading some beautiful words by Reverend Cleage, pointing out why he couldn't get together with someone else here in the city because all of them were afraid of being identified with black nationalism. If you're afraid of black nationalism, you're afraid of revolution. And if you love revolution, you love black nationalism.

Quand vous voulez une nation, ça s'appelle le nationalisme. Quand l'homme blanc s'était impliqué dans une révolution dans ce pays contre l'Angleterre, c'était pour quoi faire ? Il voulait cette terre pour pouvoir installer une autre nation blanche. C'était du nationalisme blanc. La Révolution américaine était du nationalisme blanc. La Révolution française était du nationalisme blanc. La Révolution russe aussi - oui, ça l'était - du nationalisme blanc. Vous ne le pensez pas ? Pourquoi vous pensez que Khrouchtchev et Mao ne peuvent pas se rassembler ? À cause du nationalisme blanc. Toutes les révolutions qui vont se produire en Asie et en Afrique aujourd'hui sont basées sur quoi ? Sur le nationalisme noir. Un révolutionnaire est un nationaliste noir. Il veut une nation. Je lisais quelques magnifiques mots du révérend Cleage, remarquant qu'il ne pouvait pas se rassembler avec d'autres ici dans la ville car tous avaient peur d'être identifiés comme nationalistes noirs. Si vous avez peur du nationalisme noir, vous avez peur de la révolution. Et si vous aimez la révolution, vous aimez le nationalisme noir. [...]

Référence[modifier | modifier le wikicode]

  1. (en) Profile of Civil Rights Leader Malcolm X. African-American History. Page consultée le 12 novembre 2008.
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